Attentat de Nice: Bernard Cazeneuve dans la tourmente

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Après les accusations d’une policière municipale de Nice sur une tentative de manipulation du ministère de l’Intérieur, le gouvernement hausse le ton.

L’heure n’est décidément plus au recueillement. Dix jours après l’attentat qui a frappé la promenade des Anglais à Nice, le dispositif de sécurité est au cœur d’une vive polémique entre la municipalité et le gouvernement, ravivée par les accusations d’une policière municipale de Nice.

Des pressions de la part de l’Intérieur

Dans un entretien livré au Journal du dimanche le 24 juillet, la responsable de la vidéosurveillance de Nice relate un épisode survenu, selon elle, au lendemain de l’attentat au centre de supervision urbain (CSU) de Nice qu’elle dirige. Elle raconte y avoir subi des pressions de la part d’un commissaire envoyé par le ministère de l’Intérieur et par un autre agent du cabinet de Bernard Cazeneuve avec lequel elle se serait entretenue par téléphone.

« J’ai (…) eu affaire à une personne pressée qui m’a demandé un compte-rendu signalant les points de présence de la police municipale sur deux points dans le dispositif de sécurité. Je lui ai répondu que je n’écrirais que ce que j’ai vu. Or, la police nationale était peut-être là, mais elle ne m’est pas apparue sur les vidéos. Cette personne m’a alors demandé d’envoyer par email une version modifiable du rapport (…) On m’a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n’ai pas vues à l’écran ». La policière poursuit en indiquant avoir « dû renvoyer physiquement du CSU l’émissaire du ministère ».

Bernard Cazeneuve porte plainte

D’abord silencieux après ces révélations, le ministère de l’Intérieur a finalement répondu à ces accusations. Dans un communiqué, Bernard Cazeneuve affirme que « ce n’est (…) en aucun cas « le cabinet du ministre de l’Intérieur qui a envoyé un commissaire au CSU » ou qui aurait eu des échanges avec elle », précisant ensuite porter plainte pour diffamation.

Invité sur France 2 dimanche soir, le ministre de l’Intérieur a dénoncé « une campagne de vilénies » et promis de rendre « coup sur coup ». Il faut dire qu’en dix jours, le ministre de l’Intérieur en a pris quelques-uns. Quelques heures à peine après l’attentat du 14 juillet, l’ancien maire de Nice Christian Estrosi avait le premier mis en cause la responsabilité du gouvernement : « Je voudrais savoir ce qui était pris comme mesure en situation de guerre en état d’urgence pour que l’on ne tue pas avec cette arme-là dans une grande ville de France ». Quelques jours plus tard, le journal Libération accusait le ministre de l’Intérieur d’avoir menti au sujet de la présence de la police nationale le soir du drame.

Une policière municipale engagée

Au lendemain des révélations de Sandra Bertin, des précisions publiées par le journal Le Parisien détaillent les opinions politiques de la responsable de la vidéosurveillance de Nice.

Sur les réseaux sociaux, la policière n’a jamais caché son désaccord avec la politique du gouvernement. En matière d’immigration notamment, elle a dénoncé la « pseudo-politique socialo » menée par le chef de l’Etat, allant même jusqu’à railler la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem. En février dernier, elle avait notamment partagé la publicité d’un certain « Monsieur Bibi grand voyant médium », assortie d’un commentaire « Je crois que j’ai trouvé le bras droit de Najat ». Dans la nuit de dimanche à lundi, la policière a effacé ses comptes.

Si ces publications ne prouvent en aucun cas que Sandra Bertin ne dit pas la vérité, elle soutient toutefois l’ancien maire de Nice, Christian Estrosi, le premier à avoir lancé la polémique sur le dispositif de sécurité le soir du drame. Sur Twitter, l’actuel président de la région PACA a d’ailleurs affiché à plusieurs reprises son soutien à Sandra Bertin.

Vingt-quatre heures après ses révélations, et malgré la plainte pour diffamation dont elle fait l’objet, la policière municipale de Nice maintient ses accusations.

RFI

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