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Fait divers.

Mort de Mamoudou Barry: « il était ce gerne d’humaniste à l’âme pure »

Mort de Mamoudou Barry: « il était ce gerne d’humaniste à l’âme pure »

Mamoudou Barry avait le calme olympien et la diplomatie intarissable de ceux qui ne connaissent jamais le conflit. «Il était ce genre d’humaniste à l’âme pure, dit son ami Nouhoun Doumbia. Je ne l’ai jamais entendu une seule fois hausser la voix. Il se montrait patient et à l’écoute face aux pires détracteurs. Au fond de lui, il avait l’intime conviction que la raison et l’argumentaire pouvaient sauver de tous les maux.» Installé en France depuis 2012, Mamoudou Barry, Guinéen de 31 ans, enseignant-chercheur de droit public à la faculté de Rouen, marié et père d’une fillette de 2 ans, s’apprêtait à retourner dans son pays d’origine pour prêter serment et devenir officiellement avocat. Il est mort le 20 juillet à l’hôpital, après avoir été roué de coups la veille au soir par un homme à Canteleu, dans la banlieue rouennaise.

Le 22 juillet, un suspect a été interpellé et placé en garde à vue avant d’être hospitalisé sous contrainte, du fait de son état psychologique. Cet homme de 29 ans, Rouennais de naissance, de nationalité française et d’origine turque, a été pris en charge par l’unité psychiatrique du centre du Rouvray. Le parquet de Rouen a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour des faits de «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner […] commis à raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie ou une nation, une prétendue race ou religion déterminée».

«Mamoudou était un de ces esprits brillants dont l’Afrique a besoin», a clamé son confrère Eloi Diarra. Puis son ami proche, l’avocat Laurent Poulet, de raconter : «Certains collègues l’imaginaient finir à un poste de doyen d’université, de recteur ou de ministre en Guinée. Pour ma part, je le voyais déjà garde des Sceaux. Il rêvait de rentrer au pays pour faire quelque chose de grand. Mamoudou ne vivait pas l’espoir, il l’incarnait.»

Libération

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