Pour l’écrivain et ancien diplomate Vladimir Fédorovski, l’attaque de lundi est l’occasion pour la Russie de se rapprocher de l’Occident. Entretien.

« L’attentat de Saint-Pétersbourg est très symbolique, car il a frappé la ville natale de Vladimir Poutine », fait valoir l’écrivain Vladimir Fédorovski. « L’attentat de Saint-Pétersbourg est très symbolique, car il a frappé la ville natale de Vladimir Poutine », fait valoir l’écrivain Vladimir Fédorovski.  / /AFP/
L’attentat du métro de Saint-Pétersbourg, lundi, a frappé la Russie de Vladimir Poutine en plein cœur. Cette attaque rappelle celle de mars 2010 dans le métro de Moscou. À l’époque, l’attentat avait été revendiqué par Dokou Oumarov, fondateur de « l’émirat du Caucase », et il avait fait 39 morts. Qui se cache derrière ce nouvel attentat ? Va-t-il contribuer à faire bouger les positions de la Russie sur la scène internationale ? Premiers éléments de réponse avec l’écrivain Vladimir Fédorovski, ancien diplomate russe auteur de Poutine de A à Z (éditions Stock).

Le Point.fr : Avec l’attentat de Saint-Pétersbourg, le terrorisme a de nouveau frappé la Russie. Pourquoi ?

Vladimir Fédorovski : N’oublions pas que la Russie a arrêté la progression de Daech en Syrie et qu’elle représente le fer de lance de la lutte contre le terrorisme. Le pays est donc une cible privilégiée pour les groupes terroristes. L’attentat de Saint-Pétersbourg est très symbolique, car il a frappé la ville natale de Vladimir Poutine. Il ne fait aucun doute que cette attaque visait directement le président russe.

Qui pourrait être à l’origine de cet attentat, selon vous ?

Il est encore un peu tôt pour l’affirmer avec précision, mais la Russie a de nombreux ennemis, dont les principaux sont les ressortissants des anciennes républiques de l’URSS devenues, pour certaines, des alliées de l’État islamique (EI). D’ailleurs, une dizaine d’attentats provenant de l’EI ont été déjoués ces derniers mois. Tout porte à croire que l’attaque de lundi dans le métro de Saint-Pétersbourg est également le fait d’un groupe terroriste (la Russie a ouvert une enquête pour acte terroriste, NDLR).
La lutte contre le terrorisme est une occasion historique pour Poutine de se rapprocher de l’Occident.

Comment Vladimir Poutine devrait-il réagir face à cette attaque ?

Tout d’abord, le président russe va devoir renforcer sa vigilance. Il devra également faire des efforts pour élargir ses alliances et coalitions. Ainsi, l’alliance avec l’Arabie saoudite et le Qatar n’est pas suffisante. Pour l’heure, la Russie se rapproche de plus en plus de la Chine au niveau militaire et économique. Mais ce partenariat représente un danger pour l’Europe et nous étions jusqu’ici dans une impasse diplomatique avec un risque de rupture entre la Russie et l’Occident. Aujourd’hui, et encore plus après cet attentat, la lutte contre le terrorisme est une occasion historique pour lui de se rapprocher de l’Occident. L’Europe a une vraie carte à jouer, et notamment la France. D’ailleurs, on peut noter que les premiers à réagir à la suite de l’attentat de Saint-Pétersbourg ont été les représentants du consulat français. L’Europe doit finir par accepter l’idée que le peuple russe est un allié irremplaçable dans la longue lutte qui nous attend contre les islamistes.

Avec lepoint.fr

 

Comments

comments

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here