Photo alpha conde

 

Sur des échecs cuisants depuis que les manettes du pouvoir suprême lui ont été confiées en 2010, Alpha CONDE est en cette fin de mandat dans une position de plus en plus inconfortable. Ce qui sortira du dialogue inter-guinéen en cours ne sera qu’une touche supplémentaire dans les ennuis d’Alpha qui le conduisent irrémédiablement à la quadrature du cercle au regard du pouvoir. Tout observateur sérieux en arrive à la même conclusion.
Pour ce chef d’Etat arrivé à la magistrature suprême sans préparation aucune, n’ayant vécu par le passé aucun exercice similaire, les déboires s’accumulent. Les manœuvres électoralistes frauduleuses dont il était jusqu’ici le champion toute catégorie risquent de ne plus fonctionner comme au temps où il était dans l’opposition. D’où sa terreur actuelle de perdre ce pourquoi il s’est en fait battu depuis près de 50 ans à savoir la grisaille du pouvoir.
Nous expliquons dans le présent papier les raisons de cette mauvaise posture d’Alpha CONDE à quelque mois de la présidentielle.
Echec de la tentative de rejet du financement international des élections
S’il y a un pays qui a besoin d’aide internationale pour se démocratiser et réduire la pauvreté de ses habitants c’est bien la Guinée. C’est en effet le premier pays qui a été frappé par l’épidémie à virus EBOLA en Afrique de l’Ouest, une maladie foudroyante dont aucun vaccin n’est encore opérationnel de par le monde. De surcroit, un pays qui a connu près de 50 ans de dictature civile puis militaire et qui, pour ces deux bonnes raisons, mérite amplement l’assistance financière du monde entier pour se sortir d’affaire.
Eh bien, la lecture ci-dessous des besoins n’était celle d’Alpha CONDE lorsqu’il s’agit d’organiser des scrutins. Il dit et fait dire par ses collaborateurs que son pays, n’a pas besoin de financement extérieur pour les organiser souverainement. Dans la fixation sur comment conserver son fauteuil au-delà de 2015, il était loin de mesurer l’impact de cet effort financier sur les maigres ressources du pays dont l’économie est entrée en récession.
En réalité dans ce positionnement présidentiel, ce n’est pas tant l’argent des contributeurs qu’il rejette mais la présence des observateurs que cela sous-entend. Cette présence d’observateurs qui a fait qu’en 2013 lors des élections législatives le parti au pouvoir a perdu les cinq communes dans le scrutin uninominal. La répétition de cette raclée des législatives aux élections communales et à la présidentielle est la grosse frayeur de Monsieur Alpha CONDE. PREMIERE CRAINTE.
Communales et CENI : les pièges tendus
Le Président acceptera malgré lui ce financement extérieur car il pensait disposer de deux cartes maitresses préparées de longue date comme nous l’avons écrit dans un précédent article intitulé ‘’Le grand Enjeu’’. Ces deux cartes sont : (a) le report des élections communales (en maintenant illégalement des maires hors mandats et les délégations spéciales, toute aussi illégales en ayant en commun leur obédience commune au parti au pouvoir) et ; (b) la CENI dont des membres d’opposition choisis sur le volet ont été reçus au palais présidentiel en en violation flagrante de la loi.
Cette CENI qui avait marqué son accord d’organiser dans le dernier trimestre 2014 les communales fera volte face après avoir perdu son indépendance après l’intrusion présidentielle ci-dessus mentionnée. C’est ainsi que cette CENI dévoyée aux ordres du Président se fendra dans un calendrier électoral inversant les élections au grand dam de tous les acteurs politiques soucieux de paix et de développement participatif.
Ce double raccourci présidentiel aurait passé sans la vigilance d’une opposition à saluer malgré la trop grande transparence qu’on lui reproche ou en dépit des nombreux pièges qui lui sont tendus par le pouvoir à chaque petit bout de chemin vers la démocratie. DEUXIEME CRAINTE!
La CENI, son ‘’jouet cassé’’ DANGER
La Commission Electorale Nationale Indépendante est depuis toujours le lieu de tous problèmes électoraux en Guinée. Il est prématuré d’indiquer toutes les causes de dysfonctionnement de cet organisme crée par la Loi : manque de professionnalisme, de patriotisme, ambition personnelle et j’en passe. Cependant, de l’avis de nombreux experts, la corruption est la principale cause et c’est là où le bat blesse dans cette CENI.
Sinon comment expliquer que Lounceny CAMARA si longtemps décrié après avoir fait et défait des chronogrammes sans aucune concertation des parties ait après son départ de la CENI bénéficié de multiples promotions dans la gouvernance Alpha CONDE ?
L’audience accordée aux représentants de l’opposition dans la CENI sans aucune concertation avec leurs structures d’origine a été un tournant dans cette récupération contraire à l’esprit de parité de la loi.
Les dits commissaires CENI coupables de parjure ne serviront à rien car décrédibilisés. En 2010, c’est ce manque de crédibilité qui avait conduit la communauté internationale a proposé de confier la tête de cette institution un Général malien à la fin de la transition. TROISIEME CRAINTE
Un mandat au bilan lamentable
L’absence d’un bilan probant en 5 ans de gouvernance Alpha CONDE et les échecs dans quasiment tous les secteurs font courir le Président dans les tout derniers mois de son mandat.
La pauvreté a augmenté, les perspectives d’emploi compromises pour la majorité des guinéens, la précarité est patente même dans le secteur informel du commerce et des petits métiers qui se débrouillait tout seul avant l’arrivée au pouvoir de l’Opposant historique, les services sociaux de base eau et électricité toujours à la peine en dépit de l’embellie liée à la saison pluvieuse ; ce sont là autant d’ingrédients pour que les Guinéens chasse Alpha CONDE du pouvoir en votant librement l’alternance.
Ce bilan est décevant pour plusieurs raisons. En effet, en toute d’euphorie, il a passé les 3 premières années de son pouvoir à voyager à travers le monde pour quasiment rien, au lieu de saisir les opportunités très nombreuses à son arrivée. Les Guinéens se souviennent encore que même les tueries en Guinée forestière ou les répressions à balles réelles de jeunes manifestants à Conakry n’ont pas arrêté la boulimie de voyage extérieur de leur Président aux frais du contribuable. Comme l’aurait dit le chanteur Jean Ferrat, le Président communiste-converti Alpha CONDE a déjà fait passer ce bilan humain macabre en pertes et profits pour se présenter encore.
Une autre raison explique le départ de 3 majors de l’industrie minière, certes pour des raisons propres, mais en partie inquiets par cette vision d’Alpha CONDE de vouloir faire pondre des codes miniers à répétition comme si le seul enjeu n’était que cela. Un vrai cercle vicieux pour lui, comme l’a mentionné Peter Pham, Directeur du Centre Afrique de l’Atlantic Council américain.
Une raison majeure néanmoins demeure aussi le fait qu’au lieu de travailler pour ce peuple qui l’a porté au pouvoir, Alpha CONDE a plus retenu autour de lui les meilleurs courtisans connus de ses prédécesseurs en lieu et place de former une vraie équipe gouvernementale pour gérer ce pays. Sur le plan des droits humains des personnalités controversées et même inculpées continuent à travailler avec lui, malgré les appels contraires des ONG. QUATRIEME CRAINTE.
La réprimande de ses ministres
Face à cet échec avant tout personnel du fait du personnage Alpha CONDE, les ministres bons ou mauvais en ont récemment pris leur part. La meilleure preuve de cette responsabilité personnelle est ce qu’il dit lui-même quand il reconnait que plusieurs d’entre eux ne seraient pas à leur place s’il les connaissait avant ou si son frère feu Malick CONDE avait vécu à ses cotés.
Voilà un président qui choisit mal ses ministres et qui comme seul regret annoncé est l’absence de son frère à ses coté pour bien choisir les bons et les mauvais. Aussi respectueux que l’on peut avoir de ce frère dont on souhaite que l’âme repose en paix, il est difficile de penser qu’il aurait remplacé le jugement de celui même que les Guinéens ont « élu » ou tous les cabinets conseils en Guinée ou ailleurs spécialisés en la matière.
Au mieux, cette affirmation présidentielle est une preuve d’esprit de népotisme au plus haut niveau ou le pire, une incompétence avérée à gérer ce qu’il y a de plus précieux à ce niveau à savoir : le critère et les choix des hommes et des femmes autour du Président.
A quoi ressemblerait les ministères et autres grandes directions de l’Etat si tout le monde devrait se fier à son frère pour choisir son équipe ? CINQUIEME CRAINTE ;
Les lois scélérates pour rester
Face à ses déboires dans sa propre administration, les échecs dans différents secteur, l’élargissement de la pauvreté aussi bien en zone urbaine qu’en milieu rural, Monsieur Alpha CONDE tient toujours à maintenir son pouvoir décrié. Aucune contestation n’est admissible même pour les besoins ou droits les plus élémentaires.
Des tentatives pour bâillonner la presse privée ont fait face à la farouche résistance des professionnels du secteur qui tiennent à ce que le régulateur, la Haute Autorité de la Communication n’outrepasse ce que la loi lui autorise faire. Aucune règlementation de ce genre comme celle prise récemment, mais retirée aussitôt, ne doit servir autrement que pour aider le respect de l’équilibre des pouvoirs. Les gens de médias refusent que la HAC se donne pour vocation d’aider le Maître des lieux dans la campagne présidentielle déjà démarrée sous l’habillage et les moyens de la communication de la lutte contre EBOLA ni de museler toute dénonciation des travers ou crimes du régime CONDE.
Par ailleurs, personne n’aurait imaginé qu’après les meurtres par balles suite aux manifestations de l’opposition que les députés de la mouvance puissent voter une Loi qui autorise officiellement le recours aux armes en lieu et place de l’encadrement des manifestations qu’on trouve dans toutes les démocraties.
En rajoutant la loi tronquée sur l’ONDH, la volonté de faire voter des lois taillées sur mesure ne fait aucun doute dans l’esprit de plusieurs experts en la matière.
Ainsi, ce président dévoile par ce biais ses intentions à peine cachées à mettre en place la troisième dictature dans ce pays martyr. Ceci, sans se préoccuper du fait qu’il a fait moins bien que ses prédécesseurs en termes de bien-être des populations, de réduction des inégalités ou de la pauvreté. SIXIIEME CRAINTE.
Les conséquences
– L’indispensable restructuration de la CENI
La parité pour une gestion consensuelle est la clef de voute du fonctionnement d’une CENI indépendante par définition tout en étant conçue pour qu’il y ait équilibre entre pouvoir et opposition dans sa gestion. Il faut la rétablir faute de quoi ce ‘’machin’’ ne servira qu’à créer des tensions grave dans le pays.
L’expertise technique à lui seul ne sert à rien en l’absence de confiance entre les acteurs et seul le respect de la représentativité de toutes les parties qui apporte cette confiance.
En outre, la présidence de cette institution sensible doit être assurée par une personnalité plus professionnelle, faute d’être neutre. L’actuel Président de la CENI a fait la preuve de ses limites, même dans son propre foyer; c’est difficile de l’occulter pour quelqu’un dont les agissements peuvent mettre le feu au pays.
Faute d’une restructuration de la CENI qui ne doit plus attendre la fin des mandats de commissaires actuels, les lendemains des élections prévues seront incertains. Cela équivaudrait à faire fi de tous les problèmes électoraux potentiels dans le cocktail minutieusement monté depuis le début de ce mandat d’Alpha CONDE lui-même étant le chef d’orchestre.
L’acceptation des résultats après leur proclamation dépendra de cette restructuration pour un niveau de confiance acceptable entre les acteurs (pouvoir et opposition) dont un sera forcément vainqueur et l’autre perdant.
Ce n’est pas la Guinée seulement qui est concernée : dans ce pays les tensions ethniques sont attisées au maximum dans une région ouest africaine aux frontières poreuses.
– L’inversion du calendrier électoral
Sauf compromis de dernière minute, les communales doivent précéder la présidentielle pour au moins deux raisons. La première, c’est que cela a déjà fait l’objet d’un accord en 2013. L’engagement a été pris pour les organiser avant pour plus crédibilité du scrutin présidentiel, avant que le pouvoir ne fasse machine arrière.
La seconde raison qui découle de la précédente, c’est que depuis l’avènement du président Condé au pouvoir, jamais la Guinée n’a connu d’élections communales. Cela fait à présent 10 ans.
Il revient au président CONDE de respecter ses engagements en accédant à la requête à la demande de l’opposition qui est en droit de réclamer cette inversion.
Après l’annulation de la date des communales, le Chef de l’Etat doit penser à prendre les garanties de la stabilité du pays après cette élection, quelque soit le vainqueur. L’intérêt supérieur de la nation est à ce prix. Une bonne élection garantira la crédibilité du pays en lui procurant du coup un climat favorable à l’arrivée d’un volume suffisant d’investissements privés et publics dont il a désespérément besoin.
La victoire inéluctable du consensus national
Au-delà des joutes électoralistes, les acteurs doivent proposer un programme concret au pays pour se présenter par rapport aux vraies préoccupations de nos compatriotes. Nous avons relevé ce qui suit dans un entretien récemment accordé par Mr Tall Mohamed le porte parole de l’Union des Forces Républicaines de l’ancien Premier Ministre Sidya TOURE, citation :
« Aujourd’hui, il faut qu’on ait le courage de le dire. Ce qui a détruit considérablement notre pays, ce qui empêche le débat démocratique de se faire, ce qui empêche les investissements de se réaliser en Guinée, c’est vraiment cette tension permanente entretenue entre les deux grands groupes ethniques qui sont chacun incarné par un parti politique. Il faut sortir de là.
C’est pour cela que l’UFR compte proposer et propose aux guinéens la troisième voie qui est celle de la solution. Celle qui permet de réunir les guinéens, qui permet de les mettre ensemble, d’apaiser les tensions intercommunautaires, de renforcer la cohésion sociale».
Nous rajouterons simplement ici que ces deux grands groupes ethniques sont eux-mêmes victimes des partis qui, volontairement ou involontairement les enferme dans leur carcan profitant de leur fidélité et entretenant une peur très souvent infondée à l’endroit des autres ethnies. Avec, c’est fini tout cela et la Guinée va grandir dans son contexte.
Nous savons aussi depuis son passage à la primature en plus de ce volet qu’on a intitulé ‘’Candidat de l’Unité Nationale’’, l’économiste Sidya TOURE dans son programme prévoit :
– La croissance de l’économie qui pour lui va de pair avec le bien-être des populations, la réduction des inégalités et l’éradication accélérée de la grande pauvreté
– Les projets spécifiques tout secteur confondu pour l’insertion des jeunes et des femmes dans le système productif
– Les programmes d’investissement structurants d’envergure à fort potentiel d’exportation et générateur d’emplois (agriculture, énergies hydroélectriques, mines notamment et en priorité)
– Un pouvoir visionnaire et prospectif dans une démocratie inclusive qui cimentera notre volonté de vivre ensemble et créer un véritable Etat de droit.
Amadou Tounkara.

Source cellule Com UFR

 

 

 

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