Conakry- Les accusations sont graves, mais le chef de l’opposition guinéenne est formel. De retour de Dakar, Cellou Dalein Diallo a présidé ce samedi l’assemblée ordinaire de son parti, la première depuis 2016. Pour la circonstance, le leader de l’UFDG a annoncé que le Gouvernement Condé a offert des marchés de gré à gré au clan présidentiel de l’ordre de plus de 800 millions de dollars, soit 1 552 milliards de nos francs.

S’exprimant devant ses militants fortement mobilisés au siège du parti, le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) n’a pas fait qu’écouter des vœux du nouvel an, ni accorder une minute de silence en la mémoire de Gandhi Tounkara.

Dans son discours axé sur la gouvernance économique, le président de l’UFDG a expliqué son groupe parlementaire n’a pas voté le volet recettes et dépenses du Budget 2016.

« 800 milliards de francs d’endettement de l’Etat auprès de la banque centrale en 2015. Et ce n’est pas tout, les réserves de change ont chuté passant de quatre mois d’importation au 31 décembre 2014 à un mois d’importation en décembre 2015 », dit-il.

« Aujourd’hui, le pouvoir d’achat du guinéen, malgré la misère qui prévaut dans les foyers, le gouvernement a décidé d’augmenter les prix des denrées de première nécessité. Il refuse de réduire le prix du carburant à la pompe, alors que le baril a perdu 70 % de sa valeur. Le gouvernement, lui, a procédé à une baisse du prix du litre à 15 %. Il faut avoir pitié du peuple. Les Guinéens souffrent. Si notre groupe parlementaire a refusé de voter les recettes et dépenses du budget 2016, c’est parce que le gouvernement a introduit des taxes nouvelles appliquées aux denrées de première nécessité. Ceci, pour corriger l’impact de la mauvaise gouvernance sur l’économie. Le Gouvernement a offert des marchés de gré à gré, qu’il a caché aux institutions de Bretton Woods, plus de 800 millions de dollars, soit 1 552 milliards de francs guinéens octroyés au clan présidentiel pour financer la campagne et s’enrichir. Quand le FMI et la Banque mondiale ont découvert cela, ils ont voulu trouver des ressources pour compenser parce qu’ils ont mobilisés la banque centrale pour octroyer des garanties aux sociétés bénéficiaires de ces marchés publics en violation flagrante des statuts de la banque centrale. Quand la mission du FMI est venue en Guinée, sa revue n’a pas été conclue parce que la planche à billet au niveau de la banque centrale a atteint 1 800 milliards de francs guinéens. Cet argent est tombé dans la poche de quelques individus. La population souffre. Et l’Etat demande aux consommateurs de payer la facture. Dans le cadre de la loi de fiances 2016, notre groupe parlementaire a refusé d’approuver. Nous refusons qu’on inflige à nos populations de payer la facture de la mauvaise gouvernance du régime. Tenez-vous bien, 1 800 milliards de francs d’endettement de l’Etat auprès de la banque centrale en 2015. Et ce n’est pas tout, les réserves de change ont chuté passant de quatre mois d’importation au 31 décembre 2014 à un mois d’importation en décembre 2015. On veut que le petit consommateur, qui a toutes les difficultés à joindre les deux bouts, supporte la charge. On veut que ce soit nous, vous, de payer la facture. L’UFDG a dit non. C’est pourquoi nous avons refusé de voter. Le peuple est déjà dans des difficultés énormes. Si on ne peut pas le soulager en diminuant le prix du litre du carburant qui aura un impact sur l’ensemble des prix, on ne peut pas cautionner l’application des nouvelles taxes sur les denrées de première nécessité sans compter que cela risquerait de tuer la jeune industrie en augmentant la TVA et en l’appliquant à toutes les denrées. Si nous avons refusé, c’est parce que l’UFDG est sensible à la souffrance des populations. Nous refusons parce que l’Etat a octroyé des marchés de gré à gré dans la clandestinité à des entreprises avec une surfacturation de degré inacceptable. Maintenant, on veut que les consommateurs payent la facture. L’UFDG dit non. Les populations doivent se mobiliser pour défendre les pouvoirs d’achat. Nous devons le faire avec l’UFDG, une société civile responsable et un syndicat républicain. Si le syndicat ne le fait pas, les travailleurs et les consommateurs diront non ».

Source Guineenews

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