Photo Mohamed Tall

 

Le porte-parole de l’Union des forces républicaines (UFR), Mohamed Tall, a indiqué récemment à la presse que si un second tour devrait opposer en octobre prochain le président sortant, Alpha Condé, à Cellou Dalein Diallo, comme en 2010, son parti ne refera pas ce qu’il appelle « une erreur », celle de dire à leurs militants de voter en faveur du leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG).

Son camarade de parti, le député uninominal, Baïdy Aribot de l’UFR, élu grâce à un coup de pouce l’UFDG, comme d’autres parlementaires républicains dans certaines circonscriptions électorales, a tenté, dans un entretien avec la presse, de calmer le jeu.

Il désapprouve la réaction musclée, dénonçant «les sautes d’humeur de son leader», venue du camp de leurs alliés avec lesquels il était convenu de ne pas laisser le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) d’avoir une majorité absolue à l’Assemblée nationale.

Depuis plusieurs mois, le député Aribot tente de faire croire que seule une candidature unique de l’opposition pourrait empêcher le président sortant de rempiler pour un second mandat. Voici une prise de position qui agace l’UFDG et son chef qui est en même temps celui de l’opposition.

La logique des «ufdégistes » se résume à une multiplication des candidatures et à soutenir, le moment venu, celui qui se classera second derrière le président sortant.

Mais Aribot voit autrement. Il affirme que le RPG est entrain de faire enrôler des enfants qui ne sont pas en âge de voter, notamment en Haute Guinée, le fief du parti présidentiel. Une candidature unique peut-elle être la panacée à cette situation, fondée ou non ?

Même en refusant d’aller au bout de sa pensée pour dire le nom de celui qui devrait représenter l’opposition à la présidentielle du 11 octobre prochain, la lecture des discours que tient régulièrement le député républicain laisse penser qu’il plaide pour sa chapelle, son leader, Sidya Touré «est un homme intelligent, structuré qui analyse vite une situation et se trompe rarement quand il donne son avis sur un sujet».

Voici un schéma qui ne peut qu’enterrer une amitié, conçue au format d’un puzzle dans le seul but de battre l’ennemi commun, Alpha Condé. Cette rupture, il faut dire les choses par leur nom, était prévisible.

Comment le chef de l’opposition, avec une trentaine de députés, pourrait s’effacer au profit de celui qu’il a aidé à avoir des représentants à l’Assemblée nationale, précisément une dizaine?

Les républicains savent que leur leader, septuagénaire, joue sa dernière carte lors de la prochaine élection présidentielle. Lui, qui, sans consulter sa base en 2010, avait demandé à ses militants de voter au second tour en faveur de Cellou Dalein Diallo.

La lune de miel est entrain de virer à la lune de fiel parce que l’amitié était factice à tel point que ses ressorts brinquebalants sont en passe de lâcher à cause de ce projet de présenter un candidat unique de l’opposition.

L’avenir nous dira si les médiateurs de l’ombre pourraient ramener le calme après la tempête. Qui sera le porte étendard de l’opposition face à Alpha Condé, dont les mouvements de soutien poussent comme des champignons et déclarent urbi et orbi qu’il sera élu dès le premier tour. Un coup KO.

In  »Le Continent »

 

Comments

comments

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here