Photo avocate Audrey Gutierrez Fernandez

Photo avocate Audrey Gutierrez Fernandez Me Audrey Gutierrez Fernandez est avocate depuis 2006 ; de formation généraliste, elle s’est spécialisée dans la pratique en droit des étrangers qu’elle affectionne depuis 10 ans (contentieux de l’asile, régularisation des sans-papiers, recours contre les Obligations de quitter le territoire, intervention devant le juges de la liberté et de la détention, etc…) ; Aujourd’hui, Référente en la matière auprès de ses plus jeunes confrères inscrits du Barreau de Paris, elle nous répond sur la procédure d’asile en France.

la rédaction: Bonjour maitre Gutierrez Fernandez!
Bonjour Mr Macka Balde et madame Diallo Sidi.

Quelles sont les principales difficultés que les demandeurs d’asile rencontrent le plus souvent au niveau de la CNDA?

Ce n’est pas seulement à la Cour Nationale du droit d’asile (CNDA) qu’ils rencontrent des difficultés, c’est aussi lors de leur traversée, à leur arrivée pour se loger, pour manger, pour se diriger et faire leur demande d’asile en Préfecture, pour traduire les documents, etc…

A la CNDA, l’interprétariat n’est pas toujours bon et il est inexistant pour les avocats, d’où la difficulté pour l’avocat de communiquer avec son client.

Le délai d’attente ne vous cause pas problème?

Les délais sont beaucoup plus rapides qu’il y a 5 ans, le but étant de rendre une décision sur un dossier en moins d’un an et rapatrier hors de France tous les demandeurs d’asile qui ne bénéficient pas de la protection de la Convention de Genève (on a vu d’ailleurs beaucoup d’ordonnances de rejet par la CNDA sans même audiencer les intéressés, soit disant parce que leur dossier ne serait pas sérieux).
Sinon, je dirais, en moyenne 3 mois à 6 mois pour la procédure OFPRA et 6 à 9 mois pour la décision CNDA.


Comment se passe la relation entre vous et vos clients
?

C’est une relation de confiance qui doit gouverner nos échanges; on se dit tout, ce qui permet de délivrer les bons conseils et de mieux préparer les audiences.

Vous accompagnez et défendez des clients de diverses nationalités, comment vous vous sentez dans la barrière de langue?

Je parle français, anglais et espagnol … et on arrive toujours à se comprendre ; et si il y a besoin d’un interprète, alors les CADA nous aident car ils travaillent régulièrement avec.

Vous avez combien de dossiers par mois devant la Cour Nationale de Droit d’Asile?

Je ne suis plus sur les listes d’Aide Juridictionnelle car c’est beaucoup trop de dossiers à gérer au quotidien pas assez rentable (si l’on considère que l’on doit passer au moins 10 heures sur un dossier) et, au surplus, je ne fais pas que du droit d’asile, ce qui m’amène à aller plaider d’autres contentieux devant d’autres juridictions (juges aux affaires familiales, conseils des prud’hommes, tribunaux correctionnels, Cours d’Assise…).
En d’autres termes, je préfère la qualité à la quantité, prendre peu de dossiers et les faire bien.

Votre travail consiste à la préparation du dossier de recours devant la Cour Nationale du Droit D’asile, la Plaidoirie devant la Cour Nationale du Droit d’Asile et quoi d’autres?

Tout à fait ! et le plus important, c’est le coaching du client, car passer devant un juge et dévoiler son parcours, ses angoisses et ses blessures intimes est éprouvant…


Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans cette tâche?

La difficulté principale est de se faire comprendre ! par exemple, combien de fois, à l’audience le client m’amenait des nouveaux documents non communiqués auparavant à la Cour … ou encore venait sans les originaux ! pourtant c’est pas faute de leur dire …

Quel est le pourcentage de votre victoire dans tous les cas?


Difficile de répondre! lorsque le dossier est bon, je dirai 99 % de chances que ça fonctionne, mais lorsque le dossier n’est pas bon, je dirai 0% chance d’aboutir.
Les avocats sont là pour mettre en valeur les dossiers, pas pour transformer les dossiers mauvais en bons dossiers; si certains avocats vous disent qu’ils ont plus de 80 % de réussite, c’est qu’ils sélectionnent les dossiers à l’entrée au cabinet, tout simplement ; comparez avec ceux qui ne choisissent pas leurs clients car ils sont sur les listes d’aide juridictionnelle, ceux-là ont plutôt un taux de réussite de 20%.

Quels honoraires votre cabinet prend-il pour un dossier classique devant la CNDA et quelle est la part d’aide juridictionnelle dans le nombre de dossiers en cours?

Les honoraires sont calculés en fonction de la complexité du dossier, des ressources des clients, s’il s’agit d’un couple, ou d’un célibataire, d’une personne qui travaille ou non, etc…. idéalement, je facture entre 1000 et 1500 € TTC; à l’aide juridictionnelle, cela ne rapporte que 500 € TTC; ça n’est vraiment pas intéressant, compte tenu du travail à effectuer; j’accepte l’aide juridictionnelle exceptionnellement, pour certains dossiers, ou pour des clients qui me sont recommandés.

Pouvez-vous développer votre cabinet dans ces conditions? 

Un cabinet se développe par le bouche à oreille et à condition qu’il n’oublie pas de facturer aussi. La réussite est dans l’équilibre entre la motivation de l’avocat et la satisfaction du client.
Quel est votre message?

Un message de paix pour l’Afrique que j’aime beaucoup. 

Merci à votre site libreopinionguinee.com

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Une interview réalisée à Paris par Macka Balde et Sidi Diallo
Pour www.libreopinionguinee.com
Libreopinionguinee@gmail.com
0033601064916

 

 

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