Un avion civil russe s’est écrasé dans la péninsule du Sinaï, en Egypte, peu après son décollage de la cité balnéaire de Charm el-Cheikh. A son bord se trouvaient 224 personnes dont sept membres d’équipage. Aucune n’a survécu au crash. Une boîte noire a été localisée. En Russie, une enquête a été ouverte à l’encontre de la compagnie Kogalymavia. Le pilote aurait fait part de problèmes techniques à la tour de contrôle avant de perdre la liaison.

Le charter russe avait décollé de Charm el-Cheikh, au bord de la mer Rouge, à 3h51 (TU). Il partait pour Saint-Petersbourg. A son bord voyageaient 224 personnes : 217 passagers (dont trois Ukrainiens), dix-sept enfants et sept membres d’équipage. L’information a été confirmée par le bureau du Premier ministre, Chérif Ismaïl, qui s’est immédiatement rendu sur place, précise notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti.
Le contact radar du vol 7K 9268 avec les autorités du contrôle aérien avait été perdu 23 minutes après le départ, a précisé Sergueï Isvolski, porte-parole de l’aviation civile russe, cité par l’agence Interfax.

Tentative d’atterrissage d’urgence
Selon des sources de l’aéroport du Caire, le pilote aurait fait part à la tour de contrôle de problèmes techniques de réacteurs. Selon des sources officieuses, le pilote aurait tenté un atterrissage d’urgence à l’aéroport d’al-Arich situé à une soixantaine de kilomètres au nord du lieu du crash.

Les débris de l’avion ont été localisés dans la zone montagneuse d’al-Hassana, dans le centre de la péninsule du Sinaï. Iil serait complètement détruit, selon les informations des services de sécurité, qui ont bouclé le site du crash. Selon le journal égyptien Al-Ahram, l’état d’urgence a été déclaré par le département médical du nord du Sinaï. Le Premier ministre égyptien a formé une cellule de crise avec les ministères et les autorités concernées.

Les secours – une cinquantaine d’ambulances – sont arrivés sur place et ont procédé à l’évacuation des victimes. L’ambassade russe au Caire a annoncé à 13h (TU) qu’il n’y avait aucun survivant.

Ouverture d’une enquête en Russie

En Russie, selon l’agence Tass, un centre pour aider les proches des passagers a été mis en place à l’aéroport Pulkovo de Saint-Petersbourg où l’avion devait arriver. Le chef de l’Etat Vladimir Poutine a ordonné à son ministère des Situations d’urgence l’envoi de services de secours russes sur les lieux du crash.

Dans le même temps, le comité russe d’investigation a ouvert une enquête à l’encontre de la compagnie aérienne Kogalymavia pour « violation des règles de vol avec préméditation » après l’accident d’avion survenu dans le Sinaï, rapportent les agences de presse russes.

Revendication du groupe EI

La possibilité que l’avion ait été abattu est, pour l’instant exclue. En effet, les terroristes du groupe Etat islamique du Sinaï ne disposent pas de missiles pouvant abattre un avion à 30 mille pieds d’altitude. Même l’armée égyptienne ne dispose pas d’un tel système d’arme dans cette région qui est démilitarisée du fait des accords de paix avec Israël, rappelle notre correspondant en Egypte.

Pourtant, cela n’a pas empêché l’organisation jihadiste de revendiquer l’attaque sur Twitter. La revendication par l’EI « ne peut être considérée comme exacte » a immédiatement réagi le ministre des Transports, Maxime Sokolov. « Nous nous trouvons en contact étroit avec nos collègues égyptiens et les autorités aériennes de ce pays. A l’heure actuelle, ils ne disposent d’aucune information qui confirmerait de telles insinuations », a-t-il ajouté.

La ville égyptienne de Charm el-Cheikh n’en est pas à sa première tragédie aérienne. Il y a onze ans, le 3 janvier 2004, un Boeing de la compagnie Flash Airlines s’est abîmé en mer juste après le décollage. Les 148 occupants sont morts et parmi eux, 134 Français.

rfi

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