Les piques de Gassama Diaby contre l’Etat: « Si l’Etat, en Guinée, jouait son rôle, ça se saurait »

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Khalifa Gassama Diaby au siège de l'ufdg
Khalifa Gassama Diaby au siège de l'ufdg
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Après plusieurs mois de silence, le ministre de la citoyenneté et des droits de l’homme a fait son come back, ce mercredi, sur les ondes de nos confrères de (GG) et comme à ses habitudes Kalifa Gassama Diaby a frappé fort.

Se prononçant sur des sujets d’actualité surtout d’intérêt national, il s’est exprimé sans ambages sur des notions comme la communautarisation du débat politique.

la loi s’applique de la même manière à tout le monde, à tout moment et en tout lieu.

« Il y’a la responsabilité des responsables des partis politiques qui savent qu’il est beaucoup plus commode d’user et d’abuser des sentiments de nos concitoyens que de travailler avec eux sur la rationalité, ça c’est leur responsabilité. Mais il y’ a aussi la responsabilité des citoyens. Vous n’êtes pas obligé de vous laisser manipuler et abuser. Il faut aussi que chaque citoyen assume sa responsabilité du citoyen en disant, moi je ne vais pas avec tel parce qu’il est de mon village, de ma communauté, il parle ma langue, il m’a donné un sac de riz ou je ne sais quoi d’autres. Je vais avec tel parce que je pense qu’il défend un intérêt général dans lequel j’ai ma part de bénéfice qui me correspond, c’est ça la responsabilité. Il y’a aussi la part de l’administration. Il faut que sur ce plan, nous soyons un peu plus imaginatif, un peu plus créatif, faire en sorte qu’un certain nombre de dérapages ne soit pas toléré. A condition que la loi s’applique de la même manière à tout le monde, à tout moment et en tout lieu. » a affirmé Gassama.

Quid de l’Etat dans cette histoire? Le ministre, malgré son appartenance à l’administration, ne fait pas dans la langue de bois, ni dans la démagogie comme savent le faire la plupart des cadres du camp de l’exécutif.

L’Etat joue t-il son rôle dans ce pays?

« Si l’Etat, en Guinée, jouait son rôle, ça se saurait.

» Si l’Etat jouait son rôle constitutionnel, si l’Etat faisait en sorte que les lois de la République soit respectées de la façon la plus rigoureuse à qui que ce soit, si l’Etat faisait en sorte que son autorité, qui est absolument indispensable à la stabilité et au fonctionnement normal de la société et des institutions, si l’Etat le faisait, ça se saurait, il ne le fait pas. On est dans un contexte complètement piégé parce que le fonctionnement des organes sociaux institutionnels est piégé parce que chacun use de la défaillance politique de l’autre, non pas pour corriger mais pour garantir sa posture et c’est ce que nous dénonçons. »

Vous parlez de débat d’idées, alors qu’il ne vient pas. Est ce que vous ne désespérez pas? Est ce qu’il y’a une chance d’y par venir un jour? et sur quoi cette chance se bâtirai elle, d’après vous? (Question d’un animateur)

Si les acteurs politique ne s’engagent pas à faire des débats d’idées, l’exigence citoyenne les y forcera

« Je garde mon espoir, je suis un optimiste et je crois que notre pays a encore de la chance, de ressort pour s’en sortir. Ce que vais vous dire sur ce point précis, c’est qu’à partir du moment ou on demande aux hommes politiques de relever le niveau du débat, parfois ils n’ont pas intérêt eux mais s’il ne le font pas, l’exigence citoyenne devra un jour ou l’autre, les y forcer et cette exigence citoyenne, croyez moi, elle viendra. Il ne faut mettre tout le monde dans le même sac parce qu’il y’a des gens au sein de la classe politique ou de l’administration qui voudrait ce débat d’idées. Aujourd’hui, la solution idéale est que ce soit les responsables politiques qui se réveillent un beau matin et disent « bon, on a décidé d’être sérieux, maintenant on va faire les débat d’idées dans notre pays ». A défaut de cela, demain, un jour, les guinéens les y forceraient, ils seront obligés parce que ceux qui ne le feraient pas seront balayés ».

Décryptage signé Antoine K.

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