Elhadj Tidjane Koula président des cambistes: «J’avais des doutes sur Oustaz Taïbou depuis longtemps»

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Elhadj Koula Cambiste
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Le président de l’Association des cambistes de Guinée, Elhadj Tidjane Koula Diallo a accepté depuis Bruxelles où il se trouve de nous livrer sa version des faits sur l’affaire Oustaz Taïbou poursuivi par un cambiste pour escroquerie de plus de 8 milliards. Voilà encore des révélations qui feront jaser. Nous vous livrons intégralement sa réaction.

 Que savez-vous de l’affaire qui oppose le grand prédicateur Oustaz Taïbou au cambiste?

Le cambiste est venu se plaindre chez moi parce que je suis le président de l’association des cambistes de Guinée en me disant qu’Oustaz Taïbou lui doit 8 milliards 86 millions 321 mille 800 FG et qu’il ne voulait que l’affaire soit résous à l’amiable. Il m’a fait comprendre que l’argent appartient à plusieurs personnes. Je lui avais dit de faire appel à Oustaz Taïbou pour qu’on puisse en parler à trois pour tenter de trouver une solution à l’amiable. Et effectivement, il était revenu avec Oustaz Taïbou et la femme de celui chez moi. Et ce jour-là, Oustaz a reconnu lui devoir les 8 milliards 86 millions 321 mille 800 FG. Quand je lui ai demandé s’il détenait l’argent ou s’il y a eu des pertes, Oustaz m’a fait comprendre que l’argent était disponible. Il a assuré qu’il a engagé l’argent dans l’achat du poisson avec la société Thiangui pêche. Quand je lui ai demandé comment on va faire, il m’a dit qu’il a pris une partie de l’argent pour l’envoyer à Doubaï, une autre partie en Chine. Le cambiste lui a supplié de lui rendre son argent parce que les gens le lui réclamaient. Oustaz Taïbou a pris l’engagement de payer l’argent dans sa totalité dans un mois et 20 jours. Ça devrait être le 20 septembre 2016. Ceci avait été écrit et signé par toutes les parties. J’ai demandé avec insistance à Oustaz Taïbou s’il a l’argent ou s’il l’a perdu. Il m’a rassuré que l’argent est dans des bonnes mains. Je lui ai dit alors même s’il ne peut pas rembourser l’intégralité de faire tout possible pour ramener une partie pour rassurer le cambiste. Un jour, il m’a appelé pour me dire qu’il va envoyer une partie de l’argent au plus tard le 5 septembre 2016. Ce jour arrivé, il n’a rien envoyé. Il a prétexté qu’il a de l’argent au Sénégal. Je lui ai suggéré alors de verser l’argent à nos amis qui sont à Dakar et ceux-là pourraient nous le faire parvenir sans problème. J’ai attendu jusqu’au 13 septembre 2016, il n’a rien versé.

Le voyage en Turquie

C’est ainsi Oustaz Taïbou nous a informé de son voyage pour la Turquie pour une conférence pour revenir le 20 septembre 2016, jour qu’il avait promis de rembourser la totalité de l’argent. Le cambiste s’est opposé à son voyage. Finalement, j’ai pris l’engagement de voyager avec Oustaz Taïbou jusqu’à Dakar où était sa femme Hafsa pour récupérer l’argent et revenir à Conakry. Le même jour dans la soirée, le cambiste est venu chez moi avec des forces de sécurité pour qu’on ne laisse pas Oustaz voyager. J’ai parvenu à le calmer en lui faisant comprendre qu’Oustaz était une personnalité religieuse crédible et qu’il ne fallait pas faire de cette affaire un problème. Parce qu’on ne pouvait pas imaginer qu’Oustaz de par sa personnalité puisse ne pas respecter sa parole. Et surtout qu’il ne fallait pas l’humilier à la face du monde. J’ai encore redemandé à Oustaz Taïbou si l’argent était toujours disponible. Il m’a rassuré de tout rembourser. Après moult tractations, Oustaz m’a demandé alors de voyager avec quelqu’un jusqu’à Dakar pour récupérer l’argent. J’ai pris l’engagement de partir avec lui. Le 16 septembre nous sommes arrivés à Dakar. A notre descente d’avion j’avais cru qu’il allait rembourser l’argent parce que c’est des chinois qui sont venus nous accueillir à l’aéroport. Je ne pouvais pas douter qu’il ne puisse pas me donner l’argent vu l’importance de la délégation qui nous a accueilli. Le 17 septembre Oustaz devait voyager pour sa conférence prévue le 18 septembre en Turquie. Il m’a dit qu’il allait revenir entre le 19 et 20 à Dakar pour qu’on revienne ensemble en Guinée. C’est comme ça qu’il est parti. Et au 20 septembre 2016, il n’était pas revenu et sa femme Hafsa aussi n’a pas envoyé l’argent. Entre le 25 et 26 septembre 2016 j’ai quitté Dakar sans avoir rien obtenu. Quand j’ai appelé Oustaz, il m’a dit qu’il était en Allemagne. Je lui ai dit que ce n’était pas ce qui était convenu. J’ai constaté que sa version des choses a changé. J’ai dit à Oustaz qu’il m’a trahi ou bien sa femme m’a trahi. Sa femme Hafsa m’a montré des papiers certifiant qu’elle a envoyé des poissons à Dubaï. C’est ainsi Hafsa est revenue à Conakry. Et on s’était convenu de se retrouver chez moi le 27 septembre 2016, mais cela n’a pas eu lieu. Le lendemain, nous nous sommes retrouvés, mais on n’a pas trouvé un terrain d’entente. Le cambiste était même venu avec gendarmes pour arrêter Hafsa. Mais, je lui ai remonté le moral en lui faisant comprendre que le mari de la dame n’est pas là et qu’il fallait contacter Oustaz pour que celui-ci puisse rentrer en Guinée. Nous sommes restés ce jour là chez moi de 18H à 23H sans trouver de solution. Finalement, ils ont écrit un papier où Hafsa reconnait le montant que je vous ai parlé tantôt. Ils m’ont confié le papier. Le 29 septembre 2016, Hafsa a été arrêtée. Le lendemain matin, Hafsa m’a appelé m’a parlé pour m’informer. Je lui ai dit que je ne pouvais rien faire pour elle parce que j’ai fait ma médiation pendant 2 mois sans parvenir à trouver une solution.

La famille d’Oustaz s’emmêle

Un jour, une petite sœur d’Oustaz Taïbou m’a appelé pour me demander si je pouvais les aider à sortir Hafsa de la prison. Je lui ai dit que la justice a confiance en moi, mais que je ne pouvais rien faire pour elle. Ensuite, je lui ai suggéré d’appeler son frère Oustaz pour qu’il revienne en Guinée continuer les négociations. Si vous devez de biens à quelqu’un, il vaut mieux essayer de le rembourser que d’aller faire des prêches. Parce que faire perdre de l’argent à quelqu’un ça c’est haram (illicite). L’avocat de Hafsa aussi m’a appelé, je lui ai dit la même chose. Même si j’avais envie de les aider, mais je ne pouvais plus rien dire au cambiste parce que les garanties que j’avais prises n’avaient pas été respectées.

Oustaz Taïbou accuse

A ma grande surprise, Oustaz Taïbou m’a appelé pour me dire qu’il a eu vent de tous les aboiements sur lui à Conakry. Il m’a même accusé d’avoir fait revenir sa femme à Conakry pour que le cambiste la mette en prison. Je lui ai dit d’éviter les polémiques et de penser à tout ce qui s’est passé entre nous. Et de me juger en fonction de mon comportement et non de ce que les gens racontent sur moi. Moi, Ahmed Tidjane Koula j’aurai 30 ans dans les devises en janvier prochain. J’ai été le premier cambiste agréé en Guinée depuis 1986. Je ne suis pas aller à l’école, mais aujourd’hui, je dirige une association de plus de 3000 personnes. Je lui ai dit donc de ne pas se fier à ce que les gens racontent, mais de me juger sur mes actes et de tout faire pour rembourser l’argent des autres. J’avais douté de la valeur d’Oustaz depuis longtemps, mais je n’ai rien dit à personne parce que moi, je n’aime pas raconter des choses sur quelqu’un (…).

Abdoul Malick Diallo

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