Alpha Condé hué et pourchassé dans les rues de Paris par des manifestants

Comme annoncé, la société civile guinéenne basée à Paris a réservé un accueil très mouvementé à Alpha Condé ce mercredi 22 avril. A l’occasion de la rencontre entre le président français François Hollande et Alpha Condé, les activistes des droits de l’Homme s’y sont invités à leur manière.

A 17h, les gens ont commencé à affluer sur les abords du palais de l’Elysée. Plus de 100 personnes ont répondu au rendez-vous malgré qu’il soit aux heures de travail. Ils ont trouvé sur place un important dispositif sécuritaire. Toutes les rues adjacentes du palais sont bouclées. Des policiers en tenue et en civil sont parsemés dans tout le quartier. Ils filtrent les passants.

Les policiers tentent en vain de disperser les Guinéens en leur rappelant qu’ils n’ont pas l’autorisation de se rassembler sur les lieux. «Dispersez-vous sinon on va vous arrêter tous!» menace un policier nerveux. Rien à faire, les Guinéens ne se laissent pas intimider. La police renforce encore son dispositif au tour de l’attroupement des Guinéens qui comprennent très vite qu’il faut ruser pour semer les forces de l’ordre. Une concertation est vite faite et une décision d’aller à l’hôtel d’Alpha Condé est prise.

Le jeu de cache-cache

Le jeu du chat et de la souris peut commencer dans les quartiers de Paris. Les Guinéens se dispersent et font croire qu’ils rentrent chez eux. Le point de ralliement est fixé devant l’hôtel d’Alpha Condé sur l’avenue Kleber.

Sur leur chemin, certains aperçoivent la voiture de l’Ambassade de Guinée à Paris, une Citroën. Alpha Condé est assis à l’arrière. La voiture est en train de descendre l’avenue des Champs Elysée. Ils tentent de la rattraper. Mais, il est trop tard.

C’était sans compter avec la détermination et la ruse des Guinéens. Deux jeunes étaient postés sur une intersection de rues. Comme par magie, la voiture d’Alpha Condé s’immobilise devant un feu rouge. Eh oui!, Alpha Condé n’est pas à Conakry. Comme tous les automobilistes, sa voiture s’arrête si les feux sont au rouge. Que ça plaise ou non à ses groupies! Conakry n’est pas Paris et vice-versa!

Les deux jeunes foncent vers la voiture en scandant «A bas Alpha Condé ! A bas la dictature!» D’un geste brusque et rapide, des policiers s’interposent entre les jeunes et la voiture. Les jeunes sont retenus et éloignés. Un incident diplomatique est évité de justesse. N’eût été la promptitude des policiers, les jeunes auraient ouvert la portière et trainé Alpha Condé sur les pavés de la célèbre avenue. Les touristes et les passants sont interloqués par la scène qu’ils viennent de voir.

Campement devant l’hôtel

Les activistes des droits de l’homme ne désarment pas. Ils se retrouvent au point de ralliement et décident de camper jusqu’au retour d’Alpha Condé. Ils scandent des slogans « Alpha Condé, dictateur! Alpha Condé Ethno!» Tout le voisinage est alerté. Incrédules, les salariés de l’hôtel arrêtent leur travail et sortent pour observer le vacarme. Des curieux posent des questions sur les motivations de la manifestation. On leur explique qu’Alpha Condé est le dictateur qui n’a pas voulu combattre l’épidémie d’Ebola et il vient se pavaner à Paris dans des grands hôtels de luxe alors que son peuple nage dans la misère. Sensibilisés, les badauds approuvent les manifestants et les encouragent.

Au bout d’une demi-heure de manifestation, cinq fourgons de gendarmerie arrivent sur les lieux. Les gendarmes sont dotés d’un impressionnant arsenal : casques, gilets pare-balles, protèges pour les parties sensibles du corps, boucliers, matraques, gaz lacrymogène, mégaphones,… Les forces de l’ordre se déploient devant l’hôtel et font face aux Guinéens qui scandent de plus en plus fort des slogans contre Alpha Condé.

Le tintamarre devenant davantage inconfortable, les gendarmes et les manifestants engagent des pourparlers pour arrêter la manifestation. D’un commun accord et satisfaits du devoir accompli, les manifestants décident de mettre un terme à leur protestation et se dispersent dans le calme, sans violence, ni heurts, sans aucune interpellation.

La mobilisation était d’une grande réussite. L’objectif, qui était d’alerter les opinions française et internationale, était largement atteint. La mobilisation contre la dictature d’Alpha Condé ne fait que commencer. Elle va continuer jusqu’à la victoire finale…

Guinee360.com

 

 

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