Pourquoi Fatou Badiar et Cie n’ont pas été graciés?

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Fatou Badiar et AOB
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Guinée, le président de la République a accordé le samedi 31 Décembre 2016 une remise de peine à 120 détenus, principalement de droit commun. Les proches de Mme Fatou Badiar et du commandant Alpha Oumar Boffa Diallo dit AOB ont sans doute été très déçus de ne pas voir figurer ces deux « célèbres » détenus dans ce lot de prisonniers graciés.

D’autant que le sort n’a jamais cessé d’alimenter la chronique, depuis leur condamnation dans le procès qui a suivi l’attaque de la résidence privée du président.
Dans le décret pris par le chef de l’État, les bénéficiaires de cette grâce présidentielle étaient détenus dans des prisons reparties à travers tout le pays. Il s’agit de prisonniers condamnés généralement à des peines en dessous de 3 ans pour des cas de vol, et non de grands criminels.
C’est désormais devenu une tradition pour le chef de l’État guinéen, d’accorder une remise de peine à des détenus tous les 31 Décembre. Comme pour cette fin d’année avec la libération de ces 120 personnes qui ont regagné leurs familles dans la joie.
À noter que le ministre guinéen de la Justice et garde des sceaux, Me Cheick Sako avait annoncé cette remise de peine, il y a une dizaine de jours, à la faveur d’une intervention dans la presse. À partir de cette révélation, certains observateurs s’attendaient à ce que Fatou Badiar et le commandant AOB fassent partie du lot des bénéficiaires de ce geste présidentiel. Mais tel ne fut le cas, à la grande déception des familles de ces détenus, condamnés respectivement à « 15 ans de réclusion criminelle » et « à la réclusion criminelle à perpétuité ».
La même déception est palpable chez certains défenseurs des droits humains dont le président de l’INIDH, Mamady Kaba, qui a demandé récemment au chef de l’État de libérer Fatou Badiar et le commandant AOB. C’était dans une déclaration dans laquelle Mamady Kaba avait déploré que M. Bah Oury, vice-président de l’UFDG soit lui libre de tout mouvement, alors qu’il figure bel et bien sur la liste des mis en cause dans cette affaire d’atteinte à la sûreté de l’État. Kaba y a vu du deux poids deux mesures.
Pour certains observateurs le chef de l’État qui serait du genre à ne pas aimer qu’on lui impose des directives à suivre dans sa gouvernance, aurait mal pris cette sortie du président de l’INIDH.
Il y a aussi le fait que même Bah Oury, bien que libre de ses mouvements, n’a encore pas bénéficié de l’amnistie censée lever l’épouvantail de la justice sur sa tête. Ce qui veut dire qu’à la moindre incartade, il pourrait se retrouver derrière les 4 murs.
Pour ce qui est du cas de Fatou Badiar et de AOB, il revient au président de la République de leur accorder sa grâce, quand il jugera le moment plus opportun.
Mamady Kéita,  Le Démocrate

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