Photo Sekouba Konate

Dans un effort de communication pour essayer d’atténuer les accusations de poursuites « politiques » des anciens dirigeants de la Transition guinéenne, à la veille des élections, le ministère de la Justice a organisé une conférence de presse hier, jeudi 16 juillet 2015. A part la grande annonce- l’audition prochaine du général Sékouba Konaté et de tous les autres anciens responsables lors du massacre du 28 septembre 2009- l’objet de cette rencontre initiée par la justice guinéenne était d’expliquer le transport judiciaire de Ouagadougou (du 6 au 15 juillet 2015) qui a abouti à l’inculpation de l’ancien chef de la junte militaire Moussa Dadis Camara. Inculpation d’ailleurs qui avait été annoncée par les proches de ce dernier dès le départ des magistrats de Conakry « ils partent pour l’inculper », disait par exemple avec insistance le porte parole des FPDD, le parti de Dadis.

Mais, au-delà des soupçons de manipulation politique que la conférence du ministre Cheick Sako n’a pas pu lever, il y a des faits reprochés à l’ancien président de la Transition qui passent mal dans l’opinion.

Procureur sur Moussa Dadis Camara 1Procureur sur Moussa Dadis Camara, communiqué 1Dans le communiqué que le procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn a remis aux médias, il est reproché à Moussa Dadis Camara les faits suivants : « complicité d’assassinats, de meurtres, de viols, de pillages, d’incendies volontaires, de vols à main armée, de coups et blessures volontaires, d’outrages à agents de la force publique, de tortures, de détentions arbitraires, de non assistance à personne en danger, d’enlèvements, de séquestrations, d’attentats à la pudeur et de détention illégale de matériels de guerre ».

En attendant les éventuelles démonstrations des avocats sur la culpabilité de l’homme de ces crimes, on se pose des questions sur certaines accusations. Comment peut-on accuser un premier responsable du pays, le commandant en chef des forces armées de l’époque « d’outrages à agents de la force publique » et, en même temps de « détention illégale de matériels de guerre » ?

Evidemment que le moment venu, les arguments qui sortiront des débats entre les avocats pourraient être très enrichissants. Mais, en attendant, beaucoup de questions sont suscitées par cette extraordinaire accélération de ce sensible dossier à moins de trois mois de l’élection présidentielle ; alors que les autorités se montraient insensibles à toutes les plaidoiries et pressions des victimes et de leurs parents. Le chef de l’Etat avait d’ailleurs réussi à persuader les Guinéens et partenaires de la Guinée qu’en tant que père de la Nation, il n’avait pas à prioriser des victimes d’un régime par rapport à d’autres, citant sans cesse les victimes des différents crimes d’Etat : camp Boiro, 1985, 2007, 2009. Et, pour ne rien arranger, l’opposition actuelle s’était aussi habituée à ajouter à cette honteuse liste, les victimes du régime Alpha Condé…

 

Source focusguinee

 

 

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