l’histoire d’Alpha Condé et les moments sombres du Madingue « Amadou Diouldé Diallo »

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Amadou Diouldé Diallo journaliste sportif
Amadou Diouldé Diallo journaliste de la Rtg
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A force d’aimer le pouvoir et de l’exercer éternellement en Guinée, nos frères malinkés, surpris, de voir le Soussou Lansana Conté succéder à Sékou Touré alors qu’ils avaient pris toutes les dispositions en occupant par exemple tous les postes de commandement de l’armée, de la gendarmerie, de la police et de la milice, ont fait les calculs jusqu’à adopter un fils: Alpha Condé. Au détriment de tous leurs vrais fils. C’est vrai que la purge consécutive au coup d’état manqué du colonel Diarra Traoré le 4 juillet 1985 avait frisé un génocide tant les Malinkes ont payé seuls le prix fort à la phrase désormais célèbre: « WO FATARA », adressée à ses frères Soussous, au lendemain de son retour de Lomé.

Humiliés, réduits et désemparés, ils se sont mis à la recherche du Soundiata Keita; sauveur dumanding. Ils jetèrent donc leur dévolu sur Alpha Condé qui, auparavant, ne s’était jamais réclamé Malinké et militait dans l’association de la Basse Guinée en france avec des amis soussous et Peuls. Il aurait même été le tuteur de plusieurs jeunes Soussous dont Alasory un des fils de feu Almamy Sekhou Sankhon.

Alpha Condé, qui avait farouchement combattu Sékou Touré, comprit très vite qu’avec l’accession d’un Soussou au pouvoir, le déménagement géographique et sociologique constituait sa seule issue politique. Surtout que les malinkes avaient de la peine à trouver un leader. C’est ainsi que le Soussou, pardon le burkinabé, devenu Soussou, changea d’habits du Temouré au Bazin, en faisant de son nom le fond de commerce pour hypnotiser et faire adhérer à sa cause les Kankelenti, entendez les hommes de parole de la savane.

Soundiata Keita était à Nema chez les Cissé. Fils du Manden, il est revenu libérer le Manding du joug de Soumaoro Kanté. Alpha Condé était en France, n’ayant aucune identité Malinké et ne parlant pas la langue, encore moins connaître l’histoire de ce grand peuple dont les populations lui trouvèrent un village Barô dans Kouroussa, après le refus de celui de Makono dans Kankan.

L’obsession partagée de récupérer le pouvoir et de l’exercer après tant d’années de combatpolitique scella entre la Haute Guinée et Alpha Condé un pacte dont le couronnement fut la présidentielle de 2010.

C’est même nauséabond de revenir sur tout ce que ce pacte à entraîné comme dégâts humains et matériels, chasse aux Peuls, certains brûlés vifs sans compter là fraude massive le manque de transparence et de régularité des élections de 2010 et 2015 avec le soutien aveugle de la communauté internationale dont Alpha Condé est le chouchou.

Cette pauvre communauté Peule paye encore dans sa chair et dans son esprit, dans ses biens et dans son identité, tous les abus du pouvoir de Alpha Condé qui est allé jusqu’à lui dénier même son appartenance à la Guinée. Sans que cela n’ emeuve personne surtout ceux qui, comme Ousmane Kaba donnent de la voix. Maintenant que le fis adoptif veut rempiler alors que dans leur schéma Alpha Condé, après ses deux mandats, devait tout simplement passer le témoin à un autre fils cette fois ci un vrai de la Haute Guinée afin qu’elle continue à exercer le pouvoir politique pour lequel ils sont prédestinés disent ils.

Aujourd’hui, le pacte a volé en éclats parce que le fils adoptif Alpha Condé veut garder le pouvoir ou le passer à son fils inconnu des Guinéens dont le métissage est expressif de ce mélange de deux Afrique. La greffe historique pour Alpha Condé à été un échec. Il n’est pas Malinké. Il s’en est juste servi pour atteindre son objectif de diriger la Guinée. Entre la Haute Guinée et alpha Condé, la bataille ne fait que commencer. Elle sera âpre, elle sera impitoyable, elle se nourrira de mots violents et ingrats voire même de sang. Car il sera impossible de rapprocher les deux tendances. Mais, au finish Alpha Condé sera le grand pour la simple raison que c’est lui qui ne s’est pas montré reconnaissant à l’endroit de ceux qui ont tout perdu jusqu’à leur vie pour lui au temps de Lansana Conté. KELE DI KELE BAN MANDEN SÉBA DILON.

Le mal de la Guinée, C’est indiscutablement Alpha Condé qui vient de traiter ses bienfaiteurs de malhonnêtes pour caresser dans le sens du poil. Ces dits oncles Soussous, dont la plupart proches de lui, furent les bourreaux des années noires du régime de Lansana Conté.

Dans cette dure épreuve qui affecte à juste raison nos frères Malinkés du fait des propos arrogants et révoltant tenus à l’endroit de leurs cadres par leur fils adoptif de président, la victoire passera inéluctablement par une meilleure approche et une grande ouverture en direction des autres communautés du pays dans un élan patriotique national pour faire barrage à Alpha Condé dont les actes posés prouvent à suffisance qu’il n’est pas à la hauteur de la fonction présidentielle, qu’il n’est pas un rassembleur. Mais un diviseur des Guinéens, qui n’a de souci que son fauteuil et les privilèges qui s’y rattachent.

Le comportement de Alpha Condé à l’égard des Guinéens peut sociologiquement s’expliquer par le fait qu’il n’a pas de sentiments charnels et libre. A lui donc de faire de qui il veut à qui il veut quand il veut. Aucun reproche ne lui sera fait. Ce qui est absolument contraire à la société, gardienne jalouse des traditions où plus que partout ailleurs le droit d’aînesse est consacrée. Alors, posons nous la question: qui est Alpha Condé?Cherchons tous ensemble la réponse dans le creuset de notre identité nationale, enrichie de nos différences qui doivent être le catalyseur de notre unité d’action nous Guinéens, les vrais. Pas les importés. Ceux qui le sont devenus par effraction de l’histoire.

Entonnons ensemble la chanson: » c’est nous les Guinéens qui avons choisis la liberté ». La Haute Guinée, certainement traumatisée par les douloureux événements du 4 juillet 85, n’a pas fait sienne sa propre culture multiséculaire: « FENBERE YE KARFALA D’EN BERE LELA ». Autrement dit, on confie la chose de valeur au vrai fils. Méditez pour l’histoire.

Même si certains me rétorqueront que Ngolô Diarra, un enfant payé en impôt par ses pauvres parents à Biton Koulibaly, le roi de Ségou lui avait succédé. C’est vrai et c’était aussi un prédestiné qui avait son village à un jet de pierre de Ségou que Biton avait vu en rêve sous forme de pourrissement du baobab et de ses fruits. L’interprétation du devin Kanouté était sans appel: la dynastie Koulibaly perdrait le pouvoir au profit de celle des Diarra.

Alpha Condé n’est pas Malinké et ne saurait donc appartenir à un des villages de la Haute Guinée. Fut-il BARÔ. L’histoire est têtue et détaillante professeur président.

Amadou Diouldé Diallo

Journaliste-historien

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