Massacre du 28 septembre 2009, sept ans après : Mouctar Diallo tape du poing sur la table

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Massacre du 28 septembre 2009 Mouctar Diallo, Cellou Dalein, Aboubacar sylla
Massacre du 28 septembre 2009 Mouctar Diallo, Cellou Dalein, Aboubacar sylla
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Sept ans après les faits, le leader des Nouvelles forces démocratiques (NFD), Mouctar Diallo, actuel député, a dénoncé, mercredi, le manque notoire de volonté politique dans le traitement du dossier du 28 septembre 2009. Présent au stade, ce jour-là, l’ancien ministre sous le gouvernement de la transition, fait son témoignage.

« Le 28 septembre 2009 me rappelle un triste souvenir parce que ce jour-là, le forum des forces vives de Guinée avait décidé d’organiser une manifestation pacifique au stade du 28 septembre de Conakry pour dire non à la candidature de la junte militaire d’alors au pouvoir et oui à l’organisation des élections présidentielles transparentes et crédibles en vue de tourner définitivement la page de la transition.

Malheureusement, le rassemblement que nous voulions pacifique, vira à un massacre sans précédent jamais enregistré dans l’histoire du monde entier. Puisqu’il y a eu, au total, plus de 157 morts, un millier de blessés, des disparus et des femmes violées en série et à ciel ouvert, le tout s’est fait dans un stade fermé en quelques heures.

C’est pour valoriser cette date historique du 28 septembre 1958 que le Forum des Forces Vives de Guinée avait décidé, en ce jour historique, d’organiser cette manifestation pour dire aussi non à la dictature. Le 28 septembre 58 a permis à la Guinée de dire non à la colonisation, non à la confiscation de la liberté des Guinéens. Et ce même 28 septembre 2009 devait permettre aussi aux Guinéens de dire non à la dictature, non à la confiscation de la liberté, non à la confiscation des droits des Guinéens.

Malheureusement, il y a eu des gens ayant la boulimie du pouvoir ont utilisé la force contre des citoyens non armés, qui voulaient organiser une manifestation pacifique dans un endroit fermé. Ce sont ceux-là qui ont sali cette date historique, ce symbole, ce sont eux qui ont bafoué les fondements de notre République.

Sept ans après, nous ne voyons aucun signe fort des autorités et de M. Alpha Condé allant dans le sens de faire la lumière de ces crimes contre l’humanité pour que justice soit rendue et que les victimes soient indemnisées. C’est pour cela que mon parti, les NFD, adresse une pensée pieuse à toutes les victimes directes et indirectes. Nous nous joignons à toutes les forces de tous les bords pour exiger un procès.

Parallèlement, nous dénonçons le manque notoire de volonté politique de M. Alpha Condé et de son gouvernement parce que nous ne comprenons pas que la justice soit incapable de rendre justice sept ans après les tueries. Pourtant, la communauté internationale et les ONG de défense des droits humains œuvrent pour faire avancer ce dossier.

Malheureusement, il n’y a eu jusque-là que des auditions et quelques inculpations. Mais j’affirme ici haut et fort que tout cela, n’est que manœuvre dilatoire, de la comédie, de la poudre aux yeux pour aveugler l’opinion publique. Pourtant, il y a eu des crimes moins graves moins graves que ce crime contre l’humanité, qui ont fait l’objet d’un traitement judiciaire diligent.

Il y a, par exemple, l’attaque du domicile du chef de l’Etat et d’autres dossiers. Donc, cela prouve qu’il y a une justice à deux vitesses conduite par M. Alpha Condé, qui décide de faire la lumière sur les cas qui l’arrangent et de traîner les pieds sur les cas qui ne l’arrangent pas, notamment le dossier du 28 septembre.

Nous avons porté plusieurs fois, en dehors de ce cadre de dialogue inter-guinéen, des revendications pour que toute la lumière soit faite dans ce dossier. Et mieux, nous nous sommes constitués partie civile, nous accentuons la pression pour faire bouger les choses.

N’oubliez pas que nous sommes en contact avec les associations des victimes. Nous les assistons autant que nous pouvons. Ici, nous réclamons que justice soit faite pour les victimes des manifestations politiques de ces dernières années. Si nous obtenons gain de cause, ce serait une porte d’entrée pour toucher d’autres crimes.

En tout état de cause, nous sommes de ceux qui pensent qu’il faut une commission « vérité, justice et réconciliation », en passant par la justice transitionnelle, mais qui ne nie pas la justice normale. Ceci dissuaderait les forces de l’ordre de réprimer dans l’avenir ».
Avec Guineenews

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