Alliance UFDG-FPDD: Regards croisés sur un duo

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Photo cellou Dalein et Dadis Camara

C’est une affaire qui fait les choux gras de la presse. La possible alliance à but électoral, certes, entre l’UFDG et FPDD est diversement interprétée par la classe politique depuis l’annonce, via un communiqué, le rapprochement des partis de Cellou Dalein et de Moussa Dadis Camara. Opposition et mouvance, chacune y va de son commentaire et interprète à sa façon.

Les plus sceptiques et les plus durs parlent de « l’alliance avec le diable », allusion faite à l’ex-chef de la junte Dadis soupçonné d’être l’un des commanditaires des événements douloureux du 28 septembre 2009 où plus de 150 manifestants avaient péri sous les balles des forces de l’ordre.

Par contre d’autres y voient la promotion du pardon, de la réconciliation et de l’unité nationale. Avec bien entendu qu’  »on peut pardonner mais jamais oublier ».

A ce sujet, l’un des principaux concernés, Cellou Dalein a déclaré lors de sa rencontre avec Dadis: « nous avons décidé de nouer une alliance politique. Nous avons constaté qu’il y avait une convergence de vue par rapport à un certain nombre de préoccupations ».

S’agissant des atrocités commises sur ses partisans, il répond sans ambages: « ce dossier du 28 septembre est à la justice. je souhaite que la justice soit faite et qu’il y ait la manifestation de la vérité et que ceux qui sont responsables de ce massacre répondent. Moi, j’ai besoin d’avoir naturellement des alliances avec tous les partis politiques qui le souhaitent ».

Répondant à la question d’un confrère de la RFI qualifiant ce rapprochement d »‘Alliance avec le diable », le chef de file de l’opposition affirme que « non! l’alliance, c’est entre un parti politique et un autre ».

Du côté de FPDD de Moussa Dadis Camara c’est « un signe de respect » que le leader de l’UFDG vient de faire montre à leur égard. Pour Maxime Manimou, le chargé de communication de ce parti, les deux personnalités ont une convergence de vue politique, économique et sécuritaire commune. C’est pour cela, explique-t-il, le parti FPDD se réjouit de cette alliance qui sera soigneusement étudiée par les états-majors des deux partis politiques.

Le numéro deux de l’UFDG affiche un optimisme prudent. « En ce qui me concerne, j’aurais préféré que tout cela se fasse dans une totale discrétion pour en assurer la réussite », déclare-t-il dans un entretien accordé à guineenews. « Une trop grande publicité avant terme nuira à la cause qui est recherchée. Comme l’écrivait Alfred de Musset « Il est certains actes que l’on n’est maître, ni de choisir ni d’accepter . Ils sont le produit des faits », prévient Bah Oury.

Avant d’ajouter: « la grande majorité souhaite que l’UFDG puisse nouer des alliances solides avec des formations politiques implantées dans le pays. De ce point de vue, elle salue le rapprochement avec le FPDD qui dispose d’un soutien réel dans la région de Nzérékoré. Ceci est d’autant plus important que le RPG considère cette zone comme sa chasse-gardée. En 2010 , Alpha CONDE avait promis « de leur ramener leur fils (Dadis) lorsqu’il sera élu ,Président ».

Bah Oury rappelle que: « cinq ans après [l’arrivée d’Alpha Condé], cette région [la forêt] a été la plus réprimée avec une rare barbarie . Zogota, Galapaye, Womé, Diécké et les tueries de juillet 2013 attestent qu’elle est la poudrière du pays si l’on ne prend pas garde. La population est excédée par cette violence d’État et réclame justice et réparation. Le devoir de l’UFDG est de se rapprocher de cette base pour bâtir un socle solide de confiance et de solidarité. En politique , il faut distinguer la contradiction principale de la contraction secondaire ».

La mouvance présidentielle n’est pas du même avis. Le président du groupe parlementaire du rpg-arc-en-ciel pense que l’alliance de l’UFDG et de FPDD est « la mort dans l’âme de Cellou Dalein ». Il estime que les militants victimes de la sauvage répression du 28 septembre 2009 ne pardonneront pas Cellou Dalein de s’être allié avec Dadis Camara, président à l’époque de la commission des faits.

Par ailleurs, du côté de l’Union des forces républicaines (UFR), cette alliance est perçue comme « un non-événement ». Tandis que le désormais opposant historique, Jean-Marie Doré, pense que cette alliance est « normale ».

Amadou Kendessa Diallo
664 24 54 78
E-mail: kenssa2@gmail.com

 

 

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