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Le Superviseur Doukouré accable Sekou Keita: « On nous avait demandé de le surveiller »

La salle d’audience du tribunal de première instance de Dixinn a retenu son souffle lorsque Lansana Doukouré, superviseur des épreuves du concours des auditeurs de justice, s’est avancé à la barre. Présenté comme l’homme qui a découvert la fraude le 8 août, son témoignage était attendu, scruté, et potentiellement décisif pour la suite de la procédure visant Sékou Keïta, conseiller en communication du ministère de la Justice, et la candidate Maciré Camara.

Dès les premières minutes, le juriste publiciste a affiché une assurance froide. Il maintient avoir vu, de ses propres yeux, Sékou Keïta remettre à la candidate un sac plastique contenant une bouteille d’eau dans laquelle était dissimulé un sujet déjà traité.

« J’ai vu Sékou Keïta remettre de l’eau à la candidate. En fouillant le sac, j’ai trouvé le sujet traité dissimulé au niveau de l’étiquette de la bouteille. Je l’ai saisi et je suis allé le présenter à mon supérieur », a-t-il déclaré, sans trembler.

“Je persiste et je signe”

Doukouré rappelle que sa mission était de veiller au bon déroulement des épreuves. Et il insiste : « Je persiste et je signe, le bidon d’eau apporté par M. Keïta dissimulait un sujet traité. »

Selon lui, des soupçons pesaient déjà sur le conseiller en communication. Le directeur général du Centre de formation judiciaire (CFJ) aurait donné des consignes claires : surveiller Keïta de près. « Avant le lancement des épreuves, on nous a demandé de redoubler de vigilance. Des rumeurs indiquaient que quelqu’un traitait des sujets pour certains candidats. »

C’est dans ce climat de tension que le superviseur dit avoir observé Keïta s’éclipser quelques minutes, avant de revenir et d’entrer dans la salle 16. « Il se promenait entre les rangées, puis a remis le sac à Maciré Camara », raconte-t-il.

La découverte, la confrontation, l’arrestation

Doukouré affirme être intervenu immédiatement. Il interroge la candidate, récupère le sac, glisse la main, extrait le papier. Lorsque Keïta s’approche, il lui lance : « Je ne m’adresse pas à vous. Vous ignorez que nous avons ordre de vous surveiller ? Quittez les lieux. »

Le document est transmis au directeur général, le jury informé, et l’arrestation de Sékou Keïta s’ensuit. Le lendemain, témoins et prévenus sont convoqués à la gendarmerie pour confrontation.

“Il y avait de l’eau”

Face au tribunal, Doukouré démonte la défense du conseiller, qui justifiait son geste par un manque d’eau dans les salles d’examen. « Il y avait de l’eau. Le ministère avait déployé des moyens suffisants », tranche-t-il.

Il ajoute que Keïta, au moment de la saisie du document, s’est avancé vers lui en tremblant, prétendant que la candidate était son assistante.

Interrogé par le ministère public, le superviseur est catégorique : non, Sékou Keïta n’avait pas le droit d’entrer seul dans une salle d’examen pendant les épreuves.

Un témoignage qui pèse lourd

Dans cette affaire où se mêlent soupçons, pressions et enjeux institutionnels, le témoignage de Lansana Doukouré apparaît comme un pivot. Il renforce l’accusation de fraude, de complicité et d’atteinte à l’intégrité du processus de sélection. Il fragilise la défense du conseiller en communication. Et il place le tribunal devant une question centrale : le concours a-t-il été infiltré de l’intérieur ?

Le procès se poursuit, sous haute tension.

Libreopinionguinee avec Mosaiqueguinee

 

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