TRIBUNE.
Le rêve guinéen est désormais permis avec le Président Doumbouya: « réussir la transformation économique, accélérer le progrès social et contribuer à consolider durablement la stabilité de la Guinée »
#Le pari du Président Doumbouya est aussi le nôtre.
Honorable Souleymane Dounoh Kéita.
Soixante-huit ans après notre indépendance, nous devons regarder notre parcours collectif avec lucidité. Notre histoire a été faite d’espérances, d’avancées, mais aussi de ruptures, de doutes et, parfois, d’occasions manquées. Une constante demeure pourtant : la Guinée n’a jamais cessé de chercher les voies d’un État stable, d’une nation forte et d’un développement à la hauteur de ses immenses potentialités.
Aujourd’hui, un constat s’impose : notre pays demeure en retard malgré des possibilités considérables de décollage économique. Ce retard n’est pas d’abord un problème de ressources. Il tient davantage à notre capacité à transformer ces ressources en valeur ajoutée, en emplois, en compétences et en progrès social.
La question n’est donc plus seulement de savoir ce que possède la Guinée, mais ce que les Guinéens sont prêts à faire de ce qu’elle possède. Les potentialités naturelles, à elles seules, ne suffisent plus à garantir le progrès. Le véritable facteur de transformation réside dans le génie créateur de l’homme, dans la capacité d’action d’un peuple et, surtout, dans la qualité du leadership capable de mobiliser les énergies nationales autour de grandes ambitions.
Sous le magistère du Président Mamadi Doumbouya, la Guinée connaît une nouvelle séquence de son histoire. Son leadership, marqué par une exigence de rigueur, de discipline et de résultats, constitue une occasion pour notre génération de nous remettre en question et de prendre pleinement notre part dans la construction de la Guinée que nous voulons.
Il nous appartient de soutenir cette ambition patriotique : replacer la Guinée dans son rôle naturel de pays capable de porter le flambeau d’une Afrique libre, souveraine et prospère ; une Afrique qui construit par elle-même les moyens de son indépendance économique dans un monde devenu plus exigeant et plus compétitif.
Le programme de développement bâti autour de l’exploitation du minerai de fer du mont Simandou, à travers SIMANDOU 2040, constitue un choix audacieux et stratégique. C’est un pari sur l’avenir et, à bien des égards, un pari sur l’histoire. Le pari du Président Doumbouya est aussi le nôtre.
Nous, génération de la quarantaine, sommes interpellés au premier rang. Chaque génération a son époque et ses défis. Cette fois-ci, c’est à nous de jouer notre partition : réussir la transformation économique, accélérer le progrès social et contribuer à consolider durablement la stabilité de la Guinée.
Depuis sa prise de responsabilité, la vision portée par le Chef de l’État résonne comme une interpellation de notre conscience collective. Elle nous invite à changer de paradigme, à oser autrement, à sortir des sentiers battus et à nous donner les moyens de réaliser enfin le rêve guinéen.
L’ambition de transformer structurellement le pays — à travers les infrastructures, l’industrialisation, la valorisation de nos ressources, le développement du capital humain et l’amélioration des conditions de vie — est aujourd’hui clairement affirmée et commence à se traduire par des actes concrets.
La Guinée attire davantage, rassure davantage et affirme progressivement une nouvelle ambition. Mais cette dynamique ne pourra devenir une réalité durable que si elle rencontre un engagement collectif.
L’engagement du Président de la République constitue un puissant facteur d’impulsion. Mais aucune transformation profonde ne peut reposer sur un seul homme. Elle exige la mobilisation des énergies, des compétences et des intelligences de toute la nation pour accompagner l’impulsion donnée au sommet de l’État. C’est à cette condition que nous pourrons gagner ensemble.
Mettre le Guinéen au travail suppose de passer d’une culture de l’attente à une culture de l’action, de la revendication à la responsabilité et de la dépendance à l’initiative.
Le développement ne peut plus être perçu comme une prestation que l’État aurait pour seule mission de fournir à des citoyens spectateurs. Il doit devenir une œuvre collective, dans laquelle chacun — État, entreprise, agriculteur, fonctionnaire, intellectuel, artisan ou entrepreneur — accepte de jouer pleinement sa partition.
Cette transformation concerne au premier chef notre jeunesse. Elle constitue notre principale force vive, mais aussi notre responsabilité la plus urgente. Nous devons lui offrir des possibilités de formation, d’emploi, d’entrepreneuriat et d’innovation. Mais nous devons également lui transmettre le goût de l’effort, le sens de la discipline, le respect du mérite et la conscience du bien commun.
De nombreuses initiatives témoignent déjà de cette volonté de faire du capital humain le socle de la transformation de la Guinée. Les réformes engagées dans le domaine de l’éducation, notamment à travers le Prytanée militaire, les Classes préparatoires de Dalaba et la Simandou Academy, participent de cette ambition.
La Guinée a besoin d’ingénieurs, de médecins, d’enseignants, de chercheurs, de techniciens, d’agronomes, d’entrepreneurs, d’administrateurs et, plus largement, de professionnels compétents. Elle a surtout besoin de citoyens convaincus que la véritable richesse d’un pays ne réside pas uniquement dans son sous-sol, mais dans la qualité de son capital humain.
Mettre le Guinéen au travail, c’est donc bien davantage que créer des emplois. C’est restaurer la dignité par l’effort, réhabiliter le mérite, valoriser aussi bien le travail manuel que le travail intellectuel, moderniser notre agriculture, encourager l’entreprise et transformer nos ressources naturelles en compétences, en emplois et en prospérité partagée.
Le Président de la République a récemment fixé cinq exigences dans la conduite de l’action gouvernementale. Elles traduisent une volonté claire d’inscrire l’action publique dans une culture du résultat et de rompre avec certaines pratiques du passé : la discipline dans l’exécution des projets ; la qualité et la rationalisation de la dépense publique ; la pertinence et la faisabilité des projets et programmes ; le contenu local et l’emploi des Guinéens ; enfin, une gouvernance rapprochée des porteurs de projets gouvernementaux.
Ces exigences doivent désormais devenir une culture de l’action publique.
La Guinée est à un moment décisif de son histoire. Nous avons longtemps parlé de notre potentiel. Le temps est venu de parler davantage de notre capacité à le transformer. Nous avons souvent attendu le développement ; il nous appartient désormais de le construire.
Le rêve guinéen n’est donc pas une utopie. Il est une possibilité historique. Mais il ne deviendra réalité que par la rencontre d’une vision, d’un leadership, d’une volonté collective et d’un peuple résolument engagé dans le travail.
Car, au fond, la politique est l’art suprême, non parce qu’elle permet de commander aux hommes, mais parce qu’elle exige de savoir vers quel bien il faut les conduire.
Honorable Souleymane Dounoh Keita
