Photo philan Traoré

Photo philan Traoré

Selon un organe en ligne, le gouverneur de la Région administrative de Faranah, Moussa Philan Traoré, a fui samedi 4 avril 2015, chassé par la population. Toutes vérifications faites, Philan n’a pas  quitté sa résidence durant tout ce long weekend de Pâques. Donc le site a reçu une fausse information. À moins qu’il n’ait été manipulé…
En vérité, c’est madame le préfet Marie-Kenneth Guilavogui qui a fui Faranah la semaine dernière, poursuivie par la clameur publique. Ayant essuyé des manifestations hostiles pendant des jours, elle a dû se réfugier à Conakry. Les citoyens lui reprochent une arrogance caractérisée, y compris envers les notabilités de la ville, ainsi qu’un goût du lucre immodéré. Elle a transformé son poste en planche à billets. Nommée en août 2014 comme préfet de Faranah, elle n’a de respect pour personne dans cette préfecture et elle pressure les collectivités en se faisant « offrir » bétail et argent. Les hameaux les plus reculés n’y coupent pas, dit-on. Elle s’y rend régulièrement, soi-disant pour sensibiliser à Ébola ou pour des prises de contact qui n’en finissent pas. Pour mener sa barque, elle met son téléphone sur haut-parleur quand elle est en ligne avec le chef de l’État. Par ce moyen, elle fait croire aux fonctionnaires ambitieux qu’elle peut les promouvoir à un poste avantageux et elle intimide les gens pour leur soutirer de l’argent.
Dès son entrée en service comme préfet, Marie-Kenneth Guilavogui joue à la fois sur les clivages ethniques mais aussi et surtout sur la partition du RPG à Faranah : la section 1, historique ou mère, favorable au député uninominal Abdoul Karim Oularé, et la section 2, dissidente et minoritaire, suscitée par le maire de la commune urbaine Elhadj Mohamed Douty Ben Oularé. Sitôt investie, madame le préfet se rapproche de cette dernière à dessein. Il est bien admis à Faranah que si un gouverneur ou un préfet a des accointances avec la section dissidente, c’est pour faire la paire avec le maire afin de prévariquer sur les fonds alloués à la commune urbaine, et notamment sur les grosses taxes versées par Bellzone, une société qui a une importante concession d’exploitation de fer à Faranah, avec base-vie dans la sous-préfecture de Marela.
A contrario, le gouverneur Philan Traoré, nommé à la même époque, a toujours tenté l’impossible pour réunifier les deux sections. Mieux encore, il travaille sans cesse à rapprocher davantage les diverses communautés de Faranah.
Après quelques jours d’exil forcé à Conakry, Marie-Kenneth Guilavogui tente de retourner à Faranah. L’occasion rêvée s’est présentée : son ami le maire est à Conakry. Revenu de soins médicaux en France (il est riche, l’élu du peuple !), il s’apprête à rentrer à Faranah. Madame le préfet entreprend le voyage avec lui. Ses fonctions juteuses lui manquent vraiment. Pour faire croire qu’elle est toujours populaire dans cette ville, elle a eu soin d’organiser, de longue main, une réception dans sa résidence préfectorale. Trois pelés et un tondu s’y agitent toute la journée, sur fond de musique tonitruante. Ce sont les quelques rares membres de la section RPG 2, celle du maire et de madame le préfet.
Pour leur part, les gros bras de la section RPG 1, largement majoritaire à Faranah, attendent de pied ferme la bannie Marie-Kenneth Guilavogui à l’entrée de la ville, juste après le pont sur le Niger. Ils sont décidés à lui en interdire l’accès. Madame le maire n’est plus très loin. Elle est informée à temps de l’avanie qui l’attend si jamais elle rapplique.
Le président de la république, également informé par ses canaux de renseignements, somme Marie-Kenneth Guilavogui de retourner à Conakry pour éviter tout esclandre. Mme le préfet indésirable n’a d’autre choix que d’obtempérer. Le maire, lui, passe la nuit à Maréla et ne rentre dans son Faranah natal qu’à l’aube, incognito.Vivement contrariée, madame le préfet donne des instructions vindicatives à la section RPG 2. Aussitôt, et comme par hasard, la musique joyeuse qui résonne dans sa résidence se transforme en cris hostiles envers le gouverneur, dont le logis est à un jet de pierre. Et les pierres se mettent à pleuvoir dans la cour de la résidence officielle de Philan Traoré. Sa garde, débordée, appelle l’escadron mobile à la rescousse. Une escouade de gendarmes vient aussitôt mettre le holà dans les lieux. Sur ces entrefaites, un fonctionnaire du gouvernorat, nommé Sakho « Cadac », sort de son bureau et se dirige vers sa Mercedes garée dans une rue attenante. Les agresseurs, dépités, foncent sur lui dans le but d’en faire leur souffre-douleur. « Si ce n’est toi, c’est donc ton frère. » Le pauvre a juste le temps de s’engouffrer dans sa voiture et de démarrer en trombe. Il l’a échappé belle, le verni !
Durant toute cette sainte pagaille organisée depuis Conakry par Mme le préfet chassé et le maire de la commune urbaine, le gouverneur Moussa Philan Traoré, que les deux compères ne peuvent pas voir en peinture, est resté sans désemparer dans sa résidence officielle, qui jouxte celle du préfet. Il n’en a pas bougé une seconde et n’a pas rechigné, malgré le tapage insupportable d’à côté. Sans doute, n’a-t-il pas voulu être accusé de s’opposer au retour de Marie-Kenneth Guilavogui à Faranah. Il est encore aujourd’hui à Faranah, où il fraye avec toutes les composantes de la ville, grâce à sa diplomatie innée.
Les événements regrettables de samedi ont suscité une indignation générale dans la ville. Les citoyens ont demandé, outre la révocation de Marie-Kenneth Guilavogui, la dissolution du conseil communal pour concussion et détournement. Le gouverneur a dû tempérer les ardeurs en promettant qu’un audit du conseil communal sera fait. Panique à bord !
Aujourd’hui, l’opinion publique, bien informée des faits, s’étonne. Le jour-même des événements, un organe de la presse en ligne a prétendu que le gouverneur a fui dans une Mercedes bleue pour une destination inconnue, chassé par la population. À vrai dire, c’est Mme le préfet qui a été chassée quelques jours plus tôt et dont le retour à Faranah a été empêché le même samedi. Elle est d’ailleurs le énième préfet à subir ce sort en Guinée pour ses excès. L’information a été donnée à l’envers. Pourtant, le site d’information en question est reconnu pour son sérieux. Comment a-t-il pu accréditer une contrevérité ? Franchement, nous avons du mal à croire que le chef de bureau, que nous respectons pour son professionnalisme, ait été au courant de la fausse information avant sa mise en ligne sur son site. Si on considère la très approximative qualité rédactionnelle de l’article, on est fondé à croire qu’il a été rédigé par une personne extérieure à la rédaction du site et affiché tel quel. À moins qu’il n’ait été dicté à un journaliste du site par Marie-Kenneth Guilavogui en personne, depuis sa voiture, car nul n’ignore combien elle massacre la langue de Molière.
El Béchir

www.libreopinionguinee.com

 

 

 

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