(Interview) L’artiste Fadjidih « Nous nous enfonçons de plus belle dans une crise qui n’avait pas sa raison d’être »

 

 

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La rédaction du site Libreopinionguinee.com a rencontré le célèbre artiste rappeur guinéen, Ousmane Fadjidih actuellement en séjour au Canada, il est membre fondateur du groupe Pap-Soûl, nous avons parlé de ses projets musicales, sa carrière musicale, l’actualité politique de la Guinée…

Bonjour Ousmane Fadjidih vous êtes sur le site Libreopinionguinee.com

1) Libreopinionguinee.com: depuis quelle année faites vous de la musique?

Fadjidih: J’ai commencé en 1997 avec mon défunt ami karamba sacko, alias Dowdy D Richard, j’étais encore mineur à cette epoque et je ne vous aurait pas jurer que c’est ce métier qui serait mon choix dans la vie. Rire

Quel souvenir gardez vous de vos amis du groupe Pap-soûl notamment Dowdy D décédé suite à un accident de circulation?

Nous étions deux dans le groupe Pap Soul fadjidih et dowdy di, alors je garde des très bons souvenirs de lui, d’un jeune dynamique malgré son handicape physique (il était atteint de poliomyélite) nous étions des très bons amis avant même d’imaginer que nous ferions la musique un jour.

Pourquoi avez vous choisi le rap?
C’est le rap qui nous a choisi.
Les années 1990 étaient se faire distinguer par ce genre musical qui prenait de lampleur aux États Unis, en France, au Senegal, en Côte d’ivoire et la vague qui a soufflée en Guinée, nous a emporté. (rire) 
nous étions d’abord des consommateurs du rap avant de franchir le pas et en devenir des faiseurs.

Vous êtes parmi les meilleurs rappeurs de la Guinée quel et votre petit secret?

Merci pour le compliment! Je crois qu’il n’y’a pas une demarche autre que le serieux dans le travail pour reussir ou devenir meilleur.
Et aussi il ne faudrait pas se mentir, tout le monde ne sera pas astronaute ou acrobate, chacun doit peser et connaitre ses atouts en s’engageant dans un projet ou un métier.
Si vous n’avez pas ce qu’il faut ne serait ce que le minimum pour faire carrière dans la musique alors arrêtez et faites autre chose.

Quels sont vos projets à court et à long terme?

J’espère qu’ils se réaliseront parce que j’en ai beaucoup. (rire)
à court terme je suis sur un projet de spectacle avec l’artiste français Matt Houston, le 29 novembre prochain a Conakry pour un concert pour la paix que nous avons appelé « S’unir pour réussir ».
Je suis au studio ici à Montréal pour le prochain album. Je rentre à Conakry pour faire avancer le projet du concert pour la paix cette semaine, puis je reviens en fin d’année mixer et masteriser l’album.
Pour le long terme il y’en a tellement que nous allons les taire d’abord, discrétion oblige. (rire)

Quelle est la place qu’occupe la musique guinéenne au niveau international?

Alors là mon frère! à part la percée qu’avait faite Mory kanté, je recherche sans trouver l’artiste guinéen qui met le monde aux pas.
Il y a des distinctions certe mais pas suffisantes pour faire rayonner notre musique, les causes sont partagées parce que le soutien de la première République pour la culture a éveillé la creativité de nos ainés, le bembeya jazz en était une illustration
.

Vous avez tenu des concerts géants à travers le monde est ce que ça vous rapporte davantage?

Oui par la grace de Dieu je manges à ma faim, j’ai un toit, je ne suis pas nu et j’entreprends, je suis dans les affaires aussi, c’est le show-business.
Si aujourd’hui, nous citons Youssou ndour, Alpha blondi, Tiken Jah comme étant des grands artistes, c’est parce qu’ils sont des modèles de réussite dans le métier, ils ne sont pas les plus inspirés ou les plus beaux, donc en faisant ce métier nous devons bien savoir que nous sommes condamnés à réussir pour faire vivre notre famille.
Pour répondre à la question; je ne suis pas riche peut être mais je crois que je ne suis pas pauvre en faisant ce métier.

La situation actuelle de la Guinée est très tendue entre pouvoir et opposition, quelle est votre lecture en tant que musicien?

A écouter les uns et les autres on a l’impression que tout le monde a raison et honnêtement cela fait et doit faire peur parce que personne ne se remet en cause quand il est convaincu qu’il a raison, et pendant ce temps nous nous enfonçons de plus belle dans une crise qui n’avait pas sa raison d’être.

Je ne suis pas le premier à le dire mais notre Guinée sera ce que nous voulons qu’elle soit. Si les enfants d’un même territoire ne sont pas capable de s’asseoir et parler juste à cause de leurs égos, je trouve cela dangereux et révoltant.
La guerre commence dans l’esprit des gens et si ils ne se posent pas les bonnes questions pendant qu’ils peuvent encore sauver l’essentiel c’est à dire « La Guinée » ils feront du mal à ce peuple qu’ils prétendent aimer et defendre. La violence qu’elle soit verbale, physique ou psychologique, elle a le même effet sur la personne qui la reçoit, que tous ceux qui parlent au nom du peuple s’abstiennent de blesser ce peuple par leurs propos.

Quel est votre message à l’endroit des jeunes guinéens de tout bord politique?.

La jeunesse ne se rend pas encore compte de sa force.
C’est elle (la jeunesse) qui devait être suivie et non suivre. Si par manque de civisme la jeunesse continue de se dire et se faire du mal aujourd’hui pour quelques questions politico-ethniques elle s’asseoira dans vingt ans et le regrettera de n’avoir pas pris la bonne décision aujourd’hui. C’est à dire la décision de faire de la paix, le noyau de sa vision commune en Guinée.

La paix n’est pas juste l’absence de la violence, mais l’existence d’une vraie justice sociale. C’est pas moi qui l’ai dit et la jeunesse par son éveil et son envie de préserver l’unité de notre peuple peut faire ce sacrifice en se battant pour que cela soit.

Votre prochain album c’est pour quand?

Bhe! comme tout ce que nous faisons aujourd’hui est assujettie aux problèmes politiques chez nous, le prochain album viendra après les élections et lorsque le climat politique et social sera favorable parce que je ne souhaiterai pas sortir l’album à l’extérieur avant mon pays. Alors demandons aux hommes politiques de vite et bien se comprendre. (rire)

Quel est votre mot de la fin?

Je vais finir cet entretient par une prière si vous me le permettez.
Alors je pris Dieu qu’il bénisse le soussou qui aimera et protégera au péril de sa propre vie tous les soussous, les peulhs, les malinkés, les forestiers etc… Je pris Dieu qu’il bénisse le peulhs qui aimera et protégera au péril de sa propre vie tous les soussous, les peulhs les malinkés, les forestiers etc…
Je pris Dieu qu’il bénisse le malinke qui aimera et protégera au péril de sa propre vie tous les soussous, les peulhs, les malinkés les forestiers etc
Et enfin je pris Dieu qu’il bénisse le forestier qui aimera et protégera au peril de sa propre vie tous les soussous les peuls les malinkés les forestiers etc. AMEN!
Parce que nous sommes le peuple que Dieu a choisi pour vivre ensemble sur ce bout de terre que nous appelons la GUINÉE.

Une interview réalisée par Macka Balde et Sidi Diallo pour le site
Libreopinionguinee.com

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