Il faut lever les préjugés et libérer les frustrations en Guinée

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Photo Bah Oury

 

Photo Bah OuryIl faut lever les préjugés et libérer les frustrations en Guinée

La Guinée d’aujourd’hui n’est pas totalement en rupture avec celle d’hier. Quelque chose est vraie, elle est entrain de changer depuis un temps de façon certes lente mais inéluctable. Les mentalités surtout ont besoin de s’adapter aux exigences d’un monde en
profonde mutation.

Ce changement doit commencer par une remise en cause de notre vécu qui se caractérise par un repli sur soi et se manifeste par l’illusion que nous sommes mieux comme ça dans un pays où on veut tout obtenir par la facilité sans aucun effort personnel.

Alors que des problèmes réels restent posés sans solutions justes. Et cela dans tous les domaines : social, politique, économique, culturel. Un pays où la diversité linguistique doit être une source de fierté et non un handicap. Où les richesses nationales ne profitent pas aux pauvres.

Il faut qu’on accepte de se parler et de se dire clairement les choses pour lever les préjugés et libérer les frustrations. Pour que chacun cesse de projeter sur l’autre un prisme déformant. Pour que chacun se sente comme un citoyen à part entière dans un pays multi-ethnique. Il y a beaucoup à faire pour que les guinéens s’acceptent dans leurs différences et cessent de se dresser des cloisons et ériger des barrières idéologiques contraignantes.

Cette ligne de démarcation entre les communautés ne pourrait être levée que lorsqu’on accepte d’appeler le chat par son nom, qu’on se départit de l’hypocrisie consistant à se murer derrière des apparences et des non dits en refusant de voir la réalité en face.

A défaut d’avoir tout ce qu’il faut pour avancer, nous avons au moins l’essentiel d’atouts pour évoluer et devenir une nation moderne, débarrassée de toutes sortes de complexes. Cela suppose une prise de conscience de nos spécificités culturelles et démographiques qui doivent faire naître en nous des énergies nouvelles capables de nous impulser de l’avant.

La question de l’unité nationale n’est pas un vain mot. C’est pourquoi on doit l’envisager avec sérénité mais sans complaisance aucune en vue de lui trouver au plus vite des remèdes. Les politiques de dosage sociaux, régionaux sectaires et stéréotypées doivent disparaître du registre de nos décideurs qui ont découpé la Guinée en quatre entités ayant chacune sa part du partage des hautes fonctions de responsabilité.

Cela donne toujours une configuration épidermique aux nominations. Du coup crée des clivages et dessine sur la carte politique et démographique une Guinée inégale sur le plan des droits. Cette pente dangereuse sur laquelle on se trouve depuis des années et qui s’aggrave avec des politiques de marginalisation de cadres compétents victimes de leurs faciès ne fait que raviver les tensions et accentuer les clivages entre les uns et les autres. Pourtant les législatives arrivent très prochainement à en croire aux décideurs.
S D

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