Le ministre de la justice règle ses comptes avec des responsables de l’ufdg et certains avocats du parti

0
90
Partager

Le ministre de la justice et garde des sceaux a tenu une conférence de presse dans l’après-midi de ce lundi 23 mai 2016. Lors de cette rencontre avec les hommes des médias, Me Cheik Sacko entouré de magistrats s’est exprimé sur le cas du décès de l’un des vingt gardes rapprochés de l’UFDG arrêtés dans le cadre du meurtre de notre confrère Mohamed Koula Diallo. Le ministre de la justice guinéenne a donc réfuté certaines «contrevérités» avancées par Cellou Dalein Diallo et son vice-président ainsi que certains membres du collectif des avocats de l’UFDG dans la même affaire.

Récemment, après son retour de l’étranger, le président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée a animé une conférence de presse au quartier général de son parti. Cellou Dalein Diallo a tenu comme responsable le ministre Cheik Sacko «responsable» du décès de Mamadou Saïdou Bah, l’un des vingt membres détenus dans l’«affaire Mohamed Koula Diallo». Il a accusé la justice de ne pas accepter la demande de mise en liberté de trois détenus qui avaient «un état de santé dégradé». Ce qui aurait entrainé la mort de l’un des gardes en l’occurrence Mamadou Saïdou Bah qui pour lui «a été hospitalisé sous surveillance».

C’est dans cette optique, lors de cette conférence de presse à la chancellerie ce 23 mai, Cheik Sacko affirme: «monsieur Bah (Ndlr, Mamadou Saïdou Bah), malheureusement au matin du mardi 10 mai est décédé. Soit le cinquième jour de son hospitalisation. On peut dire ce qu’on veut. Monsieur Bah est décédé à l’hôpital Ignace Deen, cinq jours après son admission sur la base d’une ordonnance d’hospitalisation». Et d’ajouter plus loin «monsieur Bah était malade même quand il a été arrêté».

En ce qui concerne la demande de mise en liberté formulée par le collectif des avocats de l’UFDG, le garde des sceaux note que deux demandes ont été déposées par ceux-ci. La première qui date du 3 mars 2016 a été refusée par une ordonnance du juge d’instruction. Après le refus par le magistrat instructeur, le collectif des avocats ont fait appel le 11 mars de ladite ordonnance. «L’appel d’ordonnance du 8 mars, l’appel a été fait le 11 mars. L’appel est fait devant donc, l’appel passe devant la chambre d’accusation. Un arrêt de la chambre d’accusation par une ordonnance. L’arrêt a confirmé donc l’ordonnance du juge d’instruction. L’ordonnance qui avait donc refusé la demande de mise en liberté», souligne Me Sacko.

Et d’ajouter, «Quand des avocats font appel à une demande de mise en liberté, ils ne peuvent plus revenir devant le juge d’instruction pour faire une demande de mise en liberté. Il faut qu’ils attendent que la chambre d’accusation statue. D’ailleurs, comme par hasard, le jour même où la chambre d’accusation a rendu son arrêt, ce jour-là même ils ont déposé une demande de mise en liberté».

Pour lui, «quand le président du groupe parlementaire de l’UFDG (Ndlr, Fodé Oussou Fofana) et le président du parti tiennent le garde des sceaux dans ce pays personnellement responsable de la mort de monsieur Bah, il faut bien qu’on s’explique là-dessus factuellement sur des éléments de procédure».

«Ensuite, ajoute-t-il, quand le président du groupe parlementaire de l’UFDG dit dans la même foulée, qu’il me rend responsable, c’est ça la limite, mais il dit que je suis incompétent et que ma nomination est liée au lien que j’ai, puisque je suis ami avec le frère du président, le défunt Malick Condé. Ce qui est vrai. Je tiens à rappeler […] quand j’ai été nommé à ce poste j’avais deux casquettes: maître de conférence des universités de Montpelier, avocat au barreau de Montpelier depuis 28 ans, vice-bâtonnier».

Dans la même lancée il accuse l’un des avocats de l’UFDG qui lui traite de «noms d’oiseaux». «Je fais également l’objet d’attaques ignoble de certains avocats que je ne citerai pas. Notamment il y’a un qui m’a traité de noms d’oiseaux, c’est la règle du jeu. Ce n’est pas du tout grave. Mais comme je suis ministre de la république, quand je vois quelqu’un qui m’attaque, pas factuellement, je me renseigne sur la personne. Et quand j’apprends qu’un des trois avocats a été condamné pour escroquerie dans ce pays. Il a même fait un séjour en prison. Je suis étonné qu’un parti d’opposition s’attache aux services d’une personne comme ça», rappelle-t-il.

A noter, trois nouvelles demandes de mise en liberté pour raison de maladie ont été instruites par le procureur qui a donné sa position.

Avec kalenews

 

Comments

commenter ici

Laisser un commentaire