Pour Emmanuel Macron, cette adresse solennelle aux parlementaires et, à travers eux, aux Français, a vocation à devenir un « rituel » annuel…
Emmanuel Macron est monté ce lundi à la tribune du Congrès, à Versailles, pour une adresse solennelle qu’il a entamée par la promesse d’un « changement profond » et d’une réforme des institutions marquée par « la réduction du nombre de parlementaires » pour répondre à « l’impatience » des Français.

Que faut-il retenir du discours du chef de l’Etat ? 20 Minutes fait le point.
La réduction d’un « tiers » du nombre de députés et de sénateurs
Conformément à une promesse de campagne, Emmanuel Macron a ainsi annoncé la réduction d’un « tiers » du nombre de députés et de sénateurs. A ceux qui voyaient dans cette adresse une « dérive monarchique », Emmanuel Macron a opposé une « nécessité » dictée par « le simple amour de la patrie ».
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« Un Parlement moins nombreux, mais renforcé dans ses moyens, c’est un Parlement où le travail devient plus fluide, où les parlementaires peuvent s’entourer de collaborateurs mieux formés et plus nombreux. C’est un Parlement qui travaille mieux », a-t-il justifié.
Cette réforme, « qui devra être conduite en veillant à la juste représentation de tous les territoires de la République », n’a pas pour but de nourrir l’antiparlementarisme, au contraire. Elle vise à donner aux élus de la République plus de moyens et plus de poids », a-t-il justifié.
Introduire « une dose de proportionnelle » dans les élections législatives ou sénatoriales
Emmanuel Macron a par ailleurs confirmé sa volonté d’élire les députés « avec une dose de proportionnelle », sans préciser de chiffre, afin que « toutes les sensibilités y soient justement représentées ».
« La représentativité reste un combat inachevé dans notre pays. Je souhaite le mener avec vous résolument », a justifié le président de la République.
Il a également proposé une « limitation du cumul des mandats dans le temps » pour les parlementaires, a priori trois mandats même s’il n’a pas cité de chiffres.
« Il s’agit là de la clef de voûte d’un renouvellement qui ne se produira pas sous la pression de l’exaspération citoyenne mais deviendra le rythme normal de la respiration démocratique. Les parlementaires eux-mêmes verront dans leur mandat une chance de faire avancer le pays et non plus la clef d’un cursus à vie », a-t-il souligné.
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« Je demanderai à Madame la garde des Sceaux, aux ministres compétents et aux présidents des deux chambres de me faire pour l’automne des propositions concrètes permettant d’atteindre cet objectif », a ajouté le chef de l’État, lors de son allocution devant le Parlement réuni en Congrès.
« Je souhaite que (…) l’on se garde des demi-mesures et des aménagements cosmétiques », a encore exhorté Emmanuel Macron qui veut « retisser entre les Français et la République le rapport qui s’est dissous dans l’exercice mécanique du pouvoir ».
Emmanuel Macron veut « mettre un terme à la prolifération législative » et souhaite que les « textes importants » puissent faire l’objet d’une « évaluation » deux ans après leur mise en application.
« Sachons mettre un terme à la prolifération législative », a-t-il dit. « Je crains moi-même dans une vie antérieure d’y avoir participé », a-t-il reconnu. « Il faut du temps pour penser la loi », a-t-il affirmé. « Du temps aussi pour s’assurer des bonnes conditions de son application », a-t-il ajouté.
Pour Emmanuel Macron, cette adresse solennelle aux parlementaires et, à travers eux, aux Français, a vocation à devenir un « rituel » annuel, « conformément à un engagement de campagne », à l’image du discours sur l’état de l’Union aux Etats-Unis, selon l’entourage du président.
Réformer l’asile pour les réfugiés mais « mieux endiguer » les « grandes migrations »
« Nous ne pouvons pas continuer d’affirmer hautement notre attachement aux principes de l’asile, tout en nous abstenant de réformer en profondeur » ce système qui, « débordé de toutes parts, ne permet pas un traitement humain et juste des demandes de protection » émanant « d’hommes et de femmes menacés par la guerre et la persécution », a affirmé le président de la République dans un discours devant le Congrès.
Le ministre de l’Intérieur a été chargé de présenter un plan sur les migrants visant d’une part à accélérer le traitement des demandes d’asile et d’autre part à renforcer la lutte contre l’immigration irrégulière, dont les grandes lignes devraient prochainement faire l’objet d’une communication en Conseil des ministres.
« Nous devons réexpliquer et agir partout, quand il y a la guerre, le réchauffement climatique, qui déstabilisent tant de ces régions », a-t-il ajouté.
Mais nous devons « mieux endiguer ces grandes migrations » par « une politique de contrôle et de lutte contre les trafics de personnes », a-t-il affirmé.
Il faut pour cela « une action efficace et humaine » coordonnée en Europe qui « nous permette d’accueillir les réfugiés politiques », car « ce sont là nos valeurs », a-t-il dit.
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Ne pas « s’habituer à conchier l’Europe »
« Négliger l’Europe, s’habituer à la conchier, à en faire le coupable de tous nos maux, c’est trahir ces générations qui nous ont précédés, trahir ce qui fait qu’aujourd’hui, là où nous sommes, nous pouvons librement débattre de l’Europe pour l’aider ou pas », a affirmé le président de la République devant les parlementaires.
« Il est impossible de penser notre destinée continentale autrement qu’au travers du projet européen », a-t-il dit.
« L’Europe, l’Europe, c’est nous, c’est un projet de paix de liberté, de progrès, qui a été pensé et agi avec courage par des générations qui nous ont précédés et vécu la guerre » a encore souligné Emmanuel Macron.
« Et nous voudrions aujourd’hui oublier tout cela ? considérer que face aux divisions, face au « Brexit » et à tant de soubresauts de l’Histoire, la réponse serait dans une diminution encore supplémentaire, dans une forme d’abandon, dans un bégaiement de l’Histoire ? » a demandé le président.

20 Minutes avec AFP

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