Photo alpha condé
 »Je ne lis aucun journal, je ne vais pas sur Internet et je n’écoute pas les radios », déclare le président guinéen Alpha Condé en novembre 2014. Et d’ajouter à propos de RSF : “Je m’en fous (sic) de ce que Reporters sans frontières va écrire (…).
A travers une infographie, Reporters sans frontières (RSF) recense des propos méprisants, injurieux, voire accusateurs ou racistes que des chefs d’Etat et de gouvernement ont tenus contre des journalistes. Des déclarations publiques contraires au principe de la liberté de l’information, qui illustrent les tensions auxquelles sont soumis les journalistes dont le seul tort est d’avoir exercé leur métier.

“Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ; et il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits”, écrivait Beaumarchais dans Le Mariage de Figaro.  Aujourd’hui RSF dénonce les « petits présidents », ceux qui choisissent de s’attaquer publiquement aux journalistes et aux médias plutôt que de répondre à la critique.

Informer peut se révéler une tâche périlleuse dans certains pays, et les journalistes dont les questions déplaisent ou dont les enquêtes s’attachent à mettre en lumière la corruption des pouvoirs publics peuvent s’exposer aux foudres des chefs d’Etat. Certains ne tolèrent aucun désaccord, ni même aucun débat. D’autres associent systématiquement toute remise en cause à une opposition, un acte de sédition, un complot, une ingérence étrangère. D’autres encore, que l’on pourrait qualifier de “multirécidivistes”, semblent mener des campagnes de harcèlement contre un média ou un journaliste qui a l’art de leur déplaire. Enfin, il y a ceux qui ne se prononcent pas, car disposant d’un système de censure si efficace qu’il n’est nul besoin de rappeler à l’ordre les médias déjà mis au pas. De l’allusion discrète aux menaces de mort, les styles changent selon les région, mais l’objectif reste le même : museler l’information.

“Quand un chef d’Etat en exercice se permet des invectives contre les représentants des médias qui ne font que leur travail d’information, un cap est franchi, déclare Christophe Deloire secrétaire général de RSF. Comment les journalistes peuvent-ils ensuite travailler dans des conditions sereines quand l’Etat, supposé leur garantir une protection, est incarné par une autorité qui les méprise, intimide, brime, récrimine, ouvrant ainsi la voie aux exactions impunies contre la presse ?”

Les exemples choisis soulignent, pour chaque région, les tendances dans les rapports entre le pouvoir étatique et les journalistes. Ces phrases qui individuellement peuvent sembler anodines, dénoncent ensemble le climat de tensions dans lequel les journalistes doivent travailler dans certains pays.

Amérique latine

En Amérique latine, nombre de chefs d’Etat n’hésitent pas à pointer du doigt les médias et à piétiner la fonction journalistique lors d’interventions publiques. Les invectives des dirigeants sont frontales et accusatoires. Certaines incitent à la haine, parfois à la violence. Une tendance particulièrement préoccupante : de telles avanies du sommet de l’Etat ne peuvent que saper, encore davantage, la liberté de l’information déjà mise à mal sur le continent et, au-delà, être interprétées comme un blanc-seing pour commettre des exactions à l’encontre des journalistes.

Certains chefs d’Etat choisissent de s’attaquer aux journalistes pour éviter le débat d’idées. Dans des pays où la polarisation politique est très forte, favorisant l’instrumentalisation de certains médias, il est plus facile d’accuser les acteurs de l’information d’être de parti pris ou de comploter contre l’Etat que de répondre à la critique. Le journalisme indépendant n’est alors plus source d’échanges, mais de calomnies et d’injures, et ne mérite donc pas de réponse. Toute critique contre une politique publique est susceptible de se voir assimilée à une attaque contre un pays.

Alors que ces chefs d’Etat ont précisément le devoir de garantir la sécurité de leurs concitoyens – selon la Déclaration de principes de la CIDH sur la liberté d’expression, les invectives présidentielles d’un Maduro, Correa ou Hernandez, contre la presse alimentent au contraire un dangereux climat de censure, d’autocensure et d’impunité.

Le président Nicolas Maduro ne rate pas une occasion lors de ses conférences publiques (où les interventions des journalistes sont malvenues) d’accuser les médias étrangers comme CNN en espanol et le Miami Herald de mener une “campagne internationale” contre le Venezuela.  A l’occasion d’une conférence pour la remise de logements sociaux en septembre 2014, le président vénézuelien parle ainsi du projet “d’empoisonner et de déverser leur poison sur le Venezuela et dans le monde” – des propos violents qui dénigrent l’objectivité journalistique et accusent les médias de desseins cachés contre le pays.

Le président équatorien Rafael Correa utilise le même modèle en passant par la presse et les vidéos officielles des “correspondances citoyennes” (Enlace ciudadano) . C’est à travers un de ces discours officiels (enlace ciudadano n°424, en date du 16 mai 2015) qu’il s’attaque à l’administrateur du site Crudo Ecuador en menaçant de “répondre avec les mêmes armes”, et accuse certains journalistes d’utiliser “le discours malhonnête de l’opposition qui diabolise ce qui est parfaitement légitime, démocratique et transparent”, en réaction aux commentaires du présentateur de télévision Alfonso Espinosa sur le projet de réélection indéfinie.
A l’occasion de la journée du journaliste au Honduras le 25 mai dernier, le président hondurien Juan Orlando Hernandez a rendu hommage à sa façon à la presse, en dénonçant “ces pseudos-journalistes (qui) dissimulent, tergiversent et inventent, tant ils sont avides”, répondant ainsi aux accusations de détournement de fonds de la sécurité sociale du pays dans lequel le Parti national est accusé d’être impliqué.

Turquie et Europe de l’Est
Les insultes à l’encontre des journalistes font partie intégrante du système Erdogan, caractérisé par le populisme, le complotisme et l’intolérance. Pour répondre aux propos critiques, le président turc jette systématiquement le discrédit sur leurs auteurs : dans le meilleur des cas, des « ignares », plus souvent des « agents de la subversion », des « espions étrangers », voire des « terroristes » d’un bord ou de l’autre. Ces attaques verbales constituent l’un des signes de la dérive autoritaire de Recep Tayyip Erdogan, qui se crispe sur une vision du monde de plus en plus binaire et paranoïaque. La perte de sa majorité au Parlement devrait enfin le contraindre à chercher le consensus : mettra-t-elle aussi un coup d’arrêt à cette pratique ?

Le langage cru et les commentaires intempestifs du tout-puissant chef de la Tchétchénie entretiennent le climat d’arbitraire et de peur qui prévaut dans la République martyrisée. Entretenant la confusion entre vie privée et vie publique, Ramzan Kadyrov distribue louanges et anathèmes sur Instagram, entre deux photos de sa famille, de ses amis ou de ses collaborateurs. La réputation sulfureuse du président tchétchène, les méthodes expéditives de ses milices et le sort tragique de nombre de ses opposants suffisent à donner à ses mots un poids extrêmement lourd.

Mais les dérapages verbaux ne sont qu’un élément de la très large palette des méthodes d’intimidation. Tout en laissant la propagande officielle distiller un climat de plus en plus hostile, Vladimir Poutine évite généralement les attaques directes à l’encontre des journalistes critiques, affectant plutôt de les ignorer. Les despotes inamovibles d’Asie centrale, soucieux d’entretenir une stature présidentielle qui confine parfois à la déification, se gardent d’utiliser publiquement un langage fleuri. Les leaders turkmène, ouzbek et kazakh ont si bien annihilé tout pluralisme qu’il ne reste de toutes façons pratiquement plus de journalistes critiques.

Europe

C’est ainsi que répond Milorad Dodik, président de la Republika Srpska, entité serbe de Bosnie-Herzégovine, lors d’une conférence de presse le 14 mars 2015, à la journaliste du quotidien indépendant Oslobodenje, Gordana Katana après qu’elle l’a interrogé sur un de ses proches condamné à une peine de prison et en cavale. Non content de tenir de tels propos, Dodik demandera dans la foulée à l’administration de son pays de résilier tous les abonnements à Oslobodenje.

Président depuis 2010, Dodik règne en maître de la Republika Srpska, où le clientélisme et la corruption y sont monnaie courante. Dans un tel contexte, on imagine la fraîcheur avec laquelle cet ultranationaliste accueille les questions gênantes des journalistes. Avec une aversion toute particulière pour celles émanant des femmes, comme lorsqu’il répond à une journaliste de 60 minutes, un magazine diffusé à la télévision : “Tu travailles pour « 60 minutes » ? C’est vraiment une émission de merde. Une daube. (…) Je vois que tu es présentable. Mais tu n’es pas jolie. » Une agressivité contre les journalistes qui n’est pas un cas isolé dans les Balkans, où la méthode vise à les dissuader de s’intéresser aux affaires qui impliquent le pouvoir et à détourner l’attention en créant la polémique.

Une méthode appliquée dans bien d’autres pays d’Europe. Au sein de l’Union européenne, l’agressivité exprimée contre les journalistes par des hommes et des femmes politiques de premier plan fait de plus en plus recette. L’année dernière, en Hongrie, le vice-Premier ministre a traité des journalistes d’investigation de « traîtres », arguant qu’ils travaillaient pour une « puissance étrangère ». En France, des responsables du Front national, parti d’extrême droite, s’en prennent régulièrement aux journalistes, notamment en les intimidant et en les insultant. Une brutalité qui s’observe de plus en plus, d’un bout à l’autre de l’échiquier politique français.

Afrique

Bien souvent considérés comme des espions, des terroristes ou des traîtres à la Nation, les journalistes sur le continent africain font l’objet d’intimidations rarement réprimées, de menaces physiques ou judiciaires, visant à les décourager d’enquêter sur les questions qui dérangent. Bien à l’abri derrière une justice peu indépendante ou des services de sécurité en charge de maintenir la pression sur ces journalistes qui ne rentrent pas dans les rangs, les chefs d’Etat n’hésitent pas à clamer leur amour indéfectible pour la liberté de la presse et la démocratie. Mais, de temps en temps, le vernis craque…

Ainsi, en 2011, le président gambien Yayah Jammeh se fend de cette sortie à propos des journalistes : «Les journalistes représentent moins d’1% de la population alors si vous vous attendez à ce que je leur permette de détruire 99% de la population, vous êtes au mauvais endroit ». Et de poursuivre « Je n’ai pas d’opposition, nous avons des personnes qui détestent le pays et je ne travaillerai pas avec eux ».
Investigation journalistique et opposition politique se trouvent très souvent associés et confondus. S’il existe évidemment une presse politisée en Afrique, le simple fait de demander des comptes au gouvernement ou de soulever les difficultés auxquelles la population fait face revient à « haïr son pays et les autorités en place ».

Sous des cieux peut-être plus cléments mais non moins irrespectueux, les journalistes (et ceux qui les défendent) sont balayés d’un revers de main. Les journalistes “font n’importe quoi, (…) Ils peuvent écrire ce qu’ils veulent, cela n’a aucune importance. Je ne lis aucun journal, je ne vais pas sur Internet et je n’écoute pas les radios, déclare le président guinéen Alpha Condé en novembre 2014. Et d’ajouter à propos de RSF : “Je m’en fous (sic) de ce que Reporters sans frontières va écrire (…). Ce n’est pas eux qui dirigent la Guinée. Moi, je n’ai aucune crainte des lois internationales ou des droits de l’homme (…). Chacun va respecter la loi en Guinée”. Si les journalistes ne suscitent qu’indifférence du pouvoir, on peut légitimement se demander alors pourquoi la Haute autorité de la communication guinénenne a décidé d’interdire les émissions de débat en direct, ou de limiter les revues de presse dans les médias nationaux à l’approche des échéances électorales ?
Afficher un profond mépris pour les journalistes et leurs questions “idiotes”, telle est également la stratégie du chef d’Etat zimbabwéen. Au sommet de l’Union africaine au Caire en 2010, le service de sécurité de Robert Mugabe malmène un journaliste britannique qui lui avait demandé sur quelles bases il se considérait président. Protestant contre la réaction musclée des gardes du corps, le journaliste se défend : « Vous n’allez pas me battre devant les caméras? » « Alors arrêtez de poser des questions stupides! Vous êtes un idiot», lui rétorque le président ulcéré. De même, en avril 2015, quand Robert Mugabe balaye de la main les questions d’un journaliste déclarant d’un air agacé : « Je n’ai pas envie de voir une tête de blanc ». Si le président n’aime pas voir les journalistes “effrontés”, il n’aime pas non plus s’exposer devant eux. En février 2015, ses services de sécurité ont contraint plusieurs journalistes à effacer les photos qu’ils avaient prises d’une chute du président zimbabwéen à la sortie de l’aéroport d’Harare. Quand on essaie de donner l’image d’un président indestructible à plus de 90 ans, les regards extérieur dérangent.
Asie

Le 25 mars dernier, lors d’une conférence de presse, le Premier ministre, le général Prayut Chan-o-cha, répond à une question sur les mesures qu’il envisage face aux journalistes qui ne suivent pas la ‘ligne officielle’ : “Nous les exécuterons probablement », affirme-t-il sur un ton sans équivoque.

A l’encontre de ceux qui n’adhèrent pas à sa politique et se prémunissent du droit fondamental de la critiquer, Prayut Chan-o-cha conduit une répression tous azimuts. Depuis l’instauration de la loi martiale en mai 2014, le Premier ministre muselle journalistes, médias, blogueurs jugés trop critiques à son égard et à celui de la junte. Au cours des dernières semaines, la surenchère d’interventions publiques toujours plus hostiles les unes que les autres à l’égard de la presse a révélé au monde entier le mépris total du Premier ministre pour la liberté de l’information et ses défenseurs, qu’il considère comme une menace contre le pays.
Pour Prayut Chan-o-cha, les journalistes ne doivent pas exercer leur rôle de contre-pouvoir. Au contraire, ces derniers doivent “jouer un rôle important en soutenant les actions du gouvernement, entraînant de manière concrète une compréhension des politiques de ce dernier par le public, et ainsi réduire les conflits dans la société “. Une belle leçon de journalisme assénée lors de la “journée des journalistes” (Journalists’ Day) en Thaïlande.

Désigner le journaliste comme un ennemi mal intentionné, telle est la stratégie du Premier ministre vietnamien qui n’hésite pas à qualifier les révélations de corruption de cadres du parti, de “stratagèmes infâmes par des forces hostiles”. Avec pas moins de 27 journalistes-citoyens et blogueurs emprisonnés au Vietnam, lorsque Nguyen Tan Dung menace les blogueurs critiques du gouvernement de « punitions sévères », l’effet dissuasif est assuré. Pour la seule année 2012, les autorités vietnamiennes ont poursuivi pas moins de 48 blogueurs et défenseurs des droits de l’homme et distribué un total de 166 années d’emprisonnement et de 63 années de période probatoire.
En Chine, il est extrêmement rare que le président s’exprime sur la liberté de la presse.  Aussi a-t-il fallu attendre novembre 2014 et une conférence de presse commune avec son homologue américain Barack Obama, pour que Xi Jinping s’exprime à ce sujet. La question gênante n’est bien entendu pas venue d’un journaliste chinois, mais a été posée par un journaliste du New York Times, peu après la publication d’une enquête en 2012 sur la richesse de la famille du Premier ministre d’alors, Wen Jiabao. “Le gouvernement chinois va-t-il enfin autoriser les journalistes étrangers à travailler sur le territoire chinois ?”  “La solution est à chercher par ceux qui ont causé ces problèmes”, répond le président chinois. Ces accusations à l’encontre de la presse étrangère par le président chinois n’ont hélas pas rencontré la condamnation de la communauté internationale qu’on était en droit d’attendre. Selon l’enquête du Club des correspondants étrangers de Chine, près d’un journaliste sur 10 a été menacé de non renouvellement de son visa à cause de ses publications. Le New York Times, pour sa part, n’a jamais pu renouveler ses postes de correspondant, Pékin refusant systématiquement d’accorder le sésame à ses journalistes.

En Birmanie, quand le président Thein Sein lance un avertissement général aux médias lors d’une intervention radiophonique, ce ne sont pas des paroles en l’air : “Si la liberté des médias menace la sécurité nationale au lieu d’aider la Nation, soyez prévenus, nous prendrons des mesures effectives en vertu des lois existantes”. Depuis 2014, le pays compte sept journalistes emprisonnés. Se substituant au conseil de la presse, les autorités se sont érigées en garantes de l’éthique journalistique et punissent sévèrement les médias qu’elles prennent en flagrant délit de “faute professionnelle”.

Sécurité nationale, menaces des intérêts de l’Etat ou encore sédition sont les cartes maîtres des chefs d’Etat en manque de prétexte. Invoquant le Sedition Act, une loi répressive récemment renforcée par les autorités, le Premier ministre malaisien, Najib Razak, ordonne régulièrement des procédures judiciaires à l’encontre de journalistes et de blogueurs, critiques du pouvoir, à l’instar du caricaturiste Zunar. Najib n’hésite pas non plus à menacer directement et publiquement les médias de poursuite en justice. A l’entendre, il serait prêt à recevoir des « critiques constructives » de la part des journalistes. Mais lorsque ceux-ci dénoncent des abus de pouvoir, le Premier ministre préfère ordonner des raids policiers qui visent à censurer et dissuader les médias de continuer à vouloir couvrir de manière libre la vie politique malaisienne.

Iran et Moyen-Orient

Détentions abusives, condamnations arbitraires, torture, disparitions forcées… Les chefs d’Etat au Moyen-Orient recourent généralement à d’autres moyens que les attaques verbales directes envers les journalistes quand il s’agit d’exprimer leur mépris pour le monde de la presse.

Ainsi, les journalistes sont souvent condamnés dans cette région pour “diffusion de fausses informations nuisibles à la sécurité de l’Etat”, “soutien ou apologie du terrorisme”, ou encore pour “trouble à l’ordre public”. Ils sont nombreux à être considérés comme des espions, des menteurs ou juste des incompétents, mais rares sont les chefs d’Etat qui ont tenus de telles accusations publiques.

La plupart des chefs d’Etat de la région filtrent la presse qui les approche et accordent peu d’interviews : c’est le cas du président syrien Bachar al-Assad difficilement accessible depuis la crise syrienne. La Syrie reste pourtant le pays le plus meurtrier pour les journalistes. C’est également le cas du président algérien Bouteflika qui ne s’expose aux médias qu’au compte-gouttes depuis la détérioration de sa santé.
En Iran, depuis son accession au pouvoir en 1989, le Guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, n’a jamais accordé d’interview ni de conférence de presse. En 2000, il avait qualifé la presse réformatrice, émergeante depuis 1997 et l’élection du président Khatami, de “base opérationnelle des ennemis étrangers à l’intérieur du pays.” Des propos accompagnés d’un ordre de rafler journalistes et médias. Depuis cette date, au moins 300 de ces médias désignés comme “ennemis étrangers à l’intérieur du pays” ont été fermés, des milliers de pages de sites d’information censurées, et plus de 500 journalistes et net-citoyens ont été arbitrairement arrêtés, torturés et condamnés à de très lourdes peines. D’autres, très nombreux, ont été contraints de fuir leur pays. Cette répression frappe désormais les nouveaux médias et les chaînes satellitaires diffusant en Iran depuis l’étranger. L’Iran est aujourd’hui l’une des plus grandes prisons du monde pour les journalistes, tout comme l’Egypte où le président Sissi accuse les journalistes qui ne suivent pas la ligne du régime d’être des “terroristes”. Mais pas besoin de le clamer haut et fort ; aux insultes, le régime préfère l’emprisonnement.

Quant aux monarques du Golfe, ils s’adressent eux aussi rarement à la presse nationale et ne tiennent pas publiquement de propos offensants envers des journalistes, étant très soigneux de leur image à l’international. Les médias indépendants et critiques sont de toute façon peu tolérés dans ces pays où la censure et l’autocensure prédominent. Le seul espace de liberté d’expression et d’information n’existe que sur la Toile, et encore.
RSF
Contact presse: Anne-Charlotte Chéron / presse@rsf.org /  01 44 83 84 56 / 07 82 37 23 12

 

 

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