Frappe en Syrie: ce missile qui change la donne pour l’armée française

Ce missile française qui change la donne en Syrie
Ce missile française qui change la donne en Syrie

En se dotant en 2015 de son premier missile de croisière naval (l’équivalent du Tomahawk américain), la France est entrée dans un club très fermé de pays capables d’envoyer des missiles longue portée depuis la mer. Ce qu’elle aurait fait lors de l’intervention cette nuit en Syrie.
Comment la France est-elle intervenue cette nuit en Syrie? Si 100 missiles ont été lancés par la coalition sur les positions de Damas, la plupart ont été tirés depuis la mer. Des Rafales ont bien participé au bombardement mais il semblerait que pour la première fois la France ait utilisé une nouvelle arme à sa disposition: des missiles de croisière MdCN.

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Jusqu’à il y a peu, les forces armées françaises n’avaient pas trop le choix. Il fallait lancer les chasseurs Rafale à l’assaut des positions ennemies pour les bombarder. La portée des armes des chasseurs français n’est que de 300 kilomètres. Et à la différence des Américains qui s’appuient sur les missiles Tomahawk, les Français ne disposaient pas d’un armement capable d’atteindre les bases ennemies depuis des navires de guerre. Mais depuis 2015, l’armée française teste ses propres missiles en mer Caspienne comme l’explique le blog spécialisé Le Fauteuil de Colbert. Et avec la possible intervention française en Syrie, elle va pouvoir envisager de les utiliser en situation réelle.

La France rejoint ainsi le club très fermé des nations disposant de missiles de croisière embarqués sur ses bâtiments de guerre. Dans ce club on trouve, outre les États-Unis, la Grande-Bretagne (et encore il s’agit des Tomahawk américains) et la Russie. À la différence des Britanniques, les forces armées françaises disposent de leur propre technologie, les MdCN pour « Missiles de croisière naval » développés par MBDA, spécialiste européen de l’armement basé en France. Cette arme faisait cruellement défaut à la marine nationale lors de ses précédentes interventions en Syrie. Comme l’explique le site spécialisé Mer et Marine:

« L’avantage du missile de croisière est, en effet, de pouvoir neutraliser depuis la mer, à distance de sécurité de la zone à risque, des cibles stratégiques, y compris durcies (bunkers), situées loin dans les terres. Des frappes en profondeur qui peuvent donc être menées sans engager l’aviation et mettre en danger les appareils et pilotes. »
Cette vidéo réalisée par la société MBDA explique le fonctionnement de l’arme. D’une portée de 1000 kilomètres (presqu’autant que le Tomahawk américain), le missile peut être lancé aussi bien depuis un sous-marin que qu’un navire en surface. En phase de vol, le MdCN ressemble à un drone avec des ailettes et un turboréacteur.

En gestation depuis 2006, le MdCN-NCM a été tiré pour la première fois en 2015 depuis la frégate multi-missions Aquitaine. Un essai d’ailleurs filmé par l’armée française, pas peu fière de partager cette réussite technologique sur YouTube ou Dailymotion.

Car ces missiles sont aussi une arme de dissuasion. Ils sont pour l’heure très coûteux. La loi de finance de 2015 sur laquelle la commande de 150 missiles est enregistrée précise que le coût du programme s’élève à 1,153 milliard d’euros et que chaque missile a un coût unitaire de 2,86 millions d’euros. Ils coûtent donc deux fois plus cher que les Tomahawks américains dont le coût unitaire est de 1,87 million de dollars (1,5 million d’euros) selon un rapport du Sénat américain. Ce qui n’est pas surprenant: le programme américain est beaucoup plus ancien (les missiles américains sont opérationnels depuis 1983 et utilisés depuis la guerre du Golfe de 1991), les missiles ont déjà été vendus à l’export (uniquement à la Grande-Bretagne jusqu’à présent).

La Syrie, « vitrine » pour le missile de croisière

Mais si le missile français n’a pas encore trouvé preneur à l’étranger, son emploi en opération pourra peut-être convaincre des pays de s’équiper. Le conflit en Syrie pourrait constituer une « vitrine » pour les MdCN. Car de nombreux pays ont montré par le passé des marques d’intérêt pour ce type d’arme. Les Pays-Bas et l’Espagne ont voulu acquérir des Tomahawk américains avant d’annuler leurs commandes en 2007 et 2009.

Et la Pologne qui souhaite renouveler sa flotte de sous-marins aurait prospecté du côté des Américains. Autant d’acquéreurs potentiels que la France ne souhaite pas voir filer de l’autre côté de l’Atlantique. Notamment la Pologne. La France qui est en concurrence avec les Allemands sur ce dossier pourrait remporter le morceau car les Polonais souhaitent que les sous-marins soient équipés de missiles de croisière. Une technologie que donc seule la France possède en Europe.

BFM BUSINESS 

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