Présidentielle au Liberia : les favoris pour succéder à Ellen Johnson Sirleaf

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Plus de deux millions de Libériens votent mardi 10 octobre pour désigner le successeur d’Ellen Johnson Sirleaf, première femme élue chef d’État en Afrique. Parmi les 20 candidats sur la ligne de départ, sept se détachent. Tour d’horizon.

Qui succédera à Ellen Johnson Sirleaf, à la tête du Liberia depuis 12 ans et première femme à présider aux destinées d’un État africain depuis les indépendances ? Vingt candidats sont en lice pour cette élection présidentielle devant enraciner la démocratie dans un pays encore meurtri par la guerre civile.

Les résultats du premier tour devraient être connus dans les 48 heures après le vote, selon la commission électorale qui s’attend à un second tour, à moins qu’un candidat n’obtienne la majorité absolue dès le premier. Une hypothèse peu problable avec ce casting haut en couleur, mêlant ex-star du football, ancien chef de guerre, dinosaures politiques, milliardaires et reine de beauté. Tour d’horizon des sept favoris.


« Mister » George, le Ballon d’Or

À 51 ans, George Weah, ancien attaquant vedette du PSG et du Milan AC, reste le Libérien le plus connu à l’étranger, 15 ans après avoir raccroché les crampons. Seul Africain à avoir remporté le Ballon d’or (1995), Weah était largement absent du pays pendant la guerre civile.

Candidat pour la troisième fois, « Mister George » assure avoir « gagné en expérience » après avoir fondé son propre parti en 2004 et été élu sénateur en 2014 face à un fils d’Ellen Johnson Sirleaf Sirleaf. Il a choisi comme colistière Jewel Howard-Taylor, l’ex-épouse de l’ancien chef de guerre et président Charles Taylor (1997-2003), une sénatrice respectée et l’une des rares femmes d’influence du pays.

Boakai, l’héritier

Actuel vice-président, Joseph Boakai, 72 ans, se présente comme l’héritier naturel d’Ellen Johnson Sirleaf. Issu, comme George Weah, de la population « autochtone », et non de l’élite « américano-libérienne » descendante d’esclaves affranchis qui domine le pays depuis sa création, il se décrit comme un homme ordinaire ayant réussi à s’extraire d’une condition modeste. Aux électeurs qui pourraient vouloir lui faire payer les difficultés économiques, il promet une meilleure gestion des ressources pour lutter contre la pauvreté.

Brumskine, vétéran politique

Avocat de renom, Charles Brumskine, 66 ans, est un vétéran de la politique : ministre du Travail sous William Tolbert (1971-1980) puis président du Sénat sous Charles Taylor en tant que membre de son parti, avant de se brouiller avec lui. Il était arrivé en troisième position à l’élection présidentielle de 2005 et en quatrième position en 2011.

Prince Johnson, l’ex-chef de guerre

L’ex-chef de milice Prince Johnson, 65 ans, aujourd’hui sénateur, tristement célèbre pour une vidéo le montrant en train de siroter une bière pendant que ses hommes torturaient à mort le président Samuel Doe en 1990, est arrivé troisième de la course en 2011. Celui qui est devenu prédicateur évangélique bénéficie d’un fort soutien dans son fief de la province de Nimba (nord), mais peine à élargir sa base électorale.

Urey, l’entrepreneur mobile

Magnat des télécoms, Benoni Urey, 60 ans, n’a jamais occupé de fonction élective, mais dirigeait le Bureau des Affaires maritimes sous Charles Taylor. L’homme d’affaires mise sur son expérience d’entrepreneur : il a fondé le plus important opérateur de téléphonie mobile du Liberia, Lonestar. Il dit vouloir mettre fin à la dépendance à l’aide internationale en stimulant le secteur agricole, dans un pays qui importe l’essentiel de son alimentation malgré de vastes terres fertiles encore inexploitées.

Cummings, le dirigeant de multinationale

À 60 ans, Alexander Cummings, ancien dirigeant de Coca-Cola pour l’Afrique, est un nouveau venu en politique. Il a passé l’essentiel de sa vie professionnelle à l’étranger, aux États-Unis et au Nigeria pour le compte de la firme, dont il est devenu vice-président exécutif, avant de prendre sa retraite l’an dernier pour se concentrer sur sa carrière politique. Considéré comme un outsider, il se targue d’avoir rigoureusement « géré des budgets bien plus importants » que celui du Liberia et promet de s’attaquer à la corruption et à la bureaucratie.

MacDella Cooper, la seule candidate

L’unique femme à briguer la présidence est un ancien mannequin de 40 ans, MacDella Cooper, aujourd’hui à la tête d’une fondation d’aide aux enfants orphelins, qui a passé son enfance en Côte d’Ivoire et aux États-Unis. Novice en politique, elle s’est démarquée pendant la campagne en se déclarant favorable au mariage homosexuel, une prise de position risquée dans ce pays d’Afrique de l’Ouest aux traditions conservatrices en matière de droits des minorités sexuelles et des femmes.

Avec AFP

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