Horizon 2020 : A quels politiciens se fier?

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Opposition guinéenne
Opposition guinéenne
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On avait cru à la fin des menaces de l’opposition et à l’irresponsabilité de l’administration du territoire et de la Décentralisation. L’accord politique inter guinéen signé le 12 octobre 2016 était l’émanation de la volonté d’une frange importante des acteurs de la politique guinéenne.

Malheureusement, la politique de l’Autriche est bien celle appliquée par les différents acteurs qui n’inspirent que déception et désolation. La Guinée tendait vers une entente parfaite entre la majorité de ses populations. Mais la versatilité des leaders politiques est un trou béant dans lequel se plongent plusieurs politiciens. L’engagement personnel du Chef de l’Etat a respecté les conclusions issus du dialogue du 12 octobre avait permis de décrisper une situation politique guinéenne qui était au bord du gouffre. Mais les sirènes révisionnistes et les business men de la crise ne voient pas cette entente entre majorité et opposition d’un bon oeil.

C’est pourquoi, depuis un certain temps, au lieu de se focaliser sur le respect des accords, les débats sont orientés vers un troisième mandat constitutionnellement illégal au regard de la Constitution guinéenne adoptée et promulguée en 2010.

Or, il y a quelques mois, le parti Union des forces républicaines -UFR- du Haut Représentant du Chef de l’Etat, Sidya Touré avait déclaré que c’est sur ce point, il n’y a pas d’amalgame. « Le peuple a déjà jugé. La Constitution est claire là-dessus, dans tous ses articles possibles. Et il en est l’émanation de cette Constitution. U troisième mandat n’est pas possible car la Constitution de la Guinée est verrouillée. Elle n’autorise qu’un mandat de cinq ans renouvelable qu’une seule fois », indiquait l’UFR dans une déclaration.

Or, depuis la fin de l’élection présidentielle d’octobre 2015, un éventuel troisième mandat pour le président Alpha Condé est sur toutes les lèvres. Beaucoup de Guinéens soupçonnent le Chef de l’Etat d’avoir des tentations. Mais pour le vice-président de l’Union des forces démocratiques de Guinée -UFDG- les raisons sont tout autres. Lors d’une assemblée générale du parti UFDG tenue le 17 décembre 2016, le Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président, avait demandé à ses militants de ne pas parler d’un éventuel troisième mandat constitutionnellement illégal. A l’absence du président Cellou Dalein Diallo, le numéro 2 du parti a indiqué ce n’est pas un « débat » et estimé: « quand les gens n’ont pas de quoi à manger, il n’y a pas d’eau, pas d’électricité, pas de route, la situation est catastrophique, ils en profitent pour parler de troisième mandat. (…) Notre constitution est très claire, l’article 154 stipule que : le mandat et la durée des mandats ne peuvent faire l’objet de révision ».

A ce problème de 3e mandat s’ajoute la crise qui secoue la Cour constitutionnelle. Pour les uns, c’est à cause du discours du président de cette institution Keléfa Diallo et pour les autres, cette révolte est due à la gestion calamiteuse des fonds alloués au fonctionnement de la Cour constitutionnelle. Le 14 décembre 2015, M. Diallo disait en s’adressant à Alpha Condé, le nouvel élu: « évitez toujours les dérapages vers les chemins interdits en démocratie et en bonne gouvernance, gardez-vous de succomber à la mélodie des sirènes révisionnistes, car si le peuple de Guinée vous a donné et renouvelé sa confiance, il demeure cependant légitimement vigilant ».

De toutes les façons, les Guinéens dans leur majorité s’accordent sur un fait, le pays traverse une crise sociale, politique et économique et manquent cruellement de leaders.

En dépit de tout, les Guinéens sont encore patients et croient à la réalisation des nombreuses promesses du Président Alpha Condé avant la fin de son second mandat pour changer leurs conditions de vie. Ce n’est pas impossible. Il suffit juste d’une volonté politique marquée par une ouverture à l’ensemble de la classe politique pour que tout le monde conjugue ses efforts. En ce moment, la Guinée sortira de la pauvreté et de la misère dont souffrent le pays depuis des lustres.

Et sans cette volonté politique, on peut s’attendre à des conditions de vie extrêmement difficiles et à une collaboration politique délicate surtout que nous ne sommes pas loin de 2020. Il faut pour certains prendre la balance et évaluer leur chance.

Si éventuellement, un projet d’un troisième mandat avec en amont la révision de la Constitution est envisagé, la donne va changer car il faut tirer profit de la moindre occasion possible.

Espérons qu’on saura épargner la Guinée un tel scénario!

Saliou BAH

Lejourguinee

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