Gouvernement d’union nationale, sermon de l’imam Saliou Camara, élections locales, Makanera kaké passe en revue tout (interview)

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Makanera kake
Makanera kake photo Libreopinionguinee.com
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Dans une interview accordée à Libreopinionguinee.com et sidinews.com, l’ancien ministre de la communication, du gouvernement Said Fofana, Alhouseini Makanera Kaké, actuel président du parti Front National pour le développement (FND) est largement revenu sur l’actualité socio-politique de la Guinée. Lisez l’entretien ci-dessus

Dans sa nouvelle démarche, le président de la République souhaite consulter beaucoup de leaders politiques, seriez-vous prêt à lui rencontrer ?

Makanera: Bon je ne pense pas que rencontrer Alpha Condé pour moi soit important, s’il rencontre les leaders politiques pour connaître leurs positions par rapport à la situation socio-politique du pays, car lui et moi on a eu une rencontre quand j’étais son ministre. Comme témoigne ma lettre de démission je lui ai clairement exprimé le point qui nous oppose, c’est la place des lois dans le fonctionnement des institutions.

S’il change de position seriez-vous d’accord d’une nouvelle collaboration ?

Je pense qu’aujourd’hui, je suis parmi ses meilleurs collaborateurs, puisque je suis dans une position où je peux lui dire la vérité sans problème, ce qui n’était pas le cas pour moi quand j’étais son Ministre.

D’aucuns pensent que Makanera est une taupe du pouvoir au sein de l’opposition, qu’en pensez-vous ?

Je respecte l’opinion de chacun, mais je suis convaincu que c’est n’est pas hier que j’ai commencé à être opposant. J’ai fait 18 ans dans l’opposition, c’est quand l’opposition a eu le pouvoir que je me suis retrouvé dans la mouvance et après 15 mois seulement en tant que Ministre, j’ai décidé de rendre le tablier, cela est révélateur de l’état d’esprit que j’incarne.

Pourquoi avez-vous critiqué le 1er imam de la grande mosquée Faysal, Elhadj Mamadou saliou Camara pour son sermon pendant la fête de Tabaski, au palais Sékoutouréya, devant le chef de l’Etat ?
Je lui ai fait certaines remarques et je lui ai posé certaines questions, parce que je suis convaincu que cela se faisait comme ça au temps du prophète Mohamed (Psl) ainsi que le temps de ses compagnons. ‘L’islam est la seule religion dans la famille des religions monothéistes qui a regroupé les spirituelles et les temporelles, donc c’est ce qui exige un débat au sein de la cité pour régler les affaires d’ici-bas et l’au-delà et le prophète Mohamed lui même était mis en minorité des fois et il a accepté.

Quel est le lien de votre réaction à celle de l’imam Saliou Camara ?

Je voudrais démontrer deux choses: premièrement qu’elle que soit votre position dans la hiérarchie de l’islam, vous n’êtes pas au-dessus du débat et d’ailleurs en islam, il n’y a pas de clergés, il a le même niveau que le dernier fidèle qui prie derrière lui.
Deuxièmement L’islam est venu pour défendre les faibles devant les forts, instauré la justice sociale.

Votre parti FND va t-il présenté des candidats lors des prochaines élections locales ?

C’est évident, nous aurons des candidats dans les différentes communes du pays.

FND est-il implanté sur l’ensemble du territoire national, vous venez d’être désigné président de ce parti ?
Nous ne sommes pas encore implantés sur toute l’étendue du territoire national, mais par contre la conviction que nous défendons est partagé sur l’ensemble du plan national.

Le Rpg a gagné des préfectures où il n’avait pas des structures fonctionnelles, cela n’a pas empêché le Rpg d’être premier à Macenta par exemple, on peut gagner dans des Préfectures même si on est pas totalement implanté.

Pensez-vous que la main tendue d’alpha Condé vers l’opposition républicaine est sincère ?

Pour moi je dis, je prie qu’Alpha me surprenne cette fois-ci en respectant les accords.

Pensez-vous à un futur gouvernement d’union national ?

Par rapport au gouvernement d’union nationale, je ne vois pas de sens, sinon un complot contre la démocratie et le peuple, car dans une démocratie, il faut un exécutif fort face à une opposition forte, qui utilise les principes démocratiques. Donc le choc des idées fait progresser la société.

Votre mot de la fin

Je voudrais demander à la classe politique et surtout à l’exécutif d’avoir pitié à son peuple, qui vit dans des conditions déplorables qu’il ne mérite pas.
Au peuple de Guinée une mobilisation totale pour défendre ses droits, car la liberté n’est pas un cadeau mais un mérite.

Une interview réalisée par Macka Balde et Sidi Diallo depuis Paris pour Libreopinionguinee.com et sidinews.com

Contact Libreopinionguinee@gmail.com

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