Le désistement de Yaya Jammeh à définitivement quitter le palais State House de Banjul est une victoire pour le Président guinéen Alpha Condé. Celui-ci, candidat de la CEDEAO pour le poste de président de l’Union Africaine, vient de marquer un grand point. Finalement, Alpha Condé a montré que ce n’est pas dans la roublardise seulement qu’il est un fin politicien. Il s’est montré un fin négociateur mieux que dans la crise en Guinée-Bissau.

Alpha Condé a finalement réussi là où beaucoup de dirigeants africains, notamment Macky Sall du Sénégal, étaient sur la route de l’échec. Pendant que certains prônaient l’usage de la force ( les troupes de la CEDEAO) étaient aux portes de Banjul, le président guinéen a pris son avion pour atterrir dans la capitale gambienne avec son homologue mauritanien. Auparavant, Alpha Condé avait dépêché sur les lieux Tibou Kamara qui a des liens de famille avec le dictateur gambien.

Aujourd’hui, tout porte à croire qu’Alpha Condé débarquera à Conakry avec Yaya Jammeh, sa famille et certains de ses courtisans. Ça sera le début d’un exil qui ne sera pas forcement doré pour l’ancien Président gambien qui a trop de sang sur les mains. Qu’à cela ne tienne.

La défaite de Yaya Jammeh est une sorte de victoire pour Alpha Condé. Ce dernier a réussi à convaincre, en faisant un double jeu (celui de convaincre qu’il est un homme des grandes crises), qu’il sera un bon président de l’Union Africaine. Sa désignation ne posera désormais l’ombre d’aucun doute. Alpha a joué et gagné.

La réussite d’Alpha Condé à résoudre la crise gambienne le condamne désormais à s’inscrire sur la liste des dirigeants africains respectueux des principes démocratiques. Le Président guinéen ne devrait plus, plus jamais, écouter les sirènes révisionnistes qui souhaitent qu’il brigue un troisième mandat verrouillé par la Constitution.

Le départ pacifique de Yaya Jammeh du pouvoir grâce à la médiation menée de haute lutte par Alpha Condé condamne également le président guinéen à bien gérer les futures échéances électorales, notamment les communales et les législatives. Alpha a commencé à marquer l’histoire de l’Afrique, il ne faudrait plus qu’il recule. Le monde entier observera désormais tous les faits et gestes du chef de l’Etat guinéen. Même si Blaise Compaoré, qui avait été le champion des médiations en Afrique de l’Ouest et au Sahel, avait fini par être chassé du pouvoir pour s’être entêté à vouloir modifier la Constitution du Faso. Un mauvais exemple, à ne pas suivre, cher Alpha Condé.

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