La sortie médiatique du président Alpha Condé dans le journal français « Le monde » ne fait pas l’unanimité au sein de l’opinion publique guinéenne. Le pool des avocats de Toumba Diakité, le célèbre prisonnier guinéen, arrêté à Dakar à la fin de l’année 2016, voit cette sortie comme une « interférence » dans le dossier du 28 septembre 2009.

Selon Me Paul Yomba Kourouma, plusieurs demandes des avocats n’ont pas connu de suite. C’est le cas de celle liée à l’audition du président Alpha Condé après ses déclarations dans le journal « Le Monde ». A cette occasion, le Chef de l’Etat guinéen avait déclaré, selon les avocats de Toumba Diakité, beaucoup d’inculpés étaient des « innocents ».

Me Kourouma estime qu’en s’adressant ainsi au monde, que Alpha Condé a sapé les vertus de la justice guinéenne et intègre le procès. Ce n’est pas tout. L’avocat dit également qu’il a réduit le travail des juges. « Il s’agit d’une grave interférence. Le Chef de l’Etat en tenant de telles informations, il sait la conception, la préparation et l’exécution de ce massacre. Il connaît les exécutants et les commanditaires de ce massacre ».

L’avocat souhaite tout simplement au président Condé de témoigner « pour éviter une erreur judiciaire ». « Alpha était un président d’un parti politique. Il en connaît quelque chose ».

Pour Me Yomba, « les juges se sont disqualifiés en restant silencieux face à cette demande du pool des avocats ».

Aujourd’hui, les avocats du Commandant Toumba demandent la récusation des magistrats en charge du dossier du 28 septembre 2009. Ce dossier ne peut peut-être traité en l’absence du président Alpha Condé, souligne-t-il.

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