DOCUMENT-Il y a 25 ans, Alpha Condé écrivait à Lansana Conté : «Le bon dirigeant est celui qui évite les malheurs à son peuple»

En 1992, Alpha Condé, opposant au régime d’alors, avait écrit à Lansana Conté une lettre ouverte dans laquelle, il le rappelait en termes clairs que : « La Guinée et le reste du monde vous observent » ou encore «Diriger c’est prévoir… »

et (…) « Le bon dirigeant est celui qui évite les malheurs à son peuple ».
25 ans après, le peuple de Guinée renvoi la lettre à son auteur: qu’il médite à ce qu’il avait écrit et qu’il suive les conseils qu’il avait prodigué à Lansana Conte: Bonne lecture !

Le général Lansana Conté et le Pr Alpha Condé.

multipartisme intégral, l’organi- sions d’élections libres afin de permettre au peuple de choisir ses dirigeants à tous les niveaux (Président de la Répu- blique, députés, Maires des Communes Urbaines et rurales…).

Mais comme le faisait remar- quer un journaliste de RFI récemment, chacun des pays qui se sont engagés dans le processus de démocratisation y est parvenu à la suite d’émeu- tes sanglantes avec leurs lots de morts, de blessés et de handicapés à vie. Ce processus n’est pas une fatalité. Tout dépend des dirigeants. S’il ya chez eux la sincère volonté d’engager leur pays dan la voie de la démocratisation, la voie de la violence aveugle peut être évitée.

Monsieur le Président,

Il n’est pas nécessaire que les Guinéens paient leur tribut en morts et en blessés par dizaines pour qu’ils aient le droit de goûter aux délices de la démocratie universelle. Vous pouvez, si vous le voulez, faire éviter à notre pays et à notre peuple l’hécatombe que ne manquera de provoquer votre

« LETTRE OUVERTE
AU PRESIDENT LANSANA CONTE »
Monsieur le Président, L’histoire est en marche inexorable, imposant à chaque peuple et à chaque nation ses lois implacables. Tel le soleil, il n’est donné à aucun dirigeant quelque charismatique, ou manœuvrier qu’il soit d’en empêcher l’avènement et l’éclat. Plus on s’efforce en de veines gesticulations de s’opposer au lever du soleil, à l’affirmation de la vérité, plus on a de chance de se brûler les doigts et le visage donc de s’écarter de la voie de la raison en se rapprochant d’autant de celle de la perdition.

Le soleil, la vérité et l’histoire se confondent aujourd’hui en une seule et unique réalité qui a pour nom « Démocratie ». Le monde en général et l’Afri- que en particulier se sont enga- gés dans un processus devenu irréversible parce qu’impliquant la conscience de peuples trop longtemps tenus à l’écart de l’assomption de leur destin quand bien même leurs diri-geants prétendant gouverner à leur nom. Le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple a servi d’alibi pour maints gouverne- ments pour ballonner leur peuple, s’enrichir sur son dos et le réprimer pour soi-disant maintenir « l’ordre » en fait pour

se maintenir pendant des décennies au pouvoir pour le plus grand malheur du peuple. Aujourd’hui les peuples se réveillent, revendiquent leur véritable place dans la détermination et la définition du système de gouvernement qu’ils entendent se donner, exigent la construction de garde-fou pour limiter dans le temps et dans l’espace les pouvoirs et les appétits de leurs gouvernants afin de se prévenir à jamais contre les pouvoirs solitaires, autocratiques, dicta- toriaux qui ont réduit maintes nations à l’état de mendicité tant le dénuement est incom- mensurable. En voulant s’assumer désormais en se

donnant les dirigeants de leur choix, les peuples instaurent partout le seul système à même de respecter cette volonté du peuple : La Démocratie.

Monsieur le Président,

L’histoire n’a d’intérêt que si sa lecture et son analyse permettent d’en tirer des leçons bénéfiques.

Les événements qui se dérou- lent sur notre continent depuis 1990 et en ce début de 1991 sont pleins d’enseignements. Tous les pays, un à un, chacun selon son style et ses moda- lités propres empruntent le chemin de la démocratisation qui implique l’instauration du multipartisme intégral, l’organi- sions d’élections libres afin de permettre au peuple de choisir ses dirigeants à tous les niveaux (Président de la Répu- blique, députés, Maires des Communes Urbaines et rurales…).

Mais comme le faisait remar- quer un journaliste de RFI récemment, chacun des pays qui se sont engagés dans le processus de démocratisation y est parvenu à la suite d’émeu- tes sanglantes avec leurs lots de morts, de blessés et de handicapés à vie. Ce processus n’est pas une fatalité. Tout dépend des dirigeants. S’il ya chez eux la sincère volonté d’engager leur pays dan la voie de la démocratisation, la voie de la violence aveugle peut être évitée.

Monsieur le Président,

Il n’est pas nécessaire que les Guinéens paient leur tribut en morts et en blessés par dizaines pour qu’ils aient le droit de goûter aux délices de la démocratie universelle. Vous pouvez, si vous le voulez, faire éviter à notre pays et à notre peuple l’hécatombe que ne manquera de provoquer

 

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