Amnesty International: La condamnation à six mois de prison ferme de cinq syndicalistes guinéens est une violation du droit à la liberté d’expression

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La condamnation à six mois de prison ferme de cinq syndicalistes guinéens pour diffamation et outrage au chef de l’Etat est une violation du droit à la liberté d’expression, a déclaré Amnesty International aujourd’hui.

Jean Dougou Guilavogui, dirigeant syndical, a été condamné jeudi 24 mars à 6 mois de prison et à 115 euros de dommages et intérêts. Il devrait être libéré ce vendredi 25 mars puisque son jugement coïncide avec la fin de ses six mois de détention provisoire, depuis son arrestation le 19 septembre dernier, à quelques semaines de l’élection présidentielle.

Les quatre autres membres de son syndicat, Jean Bangoura, Sékou Kourouma, Souleymane Diallo et Sékou Kouyaté, ont été condamnés à la même peine d’emprisonnement et au versement d’un franc symbolique.

« Jean Dougou Guilavogui et les membres de son syndicat sont des prisonniers d’opinion détenus uniquement pour avoir exercé de façon pacifique leur droit à la liberté d’expression. Toutes les charges retenues contre eux devraient être abandonnées et ils devraient être libérés immédiatement et sans condition, » a déclaré François Patuel, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

« Ce verdict constitue une violation flagrante du droit à la liberté d’expression et marque un net recul de la situation des droits humains en Guinée ».

Jean Dougou Guilavogui a été arrêté et détenu sans être présenté devant la justice jusqu’à son inculpation le 25 septembre dernier. Pendant sa garde à vue, les policiers l’ont ouvertement interrogé sur ses activités syndicales et le soutien qu’il avait publiquement apporté à un parti d’opposition.

Amnesty International a plusieurs fois dénoncé ses conditions de détention, notamment le fait qu’il n’ait pas eu accès à un traitement médical adéquat pour son insuffisance cardiaque..

Jean Bangoura a été arrêté sans mandat à son domicile par des gendarmes le 4 octobre 2015. Le lendemain, Sekou Kourouma, Souleymane Diallo et Sekou Kouyate, ont été interpellés lors d’une manifestation pacifique à Conakry qui visait, selon leur avocat, à réclamer la libération du secrétaire général de leur syndicat, Jean Dougou Guilavogui. Ils ont été envoyés à un centre de détention avant d’être inculpés le 8 octobre pour diffamation et outrage au chef de l’État.

Source https://www.amnesty.org/fr

 

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