Procès des journalistes : La défense menace de « récuser » le président du tribunal

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Le procès des journalistes guinéens poursuivis pour « escroquerie » par une société industrielle de la place s’est poursuivit ce mardi, 19 avril, au Tribunal de Première Instance de Mafanco. Suite au refus du tribunal d’accéder à sa demande de faire comparaitre le directeur général de la Sobragui, la défense menace de « récuser » le président faute de « neutralité et d’impartialité ».
Selon nos confrères de kibanyiguinee, Le procès des trois journalistes a repris ce mardi par la comparution du directeur commercial de la Sobragui. A la barre, M.Sagno a relaté au tribunal les circonstances dans lesquelles il a reçu les journalistes à son bureau. Il expliquera avoir eu deux rencontres avec les journalistes, le 30 et le 31 mars dernier. Pendant ces rencontres, les discussions ont essentiellement porté sur la qualité d’un de leur produit. La guiluxe, sur lequel les journalistes ont mené des investigations.
A la question de la défense, de savoir qui a émis l’idée de facture, le directeur commercial dira que ça ne vient pas de lui mais de sa hiérarchie. Suite à cette réponse, les avocats de la défense ont demandé la comparution du directeur général. La demande est aussitôt rejetée par le président du tribunal, sans outre mesure.
Ce rejet du tribunal a mis le pool des avocats de la défense piloté par Me Abass Bangoura dans tous ses états. Il n’a pas manqué de le faire savoir au sortir du procès à la presse. « Le directeur commercial a reçu de son directeur (supérieur) de recevoir les journalistes qui étaient venus faire des recoupements. Ces derniers lui ont posé quatre questions, auxquelles il a répondu », entame-t-il son réquisitoire contre le tribunal. Il dira qu’à la question de savoir, « l’idée de facture est venue de qui ? », posée lors de l’audience au directeur commercial, ce dernier a clairement répondu que « ça ne vient pas de lui mais de son hiérarchie, c’est-à-dire, son directeur ». C’est pour cela, précise-t-il, la défense a demandé la comparution du directeur. « C’est eux (les gens de la sobragui) qui ont fait la proposition (de facture) à nos clients », insiste-t-il.
Il estime ainsi que ses clients sont poursuivis pour une « infraction » qu’ils n’ont jamais commise. « Il n’y a pas eu de fausse identité encore moins de manœuvre, donc on ne peut pas parler d’escroquerie encore moins de chantage… », argue l’avocat.
Poursuivant, il dira que la défense ne participera pas à un procès pour « accompagner nos clients à l’abattoir ». Selon lui, il faut que « le principe de contradiction soit respecté » et c’est pourquoi, la défense « demande la comparution du directeur (général) ».
Me Abass Bangoura insistera sur le fait que cela permet de savoir, de qui vient « l’initiative du rapport et de la facture ». Et si c’est le directeur, pourquoi ne comparait-il pas ? Est-il protégé ?
L’autre question à laquelle le directeur doit répondre, est de savoir « entre la plainte et la facture, qui a précédé l’autre ». Mais pour Me Bangoura, tout cela n’est qu’une manigance de la Sobragui ». Il révélera que, « lors de l’avant dernière audience, le procureur (…) a dit qu’il suivait ce dossier ».
Eu égard à cette situation, le pool d’avocats de la défense n’exclut pas de « récuser » le président du tribunal pour faute de « neutralité et d’impartialité ». Nous y reviendrons.

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