Guinée-Conakry: la recrudescence de l’insécurité et du grand banditisme commencent à prendre une proportion inquiétante dans la capitale guinéenne et dans les villes de l’intérieur du pays, où les citoyens ne savent plus à quel saint se vouer.

Ce fléau menace la vie de simples citoyens, mais aussi celle des agents de sécurité censés protéger les populations et leurs biens. Et pour cause !

Dans la nuit de mardi 8 au mercredi 9 août, Sorel Keita, journaliste culturel à la RTG, a essuyé un tir à bout portant alors qu’il circulait dans sa voiture de marque RAV4.

Minutieusement visé par son assaillant, le jeune journaliste s’en est sorti miraculeusement indemne au grand dam de son agresseur qui va certes regretter d’avoir raté une cible qui était pourtant à sa portée.

L’incident s’est déroulé sur l’autoroute Le Prince, précisément dans le virage communément appelé ‘’Camp Carrefour’’, à quelques encablures du Carrefour Cosa, dans la commune de Ratoma. Un tronçon qu’avait emprunté Sorel Keita pour voir d’abord sa mère à Simbaya, avant de rallier son propre domicile.

Dépassé par le degré de l’attaque dont il a été victime, Sorel Kéita a voulu laisser dans les mains des forces de sécurité, le dossier de sa tentative d’assassinat par balle qu’il voulait passer sous silence.

Malgré ‘’cette confiance’’ aux forces de l’ordre, il a contacté la rédaction de nos confrères de Conakryinfos pour lui raconter sa mésaventure.

« C’était dans la nuit du mardi 8 au 9 août mercredi. Je revenais de la commune de Kaloum où j’avais un programme avec un ami. Sur le chemin du retour, j’ai fait escale au night-club Tropicana chez mon ami John. Après là-bas, j’ai décidé de me rendre chez ma maman à Simbaya pour lui déposer un sac de charbon que j’avais dans ma voiture. Arrivé au niveau du rond-point de Bambeto aux environs de minuit, j’ai pris la route de Cosa après le contrôle de ma voiture par les forces de l’ordre qui y avaient érigé un barrage de contrôle. A 50 mètres du rond-point, j’ai remarqué la présence d’un homme en tenue militaire qui roulait à moto, mais en sens interdit ; il avait un regard poignant sur moi et ma voiture. Comme il insistait à me fixer dans les yeux, je l’ai aussi regardé sans rien comprendre de ses motivations. Je me suis directement dit que quelque chose n’allait pas. J’ai voulu faire descendre la vitre pour comprendre davantage, mais je me suis dit que c’est la nuit, chacun est dans son chacun. Pendant qu’il circulait vers le marché de Koloma, il avait toujours un regard fixé sur moi. Mais arrivé au niveau de Koloma Marché, il m’a dépassé, toujours en sens interdit. Finalement, je me suis dit que c’est l’un des militaires qui roulent entre le barrage de Cosa et celui de Bambeto. Donc, je n’avais plus d’attention sur lui », a-t-il expliqué.

« Mais à 50 mètres du Carrefour Cosa, j’ai revu le même motard qui est maintenant descendu de sa moto et arrêté sur la chaussée en sens interdit, au niveau du secteur appelé Camp Carrefour. Il était arrêté et faisait face au côté que j’empruntais. Mais entre-temps, j’ai aperçu un camion en panne stationné au milieu de la chaussée. Donc, j’étais plus soucieux d’éviter le camion que de regarder ce militaire arrêté en uniforme militaire. Le temps pour moi de dévier le camion, j’ai vu l’homme en tenue militaire engager un pistolet qu’il a tiré sur ma voiture. Au départ, j’ai paniqué, mais j’ai vite eu le courage de maitriser la voiture pour éviter de faire un accident. Dès que j’ai réussi à dépasser le camion, j’ai accéléré vers le Carrefour Cosa. Arrivé là, les militaires m’ont arrêté pour fouiller mon véhicule. Je leur ai demandé s’ils ont entendu un coup de feu. Ils ont répondu à l’affirmatif. Je leur ai dit que ce coup était tiré sur ma voiture. Je leur ai montré la partie qui a été touchée par la balle qui se dirigeait vers ma tête.

Après cet incident, les militaires m’ont demandé de rester. Mais étant seul dans la voiture, j’ai eu peur d’avoir confiance aux militaires dont un collègue venait de tirer sur moi. Par peur, j’ai pris la fuite en les laissant au Carrefour là-bas pour aller me cacher dans le quartier Simbaya jusqu’à l’aube. Je suis resté là sans rentrer dans ma famille qui vit dans le même quartier, car je me disais que la personne qui a voulu me tirer à bout portant me connaissait. C’est ainsi que je suis allé dormir dans ma voiture dans un parking non loin de la maison familiale. Arrivé là-bas aussi, j’ai informé le gardien de ce parking sans lui donner ma position. C’est comme ça que j’ai stationné dans un endroit neutre jusqu’à 6 heures du matin pour rentrer chez moi, parce que je ne voulais plus rentrer dans la grande famille pour angoisser ma mère à travers ma mésaventure. Le lendemain de mon attaque, je me suis rendu à la brigade de recherche de Kipé pour faire une déclaration », a ajouté Sorel Kéita qui continue de s’interroger sur les motivations réelles de son agresseur.

A la question de savoir si l’attaque de sa voiture ne ressemblerait pas à un règlement de compte, Sorel Kéita relativise en se montrant plus croyant.

« Je ne soupçonne personne. Car je ne pense pas avoir fait du mal à quelqu’un. Rien ne m’oppose à quelqu’un. La façon dont les choses se sont passées, je me suis dit que ce n’est pas un bandit qui est là pour me dépouiller ou m’enlever mes biens. Donc, je ne peux pas dire que c’est un règlement de compte, parce que je ne me rappelle pas avoir fait du mal à quelqu’un. Je suis dans mon travail que j’exerce parfois avec humour. Franchement, il n’y a jamais eu quelque chose entre quelqu’un et moi qui pourrait me faire penser qu’un jour quelqu’un pourrait tirer à bout portant sur moi », a-t-il pensé.

Depuis cette attaque au cours de laquelle il a essuyé un tir à bout portant, Sorel Kéita se dit inquiet de sa sécurité et celle des membres de sa famille. C’est pourquoi, il a lancé un appel pressant aux autorités et à l’opinion internationale pour attirer leur attention sur ce qu’il considère désormais comme une menace sur sa personne.

« Je tiens à informer l’opinion publique qu’il y a quelqu’un sur mes pas dont j’ignore. Mais au cas où quelque chose m’arriverait un jour, alors que tout le monde comprenne que j’étais menacé. C’est le lieu de demander aux autorités d’assurer la sécurité des populations, et surtout celle des journalistes que nous sommes. Qu’est-ce que j’ai fait à la personne qui m’en veut ? Mon agresseur a-t-il été envoyé par quelqu’un d’autre ? Je ne saurai le dire. Seul Dieu connait la vérité. C’est Lui qui m’a aidé ce jour-là d’échapper belle à ce tir qui voulait mettre fin à ma vie. Je m’exprime en bon croyant. Mais j’en appelle à la bonne compréhension des autorités pour assurer la sécurité des journalistes pour que le travail qu’on leur a confié soit fait d’une manière saine », a lancé Sorel Kéita qui reste toujours abattu par le tir qu’il a essuyé.

En attendant de connaitre les réelles motivations de son agresseur, Sorel Keita vit actuellement dans une psychose indescriptible qui ne l’empêche pas à faire normalement ses émissions (KoloMatin et Olympiades Scolaires) sur la télévision nationale et sur la radio RKS.

Libreopinionguinee avec Conakryinfos

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