Votre quotidien en ligne Libreopinionguinee.com a reçu pour vous un jeune blogueur Guinéen en interview. Nous avons échangé sur plusieurs sujets dont entre autres le refus du gouvernement guinéen de délivrer les cartes d’identités nationale.

Lisez plutôt.


Libreopinionguinee Bonjour présentez-vous à nos lecteurs ?

Bonjour à vous lecteurs de libreopinion.com. Je suis kindy Dramé, membre de l’association « ABLOGUI » Un réseau qui fédère les blogueurs et web activistes guinéens, responsable de l’organisation et de la formation et web entrepreneur consultant en communication digitale.

Et je suis en effet très heureux de répondre à vos questions et pour bien savoir c’est quoi (Ablogui) et notre engagement, j’aimerais présenter si vous le permettez notre association.

Ablogui à été créée en 2011. Elle est née du constat que les technologies de l’information et de la communication constituent « un moyen et une liberté d’expression ». A l’heure même où la Guinée fait l’apprentissage difficile de la démocratie après 50 années de dictature et d’autoritarisme.

Nous jeunes guinéens, nous voulons apporter notre partition au changement des mentalités et au débat politique dans notre pays. Sur tout pour mieux informer à l’international via les réseaux sociaux comme Twitter et Facebook et aussi via notre plateforme ablogui.com.

En octobre dernier, nous avions été soutenue par l’ONG Osiwa (Open Society Initiative for West Africa), et avonsinauguré une nouvelle façon de suivre les élections en Guinée. L’association a lancé une plateforme web participative et citoyenne. Son nom : guineevote.com inspirée de l’expérience sénégalaise Sunu2012, l’initiative a revêtue un caractère inédit dans notre pays.

Rapidement, le hashtag #Guineevote que nous avions lancé et qui est toujours d’actualité, est devenu incontournable pour qui veut parler des dernières élections en Guinée. Et d’autres projets sont en cours comme le lancement de la plateforme de suivie des promesses de campagnes du président Alpha Condé layidi.org.

Depuis quelques jours, nous remarquons qu’ablogui s’est lancé sur une nouvelle campagne sur les réseaux sociaux avec le hashtag #Mapiecedidentite.

Nous web activistes guinéens, sommes très préoccupés en effet face à ce dysfonctionnement de l’administration guinéenne en particulier, les services de police nationale qui s’occupent de la délivrance des pièces d’identité en particulier.

Vous l’aurez constatez si vous vivez en Guinée que depuis le 30 décembre 2014, les autorités de la police ne délivrent plus de cartes d’identités en Guinée ? Depuis cette date, des guinéens souffrent pour se procurer d’une simple carte d’identité nationale, c’est presque la croix et la bannière. Partout dans les commissariats et postes de police à Conakry ou à l’intérieur du pays, c’est un manque total de carte d’identité nationale.

Les plus chanceux doivent débourser des espèces sonnantes et trébuchantes pour espérer en avoir une aussi dans la douleur.
Mais comme par miracle, elles ne sont plus reconnues et elles sont automatiquement rejetées par les ambassades. Car d’après Campus France Guinée par exemple, l’ordre de ne plus accepter les cartes d’identité délivrées après le 30 décembre 2014 à été donné par les autorités de la police qui ne délivrent plus de cartes depuis ce jour.

Selon le porte-parole de la police, Boubacar Kassé, c’est à la demande de la CEDEAO, Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest que la Guinée a décidé de se doter de cartes d’identité biométrique à l’image des passeports biométriques. Raison pour laquelle, le président Alpha Condé aurait ainsi demandé à la police d’arrêter de délivrer des cartes d’identité nationales ordinaires en attendant que le processus des cartes d’identité biométriques ne soient prêtes. En attendant le pauvre citoyen lui il fait quoi ?

Et comment expliquez-vous qu’on puisse interdire au citoyen un droit aussi fondamental celui d’avoir une carte d’identité nationale depuis décembre 2014 ? Et pourquoi rien n’est fait depuis pour trouver une solution à ce problème qui favorise les rackets et la corruption de nos concitoyens dans les contrôles de police ou pendant les voyages à l’intérieur du pays une fois arriver à un barrage. Imaginez-vous la honte d’avoir un tel débat avec vos amis de l’étranger.

C’est une situation qui, j’ose le dire, ne déplaît guerre nos forces de sécurité qui gagnent à chaque contrôle entre 5 000 et 10 000 FG par passager. Vous imaginez la somme qu’il faut débourser pour se rendre à Nzérékoré avec le nombre de barrages officiels et officieux ?
Cette situation n’est plus acceptable et c’est pourquoi nous activistes demandons que des dispositions soient prises pour délivrer les cartes d’identité à la population.

Les conséquences pour les concitoyens résidents étrangers ?

Beaucoup de nos concitoyens sont, en effet, confrontées à ce problème; si vous êtes étudiants à l’étranger et que votre passeport expire, c’est vraiment difficile, car pour renouveler votre titre de séjour, les préfectures demandent systématiquement des documents à jour.

Et si votre petit revenu d’étudiant ne vous permet pas de retourner en Guinée pour faire votre passeport alors vous êtes excusé du terme, mais vous êtes dans la merde; et c’est une casaque de galère.

Sans titre de séjour, vous perdez tout droit, vous risquez même d’être sans papier à cause d’un simple document. Alors que vous étiez venu en bonne et du forme. J’invite donc Madame, la Ministre des Affaires étrangères et des guinéens de l’étranger à trouver une solution pour nous.

Si vous vivez à l’étranger comme moi, je vous conseille vivement d’avoir déjà une copie de l’ensemble de vos documents scanné et garder quelques parts, et ne perdez surtout pas votre passeport ou votre carte d’identité sans quoi vous serez alors dans une situation aussi compliquée qu’un sans papier, car les ambassades guinéennes ne délivrent pas de passeport ou de carte d’identité, ils vous répondent systématiquement, vous devez vous rendre en Guinée pour faire votre passeport.

Ce n’est pas tous les guinéens qui ont les moyens de venir tout le temps en Guinée ou simplement venir en Guinée pour faire un passeport alors que nous avons un ambassadeur ou un consulat. Dans d’autres pays, les démarches se font par internet.

La nouvelle ministre des Affaires étrangères et des guinéens de l’Etranger doit s’occuper sérieusement de ce problème.

Le gouvernement justifie cela par souci de sécurité et veut faire des cartes biométriques ?

On nous parle de changement depuis 5 ans, de modernité de l’administration guinéenne, à l’heure des nouvelles technologies, il est choquant de voire révoltant d’entendre ce argument. Si vous voulez y mettre de la sécurité d’accord, mais mettez y les moyens, préparez les équipements, fournissez les commissariats, former les policiers, organisez et mettez y de la rigueur et du suivi dans l’obtention des cartes d’identité et seulement.

Ensuite interdisez les cartes d’identité non-biométriques.
Les citoyens ne peuvent pas être pris en otage à cause de la lenteur de l’État ou de l’humeur du chef. Il faut y mettre fin et faire une nouvelle circulaire pour l’ensemble des services de police pour qu’il délivrent les cartes d’identité en attendant que l’État nous donne les équipements pour faire des cartes d’identité biométriques.

Vous êtes membre d’ablogui, quelles actions comptez vous mener pour amener le gouvernement à résoudre rapidement ce problème ?

Notre principal objectif, c’est d’attirer de nouveau, l’attention du gouvernement et les ministres en charge de la question sur les préoccupations des guinéens quand à l’obtention de leurs cartes d’identités nationale. Car nous sommes tous, vous et moi concerné par cette question.

Nous sommes des jeunes et connaissons nos droits, nous savons donc les défendre quand il sera violé.
Nous avons lancé le débat sur Twitter, Facebook, sur les sites d’informations comme je le fais actuellement avec vous. Par de simples messages en interpelant le gouvernement pour qu’il réponde à nos préoccupations.

Sur Twitter @ablogui et Facebook/ablogui ou sur notre plateforme ablogui.com, vous pourrez voir l’ensemble des réactions sur le sujet avec le hashtag #Mapiecedidentite. Nous avons aussi publié des affiches et des posts sur Facebook et avons publié un communiqué. Nos membres font le lobbying et les blogueurs font des articles, des vidéos et des micros trottoir.

Nous prendrons attache très prochainement avec les ministres en leur adressant un courrier et espérons avoir une oreille attentive.

Pourquoi la campagne ? Comment vous comptez la mener? Qu’est-ce qui vous rassure que cette campagne va porter fruit et que le gouvernement entendra votre cri de coeur ?

Comme je viens de vous le dire, notre campagne est aussi responsable qu’important ; nous sommes très gênés en effet de défendre ce genre de chose sur internet ou dans une mondialisation et une révolution des peuples ; l’idéal voudrait qu’on vente notre pays à l’international et être content des avancées ; mais hélas, nous sommes encore en 2016 à se plaindre en Guinée de ne pas avoir de carte d’identité.

Le Président Alpha Condé et son gouvernement doivent prendre leur responsabilité, ils sont à notre service nous le peuple et ce n’est pas le contraire ;

J’invite la jeunesse à mettre la pression sur leurs élus, d’aller les voir, chaque chef de secteur, chef de quartier, chef discret, maire, préfet, gouverneur, député pour exiger qu’on nous redonne notre dignité et que cette arnaque s’arrête enfin dans ce pays.

Avez-vous un dernier mot ?

Je vous remercie Monsieur Baldé et libreopinionguinee.com de m’avoir donner cette chance de lancer cet appel, ce cri du cœur à nos élus pour qu’ils apportent de l’espoir à cette jeunesse guinéenne qui ne demande pas la lune à décrocher. J’invite les jeunes à s’engager.

Vous, moi, les autres faites-vous entendre, prenez vos cartes d’électeurs quand il sera le moment, soyez vigilants, et exigeants, car notre voix doit porter et elle va porter quand nous s’aurons demander avec la bonne manière; la rue seule ne nous redonnera pas nos droits, il faut s’engager, faite de la politique, et cela, même à la base dans votre quartier et prenez la parole, on ne peut pas faire notre bonheur en notre absence.

J’invite aussi la jeunesse, les acteurs de la société civile, les organisations des défenses des droits de l’homme aux avocats de nous aider. Car si la situation dure, il va falloir porter plainte au prêt de la cours constitutionnelle pour que le gouvernement reviennent à cette décision, celle d’interdire l’édition de carte d’identité national non-biométrique. En attendant qu’il ait mis les moyens à disposition de la police.

J’encourage les jeunes à prendre la parole et à défendre leur droit, à s’engager pour la défense de nos libertés et des valeurs communes.

Pour finir, nous vous recommandons de nous suivre sur notre plateforme ablogui.com sur Twitter @ablogui et sur Facebook/ablogui

D’utiliser le hashtag #Mapiecedidentite pour souvenir cette campagne qui est aussi la vôtre.

Merci
Une interview réalisée par Macka Balde et Sidi Diallo pour Libreopinionguinee.com

contact Libreopinionguinee@ gmail.com

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