Il y a ceux qui construisent un pays, et ceux qui commentent sa chute imaginaire. Cheikh Yérim Seck a choisi son camp. Il a fait de la Guinée sa cible de saison : lives, chroniques, accusations en cascade contre le président Mamadi Doumbouya. Une seule question s’impose, et elle est simple : dans quel but et pour quels intérêts ? Ses charges les plus lourdes, plusieurs observateurs guinéens l’ont relevé, ne reposent sur rien de vérifiable. Ce n’est pas du journalisme. C’est de l’affirmation péremptoire déguisée en révélation.
L’homme n’en est d’ailleurs pas à son premier démêlé. Au Sénégal même, il a été convoqué, interrogé puis placé en détention pour des propos tenus à l’antenne, poursuivi pour « diffusion de fausses nouvelles et diffamation » — dans son propre pays, sa plume répond déjà devant les juges. Et lorsque l’ancien président Moussa Dadis Camara affirme publiquement qu’il lui a demandé 500 000 dollars par trimestre pour « redorer son image » — Conakry, elle, demeure sereine.
Car c’est là que le bât blesse. Un journaliste qui porte des accusations d’une telle gravité contre le chef d’État d’un pays voisin doit pouvoir les étayer — devant ses pairs, devant le public, devant les instances de la profession qui font l’honneur du métier. Qu’il s’occupe de l’actualité convulsive de son pays , le Sénégal . Il reste évident que tout ce qu’il vocifère ne sont que des allégations lancées dans le vide, et l’opinion, au Sénégal comme en Guinée, l’opinion sait parfaitement distinguer celui qui informe de celui qui règle des comptes. On ne démonte pas un bilan à coups de rumeurs. Alors, parlons du bilan.
Pour la première fois depuis son indépendance en 1958, la Guinée s’est vu attribuer, le 18 septembre 2025, une note souveraine par Standard & Poor’s : B+ avec perspective stable, placée au-dessus du Nigeria, du Sénégal et du Ghana dans le classement ouest-africain de l’agence. Son PIB, rebasé, bondit de 51,2 %, offrant une image plus fidèle et plus moderne de la richesse nationale. Son inflation, domptée, est retombée à 3,2 % en 2025 contre 5,1 % en 2024, tandis que la croissance doit atteindre en moyenne 10,3 % sur 2026-2028, tirée par le secteur minier. Au cœur de cette ambition : Simandou, dont l’exploitation a officiellement débuté le 11 novembre 2025, et que le FMI crédite d’un potentiel de +26 % de PIB d’ici 2030 — avec un État qui, loin de brader ses richesses, conserve jusqu’à 51 % des infrastructures et 35 % de la mine. Pendant ce temps, les fonctionnaires sont payés sans interruption et les pensions revalorisées.
Car derrière les chiffres, il y a du béton, de l’acier et des chantiers. Simandou n’est pas qu’un gisement : c’est le plus grand projet d’infrastructures de l’histoire du pays — une voie ferrée transguinéenne de plusieurs centaines de kilomètres reliant le sud-est minier à un port en eau profonde bâti sur la côte, véritable colonne vertébrale logistique d’une nation entière. À Conakry, l’échangeur de Bambéto, inauguré par le chef de l’État, a redessiné la circulation d’une capitale longtemps asphyxiée. Sur le front de l’énergie — talon d’Achille historique de la Guinée — le pays s’est engagé, avec l’appui de la Banque mondiale, dans un vaste programme d’électrification destiné à raccorder des millions de Guinéens supplémentaires, tandis que sortent de terre la première raffinerie d’alumine du pays et de nouvelles capacités de production. Le tout s’inscrit dans Simandou 2040, plan d’émergence sur quinze ans adossé à 200 à 300 milliards de dollars d’investissements. Ce ne sont pas des promesses de plateau télé : ce sont des grues, des rails et des kilomètres de routes.
Voilà la réalité. D’un côté, un pays qui note sa dette, lance son fer, tient ses comptes et bâtit son avenir. De l’autre, un chroniqueur qui annonce des effondrements qui ne viennent jamais. Le retour à l’ordre constitutionnel a d’ailleurs conduit à la levée des dernières sanctions de l’Union africaine et de la CEDEAO. Les rumeurs passent. Les faits, eux, restent — et ceux-là parlent guinéen.
MMS