Education en Guinée et éventuel 3e mandat «La Guinée n’ouvrira pas la boîte de Pandore aux présidences à vie»

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ALPHA CONDE COUR
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Ismaël Baldé est universitaire et membre du Bureau exécutif de l’Union des forces démocratiques de Guinée (Ufdg). Coiffé d’une double casquette d’enseignant et d’homme politique, il porte son regard sur la situation politique de la Guinée. Aussi, dresse sa lecture des réformes engagées par les autorités éducatives et se montre confiant de voir l’opposant Cellou Dalein Diallo briguer la magistrature suprême en 2020. Entrevue.

Vous êtes un acteur du monde éducatif. A ce titre, quelle lecture faites- vous des réformes engagées par les actuelles autorités de ce secteur ?

Ismaël Baldé : Il faut saluer ces réformes. Parce que l’éducation est à la base de tout développement. Les autorités actuelles ont beaucoup fait dans ce secteur, même s’il en reste à faire encore. Mais il faut saluer ce qui est en train d’être fait. Notamment par rapport au contrôle et à la rigueur autour des examens nationaux. Mais aussi le rehaussement du salaire des enseignants de rang magistral, des professeurs, des docteurs, etc. Je pense que cela va porter beaucoup. La décision est à saluer.

Vous avez sans doute suivi la proclamation des examens nationaux avec un taux de réussite extrêmement inférieur à celui des années précédentes.

Comment est-ce que vous avez accueilli cela ?

Je l’ai accueilli avec beaucoup d’amertume, parce que quand il y a beaucoup d’échecs, ce n’est pas un signe reluisant de la performance de nos enfants. C’est le moment de dire à l’actuel ministre en charge de ce secteur de mettre l’accent sur la formation des formateurs avant de sanctionner ceux qui sont formés. Parce qu’on a comme l’impression – et c’est de mon point de vue personnel, bien évidemment – que ce sont les formateurs qui ont des problèmes et non ceux qui sont en train d’être formés. Il faut donc mettre l’accent sur la formation des formateurs afin de permettre un enseignement de qualité qui va rehausser le niveau de nos performances vis-à-vis de nos partenaires, vis-à-vis de nos voisins et vis- à-vis de l’extérieur de manière générale.

Quel regard dressez-vous de la situation politique actuelle du pays ?

Je trouve que c’est une situation très morose. Etant donné qu’il y a des facteurs endogènes et exogènes qui impactent négativement sur la vie politique en République de Guinée. Notamment par rapport aux élections qui ne sont pas tenues à date, et les contestations qui en découlent. Cela est extrêmement préoccupant.

Des voix s’élèvent de plus en plus contre un éventuel 3e mandat pour Alpha Condé qui soutient toujours qu’au moment venu, ce sera au peuple d’en décider. Votre avis ?

Je pense qu’il faut clarifier les choses. Si cette éventualité de 3e mandat se manifestait, il ne s’agirait pas d’un 3e mandat. Plutôt un nouveau mandat dans le cadre d’une nouvelle Constitution. Parce que l’actuelle Constitution sur cette question est claire : le président est élu pour un mandat de 5 ans renouvelable une fois. Si le chef de l’Etat accepte de briguer un autre mandat, ce sera avec une autre Constitution. Et en ce moment-là, il va forcément choisir un référendum, une consultation populaire du peuple de Guinée. Mais déjà l’écrasante majorité de ce peuple ne va pas ouvrir la boîte de Pandore aux présidences à vie. Nous avons déjà l’expérience de ce qui s’est passé avec les deux premiers présidents de notre pays. Nous allons réfléchir mûrement avant de nous exprimer sur cette question. Et je pense que cette affaire de 3e mandat n’a pas été très bien expliquée à l’opinion. Puisqu’il ne s’agit pas d’un 3e mandat : il s’agit d’un nouveau mandat dans le cadre d’une nouvelle Constitution. Ce qui n’est pas du tout aisé à réaliser dans le contexte actuel.

Croyez-vous en une alternance au pouvoir en 2020 ?

Bien évidemment ! Et aujourd’hui, les pronostics militent très largement en faveur d’Elhadj Cellou Dalein Diallo.

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  1. « Si le chef de l’Etat accepte de briguer un autre mandat, ce sera avec une autre Constitution. Et en ce moment-là, il va forcément choisir un référendum, une consultation populaire du peuple de Guinée.  »
    – Ayant lu cette partie, je souhaiterai demander a notre allié de l’Ufdg sur quelle texte ou base légale, AC ou le gouvernement va se baser pour remplacer une constitution existante? Il faut bien citer le ou les textes qui permettent de changer une constitution par une autre. Car meme pour utiliser un referendum, il faut s’appuyer sur un texte, non? Lequel? Sans oublier que dans la situation actuelle, aucun referendum n’est possible sans l’aval de la Cour constitutionnelle qui a été mise en place par la constitution actuelle. La cour constitutionnelle peut-elle donner un avis approuvant sa dissolution? C’est comme demander de commettre un parricide. Tout cela pour dire seule une suspension de la constitution et donc des institutions républicaines donc encore un coup d’Etat avec une transition peut donner naissance a une autre constitution ! Autrement seule des revisions sont possibles mais qui ne peuvent toucher a l’article 154.

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