Damantang sur la grève des enseignants: « Aboubacar Soumah demande plus de 50 milliards par mois, c’est impossible…»

Selon nos constats sur le terrain, la presque totalité des écoles publiques à Conakry, mais aussi à l’intérieur du pays reste toujours fermée depuis le lundi 12 février 2018. Les élèves et enseignants ont décidé de bouder les salles de classes. Ce qui démontre que le mot d’ordre de grève lancé par le syndicaliste Aboubacar Soumah a été largement suivi. Et ce, malgré les menaces et intimidations des autorités du système éducatif guinéen.

Interpeller sur la démarche que le gouvernement compte adopté pour éviter le pire, le ministre Damatang est catégorique.

«Tout ce que nous demandons à Soumah, c’est de quitter dans l’illégalité, qu’il nous aide à l’écouter, mais pas en nous imposant ce qui demain va nous rattraper, discuter avec Soumah aujourd’hui, ça revient à reconnaître qu’il y a deux SLECG et nous, on ne peut pas se permettre ça, il y a déjà un SLECG légalement reconnu, qui a fait une démarche officielle en nous reconnaissant, ce que Mr Soumah n’a pas fait, en nous écrivant officiellement pour nous dire voilà ce qui se passe chez nous, voilà les membres que nous avons exclu. Jusqu’à présent nous n’avons reçu aucune lettre officielle de Mr Soumah qui conteste cette décision.»

Pour le ministre Albert Damantang Camara, il est impossible aujourd’hui pour le gouvernement de satisfaire les revendications des syndicalistes grévistes.

«Il parle d’augmentation de salaires, les deux point qu’il réclame, les 40%, on en a négocié et on s’est mis d’accord sur 2 ans. Mais ce qui m’amène à douter de ce qui est derrière la démarche de Soumah, quand vous dites qu’on veut 8 millions pour tous les enseignants, mais soyons réaliste, donc il n’y a pas de hiérarchie C, A, pas d’enseignant du primaire, du collège, pourquoi on nous impose un salaire, ça ne se passe jamais comme ça, la revendication est posée d’une manière qu’on ne peut même pas y répondre. Il y a trop de choses dans cette affaire qui font qu’on a des doutes sur sa sincérité. Qui en Guinée ne serait pas sensible lorsqu’on lui dit qu’on va augmenter son salaire de 8 ou 15 millions, demain si ce n’est pas Soumah ça sera quelqu’un d’autre, on a 12 centrales syndicales, donc on est d’accord pour négocier mais à condition que cela soit dans le respect de nos interlocuteurs. Les enseignants, ce sont des gens qui sont sensés maîtriser le savoir, être cohérent dans leurs démarches et savoir ce qu’ils veulent, qu’on ne les fasse pas croire que le gouvernement est capable de donner ce qu’il ne peut pas, si aujourd’hui pour quelque raison que ce soit, le gouvernement s’amuser à promettre qu’il peut donner 40% tout de suite, c’est une charge d’au moins 51 milliard de francs guinéens par mois, ce n’est pas possible, si on les fait croire qu’on peut donner 8 millions à un enseignant, même dans la sous-région, rare sont les pays qui sont arrivés à donner la moitié de cela, il faut qu’on soit réaliste, le gouvernement a fait des efforts et on n’est prêt à continuer, les syndicalistes qui les représentent sont très durs avec nous, qu’ils soient rassuré que le gouvernement fait tout pour respecter ses engagements qui ont été pris de façon légale.»

Ledevoir

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