Dansa Kourouma après sa rencontre avec Alpha Condé :  « Pendant 4h et demi, nous avons échangé avec le président dans un débat très franc et direct »

La société civile reçu à sékoutouréya

 Le président Alpha Condé a reçu au palais Sèkhoutouréya samedi 10 mars 2018, les acteurs de la Société civile dans le cadre d’une consultation en vue de la décrispation de la crise sociopolitique. Le président du Conseil national des organisations de la Société civile guinéenne (Cnoscg), Dr Dansa Kourouma revient sur les sujets évoqués.

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Les propositions de la Société civile au chef de l’Etat: Pour une gouvernance «moins budgétivore»

Quel est l’objet de cette rencontre?

Dr Dansa Kourouma: C’est une consultation pour trouver des solutions aux différentes crises qui minent le pays surtout le plan social et politique. Pendant 4h et demi, nous avons échangé avec le président dans un débat très franc et direct et qui est une première dans le paysage politique actuel.

Sur quoi essentiellement ont porté les échanges?

La rencontre a porté naturellement sur la crise politique concernant les élections locales, le niveau des discussions avec les enseignants, mais aussi sur les efforts en matière de lutte contre la corruption. Nous avons évoqué aussi l’ossature du prochain gouvernement, parce qu’il a annoncé aux femmes (le 8 mars au Palais du peuple) qu’il va faire un remaniement. Même s’il faut rappeler qu’il a déclaré après qu’il ne se laissera pas influencer par une quelconque partie dans le cadre des choix à faire. Nous lui avons fait comprendre qu’il doit mettre en place un gouvernement moins budgétivore. Un gouvernement qui sera beaucoup plus en contact avec les citoyens pour connaitre leurs préoccupations. Et dont la mission principale sera la restauration de la crédibilité de l’Etat tournée vers la lutte contre la corruption, et la rationalisation de la gestion publique. Il faut que ce soit un gouvernement efficace et efficient. Nous avons aussi abordé la question de la Société civile. Sur ce point, il nous a fait comprendre qu’il nous revient de nous organiser et de nous structurer.

Par rapport au remaniement ministériel en vue, ce sont des noms que vous avez proposés au chef de l’Etat?

Non! On n’est même pas entré dans la composition de l’équipe gouvernementale. On s’est juste focalisé sur le contexte dans lequel le gouvernement sera mis en place et la mission qui doit lui être confiée. Ce n’est pas à nous de proposer des noms au président. Il lui revient de choisir les hommes qu’il veut.

Vous avez aussi parlé de la grève des enseignants?

Le président a fait des propositions sur la possibilité de payer les 40% cette année, mais de façon échelonnée. Chose que les syndicalistes n’ont pas acceptée. En tout cas, nous avons compris la volonté du gouvernement de sortir de cette crise. Vous a-t-il demandé de vous impliquer dans la résolution de la crise actuelle? Nous avons une préoccupation : c’est comment les enfants vont retourner à l’école. Il ne s’agit pas d’aller à l’école sans enseignants, mais d’y en trouver motivés et résolus à poursuivre leur mission dans le sérieux et dans la responsabilité. Notre travail, à la fois, à l’endroit du gouvernement et du syndicat pour que les gains obtenus par les enseignants ne constituent un précédent pour d’autres secteurs. Et pour éviter d’aller de crise en crise et tomber dans une situation d’ingouvernabilité. Personne ne souhaite cela dans le pays aujourd’hui, quand on sait que les crises ne font qu’augmenter le désarroi des populations. (…) Ce n’est pas une compétition entre le Slecg et le gouvernement, ni entre Soumah et le président. Il s’agit d’une revendication catégorielle qui obéit à un certain nombre de principes régaliens non seulement dans la manière de revendiquer, mais aussi dans la manière de respecter ses engagements et d’assumer ses responsabilités vis-à-vis du présent et du futur.

Que comptez-vous faire face à la généralisation des manifestations dans le pays?

Les manifestations sont inhérentes à la vie politique. Mais, la manière dont on manifeste en Guinée est différente des autres pays. Les manifestations sont émaillées de violences entre forces de l’ordre et manifestants. Notre travail est que les droits de l’homme soient respectés dans les manifestations. Il faut que l’autorité exhorte les forces de l’ordre à utiliser les moyens conventionnels et que les responsables politiques aussi soient responsabilisés vis-à- vis du comportement de leurs militants. Ils ne doivent pas manifester avec des armes blanches, ni avec des gourdins ou des cailloux. Ils doivent manifester pacifiquement. Ce qui est aussi regrettable, c’est qu’il n’y a aucune enquête diligentée pour identifier les auteurs et les commanditaires des assassinats. La justice doit jouer son rôle, surtout quand il y a mort d’hommes ou des blessés.

 Le Populaire

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