Les démocrates ont signé une victoire sans appel mardi avec une majorité acquise aux deux chambres du Congrès américain lors d’élections de mi-mandat qui ont tourné au désastre pour Donald Trump et les républicains.
« Je suis super enthousiaste à l’idée que le changement arrive », a lancé Tracie Moore, une cheffe d’entreprise quinquagénaire rencontrée par l’AFP à Atlanta, en Géorgie.
Le président républicain a dit au New York Times qu’il accepterait le résultat des élections, après avoir lancé des accusations de fraude électorale en amont du scrutin.
La déroute électorale des républicains a été alimentée en grande partie par le mécontentement des électeurs face au coût de la vie.
Donald Trump, refusant d’endosser la responsabilité de la défaite, a assuré sur sa plateforme Truth Social que les républicains auraient gagné s’il avait été lui-même « sur le bulletin ». Il avait pourtant demandé meeting après meeting à ses partisans de faire comme s’il y figurait.
Le milliardaire républicain avait jeté toutes ses forces ces dernières semaines dans cette bataille âpre, prédisant des conséquences apocalyptiques en cas de victoire démocrate.
– « Corruption sans précédent » –
Le premier coup de tonnerre de la soirée est venu de Caroline du Sud (sud-est), où la démocrate Annie Andrews a ravi le siège de sénatrice à Darline Graham, choisie personnellement par Donald Trump comme candidate après la mort de son frère Lindsey Graham en juillet.
Au Texas, James Talarico deviendra le premier sénateur démocrate élu dans ce bastion conservateur depuis 1992. Encore plus surprenant, la démocrate Gina Hinojosa a été élue gouverneure face au sortant et favori Greg Abbott.
Les démocrates ont aussi réussi à faire basculer des sièges de sénateur en Caroline du Nord, en Iowa, ou encore en Ohio, tous largement remportés par Donald Trump en 2024.
Le Kansas qui n’avait pas élu de sénateur démocrate depuis 1932, a enregistré la victoire d’Adam Hamilton.
Parmi les seules consolations pour Donald Trump, les candidats républicains dans son bastion de Floride ont gardé les sièges de sénateur et de gouverneur.
L’opposition au président républicain tablait sur la hausse du coût de la vie, aggravée par une guerre impopulaire contre l’Iran, mais aussi la question de la corruption, pour pousser les Américains à désavouer les républicains lors de ces « midterms », traditionnellement défavorables au parti qui tient la Maison Blanche.
– « Demander des comptes » –
Le chef des démocrates à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, s’est engagé mardi à utiliser la majorité dont il va disposer pour poursuivre les responsables politiques coupables, selon lui, de « corruption sans précédent ».
« Nous allons demander des comptes », a déclaré face à ses partisans celui qui devrait devenir le premier président afro-américain de la chambre basse du Congrès.
Dans le Maine (nord-est), au moment de voter démocrate, Tom Walsh, 59 ans, avait expliqué à l’AFP vouloir en finir avec « deux ans de cauchemar ».
« Le loyer, les courses, les factures, et les impôts fonciers continuent de grimper », a déclaré ce Californien sans emploi de 24 ans.
Donald Trump, qui regarde les résultats mardi soir depuis la Maison Blanche, a prévenu qu’en cas de défaite républicaine, il mettrait « son veto à tout ».
Dans les contrées arctiques de l’Alaska, Gabriel Layman estime que les États-Unis « ont pris une mauvaise direction ».
« Je pense qu’il est important de mettre le holà » sur les républicains au pouvoir, ajoute cet écrivain de 24 ans qui se décrit comme indépendant, mais a voté démocrate.
AFP





Réagir