Le procès de l’affaire du présumé viol collectif de Djoma-Balandougou, dans la préfecture de Mandiana, est entré dans une phase décisive avec l’audition de Moussa Condé devant le tribunal de première instance de Mandiana. Face à la juridiction, le prévenu a reconnu avoir participé aux faits qui lui sont reprochés, tout en niant toute implication dans la diffusion de la vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Entre aveux, accusations contre son coaccusé et demandes de pardon, son audition a constitué l’un des temps forts de cette première audience.
À la barre, Moussa Condé a retracé sa version des événements. Selon lui, tout aurait commencé après une partie de football entre jeunes du village.
« Nous jouions au ballon lorsque Kallou et Fadima sont venus me demander de les accompagner avec une moto. Il était question de lui apprendre à conduire. Sur le chemin du retour, Kallou a quitté la route pour se rendre dans la brousse. Je lui ai demandé pourquoi il allait là-bas. Il m’a dit de ne pas m’en mêler. Ensuite, il a déclaré à Fadima qu’elle ne repartirait qu’après avoir eu une relation sexuelle avec lui. Puis il m’a remis son téléphone pour que je filme la scène », a-t-il expliqué au président du tribunal.
« Après avoir filmé, il m’a demandé de toucher Fadima et je l’ai fait. Je lui ai demandé d’effacer la vidéo, mais il ne l’a jamais fait. Je ne sais pas qui l’a publiée. La vidéo était dans son téléphone. Peut-être qu’elle a été récupérée le jour du décès de son père, lorsque d’autres personnes ont utilisé son appareil », a-t-il déclaré.
Interrogé sur les circonstances ayant suivi les faits, Moussa Condé a soutenu que son coaccusé aurait intimidé la victime pour l’empêcher de dénoncer ce qui s’était passé.
« Kallou lui a dit de ne pas le trahir et que, si elle parlait, elle le regretterait lorsqu’il remettrait la main sur elle. Je ne voulais pas toucher Fadima, mais il m’a forcé. Elle m’a demandé de ne pas le faire. Je reconnais que ce que nous avons fait est grave. Je demande pardon », a-t-il affirmé devant le tribunal.
Par ces déclarations, Moussa Condé reconnaît sa participation aux faits poursuivis, tout en tentant de dissocier sa responsabilité de celle liée à la diffusion de la vidéo, élément qui a largement contribué à l’émoi suscité par cette affaire. Il soutient également avoir agi sous l’influence et la pression de son coaccusé.
Toutefois, ces déclarations ne constituent que la version du prévenu. Elles devront être confrontées aux autres témoignages, aux conclusions de l’enquête judiciaire, aux éventuelles expertises techniques ainsi qu’aux réquisitions du ministère public avant que le tribunal ne se prononce sur les responsabilités pénales des personnes poursuivies.
L’affaire, qui continue de susciter une vive émotion en Guinée, se poursuit devant le tribunal de première instance de Mandiana.
