AFFAIRE UBA : des guinéens qui n’ont ni volé ni détourné croupissent en prison

C’est une histoire à couper le souffle. Sept travailleurs guinéens de la banque UBA (United Bank for Arica) croupissent en prison à la maison centrale depuis plus de huit mois sans aucun jugement. Selon les résultats de notre enquête, le péché mignon qu’ils ont commis c’est d’avoir appliqué une politique instaurée par la direction générale dans l’optique de l’atteinte des objectifs de rentabilité de la banque.

Dans cette politique incitative de mobilisation des dépôts et accroissement de revenus figure les paiements hors-caisse, une opération, d’ailleurs courante à UBA, accordés aux clients à forte potentialité en matière de dépôts, de transfert et relations commerciales (exploitation de la value Chain).

A l’installation d’UBA en Guinée en 2010, il se trouvait que toutes les banques du pays offraient les mêmes produits et services. D’où la mise en place de cette nouvelle politique qui a permis à la banque d’être jusqu’ à nos jours dans le Top 5 des établissements bancaires du pays.

Pour preuve, en 2015, UBA Kaloum a été classée meilleure en terme de dépôt sur les dix neuf (19) filiales du groupe. Ce qui lui a valu une prime de dix mille dollars US (10 000$).

Une précision importante : deux catégories de clients bénéficient de ces dépôts hors-caisse. Il s’agit des employés de la banque (clients internes) et des opérateurs économiques (clients externes).

Selon des informations de sources concordantes, le Directeur Général de la banque UBA en personne et d’autres membres du comité de direction s’étaient impliqués personnellement en accordant des paiements hors-caisse à des clients Start up dans certaines agences dont celle de Kipé à hauteur de soixante dix milliards de francs guinéens (70 000 000 000 GNF). Des clients dont on pourrait divulguer les identités les jours à venir.

Et pire, nous apprenons que des responsables de la banque UBA ont, au cours de l’enquête préliminaire qui a duré plus d’un mois, instruit à ces sept (7) employés actuellement sous les verrous, de ne jamais révéler les bons chiffres aux agents de la DPJ au risque de payer 10% sur les montants recouvrés et surtout d’orienter tous les recouvrements à la Banque.

Ces sept (7) travailleurs incriminés (2 responsables des opérations, 3 chefs de caisse, 1 chef d’agence et 1 agent commercial) et certains clients bénéficiaires de ces paiements hors-caisse ont été entendus ainsi que d’autres employés qui ont effectué la même opération.

Parallèlement un cabinet de recouvrement a diligenté la procédure de déferrement du dossier au tribunal de première instance de Kaloum. Là, le travail est confié au cabinet du doyen des juges d’instruction, Djeila BARRY qui a décidé de mettre les présumés sous mandat de dépôt, le 21 Décembre 2016.

En janvier 2017, les premières auditions du groupe des 7 ainsi que certains clients impliqués ont été faites par le cabinet de Djeila BARRY. Au cours d’une visite rendue à ses travailleurs emprisonnés, c’était dans la deuxième quinzaine du mois de février, le directeur général de la banque UBA, Frank Etienne Jonathan GOORE, n’a pas manqué de souligner que les fonds de la banque, dont il s’agit, n’ont pas été détournés. Ajoutant que l’argent devrait être recouvré au près des clients. Raison pour laquelle il (le DG) souhaitait la contribution des sept pensionnaires sans jugement de la maison centrale.

Nous apprenons également que le cabinet du juge d’instruction était parvenu à la conclusion selon laquelle « Les fonds n’ont pas été détournés comme le prétend la banque ».

Alors pourquoi les sept (7) travailleurs restent emprisonnés depuis le 21 Décembre 2016 pendant que d’autres employés de la même banque ayant posé le même acte continuent à travailler ? Pourquoi le procureur de la république près le Tribunal de première Instance de Kaloum refuserait de mettre les prévenus sous contrôle judiciaire, à la demande bien sûr de leur avocat, en attendant qu’un procès soit organisé? Y a –t-il complicité dans ce dossier entre le juge d’instruction et le procureur ?

Aux dernières nouvelles, nous apprenons de source sure, que la détention de ces sept employés est un écran pour masquer la forfaiture des responsables de la Direction Générale en ce qui concerne la saignée financière dont UBA, la Banque de l’Unité Africaine (United Bank for Arica)est victime ces derniers temps.

Neuf (9) mois de prison ferme sans jugement pour une affaire présumée de détournement de fonds, qui n’en est pas une, pour des travailleurs guinéens qui n’ont fait qu’appliquer une politique de leur entreprise relève d’un cauchemar juridique dans un pays où on fait planer des reformes dans le secteur concerné.

Désormais les prisonniers, leurs familles et avocat ont des yeux rivés vers le premier magistrat du pays, le Président de la République et son ministre de la justice qui, disent-ils, devraient intervenir dans ce dossier de la banque UBA avant qu’il ne fasse tard, compte tenu de l’état de santé de certains dans le groupe.

Affaire à suivre !

Lincoln 624901737

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