Birmanie : après le massacre des musulmans, une pétition demande le retrait du prix Nobel de la paix à Aung San Suu Kyi

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Aung San Suu Kyi dénonce la «désinformation» sur le sort des Rohingyas.

Plus de 300 000 personnes ont signé ce texte dénonçant l’attitude d’Aung San Suu Kyi dans le persécution de la minorité musulmane des Rohingyas en Birmanie.

Les critiques se multiplient contre Aung San Suu Kyi, la chef du gouvernement birman. Une pétition demandant le retrait du Prix nobel de la Paix, qui lui a été attribué en 1991 pour son combat contre la junte militaire, a déjà recueilli plus de 330 000 signatures. Ce n’est pas la première fois qu’un tel texte circule mais il rencontre plus d’échos ces jours-ci avec l’intensification des critiques internationales contre celle qu’on appelait «The Lady» et qui est aujourd’hui ministre des Affaires étrangères, conseillère spéciale de l’Etat et porte-parole de la présidence. Mardi, un éditorialiste du journal britannique The Guardian a également demandé le retrait du prix Nobel.
Aung San Suu Kyi ne cesse de rejeter les accusations de nettoyage ethnique de la minorité musulmane des Rohingyas. Ce mercredi encore, elle a dénoncé les informations circulant sur le sort des Rohingyas, considérés comme des étrangers en Birmanie. «Ce genre de fausse information est seulement la partie émergée d’un énorme iceberg de désinformation», a-t-elle expliqué lors d’un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan. Il y a deux jours, celui-ci lui avait faire part de sa «profonde préoccupation».

L’Onu craint une crise humanitaire

En onze jours, près de 125.000 personnes, pour la plupart des musulmans rohingyas, ont fui les violences en Birmanie pour se réfugier au Bangladesh voisin, a annoncé mardi l’ONU, craignant une crise humanitaire dans des camps débordés. Les violences ont commencé par l’attaque le 25 août de dizaines de postes de police par les rebelles de l’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA), qui dit vouloir défendre la minorité rohingya. Depuis, l’armée birmane a déclenché une vaste opération dans cette région pauvre et reculée, l’Etat Rakhine, poussant des dizaines de milliers de personnes sur les routes. Selon l’armée birmane, cette opération aurait fait 400 morts dont 370 «terroristes» rohingyas.

Cinq enfants meurent noyés

Au moins cinq enfants sont morts noyés dans le naufrage mercredi d’un bateau transportant des musulmans rohingyas fuyant la violence en Birmanie, ont indiqué les garde-frontières bangladeshis.
D’après les autorités, trois ou quatre embarcations ont coulé à l’embouchure du fleuve Naf, qui marque une frontière naturelle entre la Birmanie et la pointe sud-est du Bangladesh. Le nombre des victimes pourrait donc être supérieur.
Des dizaines de personnes ont péri en tentant de franchir le cours d’eau pour fuir les combats qui opposent des rebelles musulmans rohingyas et l’armée dans le nord-ouest de la Birmanie.
Malgré des décennies de restrictions de leurs droits et de persécutions en Birmanie, les Rohingyas n’avaient jusqu’à présent presque jamais recouru à la lutte armée. Mais depuis octobre dernier, la donne a changé. Depuis, la région du nord de l’Etat Rakhine est bouclée par l’armée et aucun journaliste ne peut s’y rendre de façon indépendante. «Les musulmans sont affamés chez eux. Les marchés sont fermés et les gens ne peuvent pas sortir de leurs villages, sauf pour fuir. Les autorités recourent à l’intimidation, utilisant la nourriture et l’eau comme des armes», a expliqué un responsable humanitaire, cité par Amnesty International.

Lundi c’est la jeune Malala Yousafzai, elle même Prix Nobel de la paix, qui a critiqué son homologue Aung San Suu Kyi. Le lendemain, l’Onu a affirmé craindre une crise humanitaire, alors qu’en onze jours près de 125.000 personnes, pour la plupart des musulmans rohingyas, ont fui les violences en Birmanie pour se réfugier au Bangladesh voisin.

Birmanie : 123.600 Rohingyas réfugiés au Bangladesh, selon l’ONU

leparisien.fr

 

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