La synthèse de la rencontre des jeunes leaders de la société civile et des jeunes partis politiques.

Le 31 Octobre 2015, après un communiqué de jeunes leaders de la société civile et/ou de partis politiques guinéens en France, une rencontre a eu lieu, en vue de débattre sur l’attitude future de la jeunesse eu égard à la situation socio-politique en Guinée.

Cette rencontre qui s’est déroulée à la Mairie du 17ème arrondissement de Paris et prévue à 14 heures, a finalement débuté vers 15 heures.
Le « pitch » était le suivant : « conscients du fait que notre système politique est à bout de souffle, de l’échec de la classe politique dans son ensemble et surtout de l’impérieuse nécessité de l’émergence d’une nouvelle classe politique… ».
Le ton est donné : une nouvelle classe politique, incarnée principalement par des jeunes, doit émerger.
Ce texte constitue aussi bien un compte-rendu succinct de ce qui s’est dit pour l’essentiel, que de réflexions éparses sur ce contenu. C’est pourquoi je commencerai par les critiques, ce qui permettra de terminer sur une note positive.

Quelques critiques
En premier lieu, ceux qui sont arrivés aux horaires prévus ont du patienter une heure, ce qui récompense les retardataires. En ce sens les jeunes ne se distinguent pas des Anciens. On pourrait résoudre le problème en anticipant l’horaire d’appel des compatriotes, voire de prévoir une animation pendant ce temps d’attente, ce qui constituerait une originalité.
Une deuxième critique est née de la confusion entre l’intitulé attendu (que peut faire la jeunesse face aux politiciens ?) et les prestations réelles, qui ont porté essentiellement sur la situation socio-politique guinéenne pendant et après les élections du 11 Octobre.
Une troisième critique porte sur l’initiative erronée d’invitation de partis politiques, qui ont de multiples occasions de faire connaître leur programme, particulièrement vis-à-vis de la jeunesse. En effet leurs représentants ont tenu à justifier l’attitude de leur parti, ce qui nous a éloigné du sujet, et ne permet pas de découvrir certains acteurs de la société civile non institutionnelle, celle qui n’est pas infiltrée par le pouvoir (au moins financièrement) et qui ne joue que le rôle d’une courroie de transmission.
De même certains intervenants annoncés (Alpha Wess, Éric Korka Bah, Mouctar Sall, Almamy Sékou Soumah Mahadiou Diallo) étaient absents ou sont arrivés tellement tardivement, qu’ils n’ont pu présenter quelque chose.
Enfin c’est après la prestation du premier intervenant, qu’il a été décidé de faire un compte-rendu, de sorte que l’exposé de la situation qui prévaut en Guinée, réalisée par Aliou Bah, porte-parole du candidat à la présidentielle Faya Millimono, n’a pas fait l’objet d’une restitution.
Bref pas mal d’improvisation pour ce premier débat, mais il faut néanmoins encourager cette initiative, car seuls ceux qui ne font rien ne se trompent pas, et nul doute que des rencontres ultérieures auront lieu et permettront de recentrer le débat sur ce que les jeunes de la société civile peuvent faire concrètement pour agir efficacement.
Les intervenants
La modération a été réalisée par Alpha Ibrahima Diallo (membre de la société civile), et la suite passe en revue l’essentiel de ce qu’ont dit les différents intervenants, sachant que le premier – Aliou Bah du Bloc libéral – n’a pu faire l’objet d’un compte-rendu pour les raisons précédemment évoquées.

Joseph Kandet Coly (membre du BOC aux législatives de 2013, et allié à l’UFR pour les présidentielles de 2015) se félicite que de jeunes Guinéens se soient appropriés la parole, en participant en Guinée à des débats contradictoires, à l’occasion de la campagne des élections présidentielles. Il souhaite que ces exemples fassent tâche d’huile pour inciter d’autres à participer à ce genre de manifestations. Il souhaite également qu’en France, on multiplie ce genre de rencontres pour les pérenniser, afin de pouvoir faire des propositions concrètes de ce qui est possible. Il pense également que cette rencontre pose la première pierre de la troisième dynamique, un vaste mouvement qui regroupera tous ceux et toutes celles qui ne se reconnaissent pas de l’actuelle classe politique. On ne peut qu’être d’accord avec lui.

Ibrahima Ahmed Bah (Hafianews) fait deux propositions: la première consiste à demander à tous les partis politiques de faire chacun un bilan de cet historique échec électoral en vue de situer toutes les responsabilités et proposer des solutions alternatives qui soient accessibles par le public (les Guinéens méritent toutes les vérités sur cette élection !). La seconde proposition est d’organiser en France un week-end de réflexion approfondie, sur la Guinée, à travers lequel un projet de miss en place d’une société civile plurielle et dynamique qui soit représentative des Guinéens de partout en France pourrait être entamé. La réussite d’un tel projet pourrait servir d’exemples dans les autres pays. Ainsi, avec une société civile solide, offensive et, efficace et pragmatique à l’étranger, on peut inspirer de même en Guinée et jouer le véritable rôle qui est le sien face au grand vide du moment.
• Kémoko Camara (Club Ahmed Sékou Touré) souhaite un débat national (avec la création d’un Conseil National de la Réconciliation) pour permettre aux Guinéens de se pardonner, mais aussi de réparer les séquelles des événements passés. Cela pourrait permettre également de prévenir d’éventuels conflits. Il propose la suppression du multipartisme intégral (sans revenir au parti unique) pour obliger à des alliances autres qu’ethniques, et le remplacement des coordinations nationales par un Conseil des Sages.

Mamoudou Mara (Génération républicaine) constate un repli identitaire lié à la pauvreté car dans une situation de pauvreté, le 1er reflexe pour faire face à ses dépenses c’est d’abord la famille. Cette situation d’extrême pauvreté associée à la politique entraine un repli communautaire dans la mesure où chaque citoyen pensera que seul son parent est à même de répondre favorablement à sa demande de bien-être. Deux éléments manquent à la jeunesse guinéenne : une référence politique d’une part et un manque de leadership d’autre part. Une jeunesse sans référence est une jeunesse perdue et facilement manipulable. Notre passé est lourd et il est important que chaque citoyen puisse se l’approprier sans passion, ni haine. Que fait-on pour remédier au manque de leadership ? Mettre en place des Conseils Nationaux de Jeunes dans différentes structures, dont l’Université. Les partis politiques existant doivent inciter les jeunes à s’intéresser davantage à la politique. Un pôle de la formation au sein des partis politiques permettra de véhiculer les idées du parti puis favoriser le militantisme « civilisé » donc favoriser l’émancipation du citoyen. Favorable à un lien intergénérationnel entre les « ainés » et les jeunes. Enfin la diaspora a un rôle à jouer, notamment en matière entrepreneuriale.


• Mohamed Soumah
(Société civile) se pose la question d’un futur viable, mais comment ? Il faut selon lui s’engager économiquement (via les entreprises par exemple), car la jeunesse est politisée, ce qui entraîne des débats stériles. Or il faut mettre la Guinée au-dessus de tout.

Mohamed Sanoussy Fadiga (Secrétaire Général de la Ligue des Amis de la Guinée) constate un cercle vicieux, parce que le pouvoir actuel promeut une communauté, tout en considérant que ceux qui prônent l’alternance se victimisent, et si nous ne faisons pas attention… Il se pose un certain nombre de questions : comment lutter pour rétablir l’intérêt général ? Comment soumettre l’État au respect du droit ? Puisque la question sociale est également juridique, la pauvreté également politique, que fait l’État ?

Almamy Kaloko (Co-organisateur de cette rencontre) estime que la société civile doit être autonome, et que les jeunes doivent trouver des solutions aux nombreux problèmes qui assaillent notre pays. Il s’engage à pérenniser ces rencontres de façon régulière.

Abdoulaye Ditinn (UFDG) se dit déçu d’Alpha Condé vis-à-vis de son profil initial en 2010. Il faut trouver des solutions aux violations humaines. Enfin il n’y a pas de société civile en Guinée en dehors de celle qui est institutionnalisée et

.Mamadou Saliou Diallo (UFR) considère que le jeune doit envahir l’espace politique. Une école pourrait être créée pour apprendre un savoir-faire. Il insiste également pour dire que les peuls qui ne font pas partie de l’UFDG par exemple (Aliou Bah et lui-même dans cette salle à titre d’illustration) sont considérés comme des traîtres par leur communauté. Il y a donc une réflexion à faire sur l’ethnicisation, et prôner une pédagogie par l’exemple.

Macka Baldé (NFD) considère que les leaders politiques ont échoué sur tous les plans et que les jeunes doivent s’engager.

• Aliou Bah (BL) rappelle que l’ethnicité est un problème essentiellement politicien, mais qu’elle n’est pas réelle.

Yaya Camara (RPG) considère qu’il n’existe pas de conflit intergénérationnel.

Des encouragements
Malgré ses imperfections, il faut encourager cette initiative, d’autant que tous s’accordent à penser que la jeunesse doit s’engager. Le seul conseil que je pourrai leur donner est de ne pas demander quoi que ce soit ou d’attendre de l’État ou des partis politiques, car il ne suffit pas de créer des structures où ceux qui seraient élus (?) ou nommés, parleraient à la place des autres. Les jeunes doivent s’affirmer et ne plus être réduits à jouer les utilités, afin de créer les structures idoines leur permettant de se faire entendre.
Il est encourageant de voir, que des jeunes Guinéens de France de tous horizons, aussi bien sur le plan politique qu’ethnique, ont pu se rencontrer pour discuter. Il faut renouveler et pérenniser cette initiative, car ils ont davantage de points communs (en l’occurrence le chômage) que de différences. Leurs problèmes sont les mêmes : trouver un emploi stable et rémunérateur en Guinée, leur permettant de pouvoir financer un logement et ensuite fonder une famille. Pour le reste…
Il est donc temps pour la jeunesse de prendre son destin entre ses mains, afin d’œuvrer pour leur avenir personnel, celui-ci pouvant éventuellement se confondre par effet d’entraînement, avec une dynamique de développement pour le pays. Il ne faut surtout pas rester passif et attendre… car le pouvoir se prend.
Paris le 16 Novembre 2015
Pour Les jeunes leaders de la société civile et les jeunes des partis politiques
Le rapporteur
GANDHI BARRY

Contacts:
Alpha Diallo: 0754211510 Mohamed Sanoussy Fadiga: 0666785409 Almamy Kaloko: 0609904763
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