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Fraude au concours judiciaire: Sékou Keïta dénonce un “piège soigneusement monté”

Après quatre jours de détention préventive, Sékou Keïta, conseiller chargé de la communication au ministère de la Justice, est apparu devant le tribunal correctionnel de Dixinn avec un visage marqué, mais une voix ferme. Accusé d’implication dans la fraude qui a éclaboussé le concours de recrutement des auditeurs de justice, il a livré un récit dense, parfois poignant, souvent indigné, pour tenter de démonter ce qu’il qualifie de “piège soigneusement monté”.

Un superviseur devenu suspect

Dès les premières minutes de sa déposition, Sékou Keïta a rappelé son rôle : superviseur des superviseurs, mandaté par le garde des Sceaux pour veiller au bon déroulement des épreuves. Il dit avoir sillonné les salles dès 8 heures, constaté le manque d’eau, organisé la distribution de sachets, et répondu aux sollicitations de candidats qui le connaissaient. « Je faisais de l’animation pour que tout reste calme », a-t-il expliqué, rejetant l’idée que ces gestes de courtoisie aient pu constituer une infraction.

La salle 16, point de bascule

C’est dans cette salle que se trouvait Maciré Camara, sa codétenue. Elle lui aurait demandé de l’eau pour prendre un médicament. D’autres candidats aussi. Keïta dit avoir remis des sachets d’eau à un surveillant pour distribution. Rien, selon lui, ne laissait présager la tempête qui allait suivre.

Le bidon d’eau glacée devenu “pièce à conviction”

Après le lancement officiel des épreuves, il s’est rendu à une boutique voisine pour acheter deux bidons d’eau glacée. L’un a été remis au directeur général adjoint du centre, l’autre destiné à Maciré Camara. Un candidat, M. Doukouré, lui aurait même confirmé devant témoins que le bidon lui était destiné. « Tout s’est passé devant surveillants, superviseurs et gardes pénitentiaires. Rien de clandestin », a insisté le prévenu.

Puis la rumeur a explosé

Une heure plus tard, il apprend qu’il aurait transmis un sujet traité dans la salle 16. « J’ai moi-même exigé que le garde des Sceaux soit informé immédiatement. Je voulais préserver mon honneur », affirme-t-il.

Mais selon lui, au lieu d’une enquête transparente, une mécanique de suspicion s’est enclenchée :

un document introuvable pendant trois heures,
des versions contradictoires fabriquées,
des informations erronées transmises à des blogueurs,
et une rivalité interne entre le centre et le cabinet du ministre.
“On m’a placé en détention sur de simples présomptions”

Keïta raconte une audition chaotique, un OPJ cherchant un document inexistant, un commandant s’interrogeant sur le temps nécessaire pour “fabriquer une pièce”, et un procureur ordonnant sa garde à vue malgré l’absence de preuves. Son téléphone aurait été scanné sans révéler le moindre élément lié au concours.

« Personne ne s’est porté partie civile contre moi. C’est moi qui me suis constitué poursuivant pour laver mon honneur », a-t-il martelé.

Un homme blessé, mais debout

Devant le tribunal, le conseiller a laissé transparaître sa douleur : « Cela fait 12 ans que je suis conseiller et porte-parole du ministère de la Justice. Ma moralité est connue. Était-il nécessaire de me placer sous mandat de dépôt alors que je ne présentais aucun risque ? Je n’ai ni tué, ni violé, ni volé. On me place en détention sur de simples présomptions. »

Son récit, long, précis, parfois chargé d’émotion, a laissé dans la salle une impression de tension palpable. Le tribunal devra désormais démêler les faits, les contradictions, les rivalités internes et les accusations croisées pour déterminer si Sékou Keïta est victime d’un engrenage ou acteur d’une fraude qui a ébranlé l’institution judiciaire.

Libreopinionguinee avec Mosaiqueguinee

 

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