Conakry, 17 août 2026 – Le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a présidé ce lundi la première réunion des comités scientifiques chargés d’accompagner le retour en Guinée du manuscrit notamment le Coran et des effets personnels attribués à l’Almamy Samory Touré, ainsi que des restes de l’Almamy Bocar Biro Barry et de ses compagnons, détenus en France.
Le ministre a d’emblée souligné que la mise en place de deux comités distincts répond à une réalité juridique précise : les deux demandes de restitution adressées à la France sont encadrées par deux lois différentes. Le retour des restes de l’Almamy Bocar Biro Barry, de son fils, de son frère et de l’un de ses chefs de guerre, dont la présence en France a été confirmée, relève de la loi de 2023 sur la restitution des restes humains issus des collections publiques. Le retour du manuscrit et des objets de l’Almamy Samory Touré s’inscrit, lui, dans le cadre de la loi de 2026 sur la restitution des biens culturels. C’est cette différence de régime juridique qui justifie la création de deux comités spécialisés plutôt que d’un seul.
Moussa Moïse Sylla a insisté sur le caractère déterminant du travail des historiens et des chercheurs pour la suite du processus. Il attend d’eux un travail rigoureux de recherche, de documentation et de vérification des sources afin d’établir avec précision l’identité, la provenance et le parcours historique des biens et des restes concernés. Croiser les archives, reconstituer chaque étape de leur trajet et produire les éléments scientifiques nécessaires : ce sont ces preuves qui donneront leur force aux procédures engagées auprès des autorités françaises. Le ministre a d’ailleurs appelé à ne pas se limiter aux seuls documents étrangers, mais à reconstituer cette histoire à partir de sources fiables et croisées.
Point essentiel, le ministre a précisé que ces deux comités ne sont pas fermés : ils sont ouverts à tous les experts du domaine, guinéens comme étrangers. L’objectif est de mobiliser l’ensemble des compétences utiles universitaires, historiens et chercheurs ayant déjà travaillé sur ces figures quelle que soit leur nationalité, afin de garantir la rigueur scientifique et la vérité historique de la démarche.
Moussa Moïse Sylla a enfin appelé à conduire ces procédures dans un esprit de coopération avec la France. « Nous ne voulons pas agir avec rancœur », a-t-il déclaré, estimant que le retour de ces biens et de ces restes doit être un moment de réhabilitation, de dignité et de communion autour de la mémoire nationale. Il a rattaché cette initiative à la vision du président Mamadi Doumbouya, à travers le programme Simandou 2040, et au programme national de recensement, de documentation et de numérisation du patrimoine mené avec le CIRD.
Dr Safiatou Bah, du CIRD, a rappelé que la restitution constitue l’un des six piliers de ce programme national et souligné l’importance de mobiliser les départements universitaires d’histoire du pays. Sansy Kaba Diakité, directeur général de L’Harmattan Guinée, a réaffirmé la disponibilité des acteurs culturels et scientifiques à accompagner le processus.
