Kim Jong-un qualifie Trump de «Chien apeuré», «gâteux dérangé»… Mais d’où sortent les insultes de Kim Jong-un? (Décryptage)

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Donald Trump et kim Jong-un
Donald Trump et kim Jong-un
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L’agence officielle nord-coréenne utilise souvent des mots peu usités pour traduire en anglais les injures du leader nord-coréen…
Une surenchère verbale qui semble sans fin entre la Corée du Nord et les Etats-Unis. Le monde entier, témoin des échanges verbaux entre Kim Jong-un et Donald Trump, a fini par s’habituer aux invectives qui, de part et d’autre, volent nettement moins haut – et c’est heureux – que les missiles nord-coréens ou les bombardiers américains. Mais les communiqués diffusés et traduits en anglais par l’agence officielle nord-coréenne elle-même font souvent appel à un vocabulaire ampoulé et peu usité, qui pourrait faire sourire si les enjeux n’étaient pas si graves.

La guerre des mots se poursuit, Pyongyang menace de faire exploser une bombe H dans le Pacifique
Dernier exemple en date : cette phrase adressée à Donald Trump, prêtée au dirigeant nord-coréen et rapportée vendredi par l’agence KCNA, qui en français a été traduite par : « Je disciplinerai par le feu le gâteux américain mentalement dérangé ». Le terme employé en anglais pour « gâteux » est dotard, un mot presque jamais employé de nos jours que la plupart des Américains ont dû regarder dans le dictionnaire (ou sur Google).

Un mot apprécié par Shakespeare et Tolkien
Selon le site du dictionnaire Merriam-Webster, qui signale un pic de recherches du vocable, dotard serait apparu au XIVe siècle. Comme le note le Washington Post, le mot a été employé à de nombreuses reprises par Shakespeare, notamment dans Le Roi Lear (1606). Il est apparenté au mot français « radoter », peut-on lire dans ce livre sur les insultes shakespeariennes, ce qui est cohérent avec la traduction française : « personne sénile ou gâteuse ».

On a retrouvé la conversation Messenger entre Donald Trump et Kim Jong-un
Le mot apparaît aussi dans l’œuvre de J.R.R. Tolkien et aurait par ailleurs été employé pour insulter Andrew Jackson, l’ancien président américain (1829-1837) dont Donald Trump a fait accrocher le portrait dans le Bureau ovale de la Maison Blanche.
Mais après un premier pic de popularité vers 1600 puis un autre au début du XIXe siècle, le mot est peu à peu tombé dans les oubliettes de la langue de Shakespeare avant d’être exhumé par l’agence officielle nord-coréenne. Selon l’agence Associated Press, KCNA est tout simplement allé le chercher… dans un grimoire. La journaliste spécialiste de la Corée du Nord Jean H. Lee, qui a visité les locaux de l’agence à Pyongyang, dit y avoir constaté l’utilisation « de très vieux dictionnaires coréen-anglais ».

Au passage, le mot original coréen, neukdari, n’est pas réservé au dirigeant américain. Au début de l’année, KCNA l’a employé au sujet des soutiens de l’ancienne présidente sud-coréenne et de Park Geun-hye elle-même (également traitée de « prostituée »). Son prédécesseur Lee Myung-bak avait aussi reçu l’injure. Quant à Donald Trump, ce n’est pas la première fois qu’il était qualifié de « dotard » : le mot avait déjà été employé à son sujet en mai dernier par l’un de ses concitoyens, le blogueur politique Charles P. Pierce.

Source 20 munites.fr 

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