Déclaration, Le Bloc Libéral est gravement préoccupé par les violations répétées des droits de citoyens Burkinabés en séjour en Guinée

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FAYA MILLIMONO BL

DECLARATION No 35 DU BLOC LIBERAL

Le Bloc Libéral est gravement préoccupé par les violations répétées des droits de citoyens Burkinabés en séjour en Guinée, par les autorités de notre pays. En effet, c’est à travers la presse étrangère que le Bloc Libéral apprend, les rapatriements extrajudiciaires, accompagnés de graves violations de droits et libertés civiles de Burkinabés résidants en Guinée. Ces violations sont en cours depuis le dernier trimestre de l’année 2015.

Selon Le Tocsin, une Association burkinabè de promotion de la citoyenneté régionale et de défense des droits des migrants, le 24 Novembre 2015, 248 Burkinabés dont plusieurs femmes ont été rapatriés vers le Burkina Faso. Le samedi 23 Janvier 2016, deux autres groupes, respectivement de cent et de quatre-vingt Burkinabés, ont été déportés de notre pays ; et le processus d’expulsion de ces citoyens de la CEDEAO, ne semblent pas être à sa fin.

Pire, le Tocsin, sur la base de témoignages recueillis auprès des burkinabés déportés, rapporte que ceux-ci auraient été soumis à des traitements dégradants et inhumains: 1) violences verbales, 2) privation de nourritures pendant leur détention, 3) promiscuité dans les lieux de détention, 4) saisie de leurs biens (or, argent, habits et autre biens matériels), et 5) la séparation des victimes d’avec leurs conjointes guinéennes et d’avec leurs enfants, etc.

Il convient de rappeler que de telles pratiques constituent une violation absolue :

1) de l’Article 59 du Traité de la Communauté économique des états d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dont le Burkina et la Guinée sont membres ;
2) du Protocole A/SP.1/5/79 de la CEDEAO du 25 mai 1979, signé à Dakar et portant sur la libre circulation des personnes, le droit de résidence et d’établissement dans la zone CEDEAO;
3) du Protocole A/P/3/5/82 de la CEDEAO du 29 mai 1982, signé à Cotonou et portant code de la citoyenneté de la Communauté ;
4) du Protocole A/SP.1/7/86 de la CEDEAO du 1er juillet 1986, signé à Abuja et relatif au droit de résidence ;
5) et du Protocole A/SP.2/5/90 de la CEDEAO du 29 mai 1990, signé à Banjul et relatif au droit d’établissement.

Aussi, de tels actes transgressent les instruments de base des Nations Unies relatifs aux droits de l’homme, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, la Convention relative aux droits de l’enfant et la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, etc.

Enfin, de tels comportements des autorités de notre pays mettent en danger la vie de millions de nos compatriotes qui, à cause de la mal gouvernance qui se pratiquent en Guinée, ont été contraints de s’exiler à travers le monde et, particulièrement, dans la Région Ouest africaine. En effet, toute xénophobie de la part de notre gouvernement pourrait susciter des représailles des gouvernements de ces pays respectifs contre nos compatriotes qui vivent sur leur territoire.

C’est pourquoi, le Bloc Libéral condamne sans appel les violations des droits et libertés des citoyens de la CEDEAO. Le BL exige que les autorités guinéennes arrêtent immédiatement leurs agissements contre les frères Burkinabés. Le parti demande que les victimes soient correctement dédommagés conforment à l’esprit des lois en la matière.

Le Bloc Libéral témoigne sa solidarité aux confrères et consœurs burkinabés victimes de violation de leurs droits et libertés.

Fait à Conakry le 4 Février, 2016

Le BLOC LIBERAL

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