Alpha Condé donne un ultimatum aux ministres de la pêche, du commerce et de l’énergie

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Alpha Conde et Mamady youla
Alpha Conde et Mamady youla
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En marge d’une rencontre officielle dans un réceptif hôtelier de Conakry, le président de la république, Alpha Condé, a fulminé sa grosse colère contre trois de ses ministres. Il promet d’évaluer ses ministres, département après département, dans sous peu.

Extraits transcrits et réécrits

Moi, je ne félicite pas le ministère de la pêche

Quand nous sommes venus, nous avons organisé les états généraux de la pêche pour ressortir tous les problèmes du secteur. Malheureusement, cela n’a pas été suivi réellement d’application. Nous avons ensuite fait un atelier pour faire le point. Donc, normalement, la pêche guinéenne aurait été plus avancée aujourd’hui.

Parce que les experts venus de tous les coins du monde ont pris part à l’atelier. Nous avions identifié tous les problèmes et proposé des solutions. Donc, si le carton rouge est levé, moi, je ne peux pas être satisfait puisqu’il reste beaucoup à faire. Pourquoi, les conclusions des états généraux de la pêche, qui sont très claires, n’ont pas été appliquées ? Pourquoi les recommandations de l’atelier n’ont pas été appliquées. Le ministère de la pêche doit être organisé en fonction des objectifs. Pas une organisation traditionnelle.

C’est pourquoi, après la sortie de la liste rouge, nous allons revoir complètement le fonctionnement du ministère, ainsi que d’autres ministres. Pourquoi ? Il faut qu’on se dise la vérité. Il y a trop de bureaucratie et d’insuffisances.

J’ai fait le tour des partenaires de la coopération, bilatéraux et multilatéraux, pour savoir la situation. Dans beaucoup de secteurs, il n’y a pas d’absorption des capitaux. Comment voulez-vous que les pays nous aident si leur argent n’est pas utilisé ? Voilà un problème concret. Pourquoi notre taux d’absorption des fonds est très faible ? 10%, 15%, 20% ? Pourquoi, il y a de l’argent que le ministère n’a pas utilisé ?

On ne peut pas avoir de l’argent qu’on n’utilise pas. Le ministre des affaires étrangères de la France m’a dit qu’il veut bien nous accompagner mais regardez la situation : l’argent est là, il n’est pas utilisé. Nous avons fait des progrès. Pour une fois, nous avons fini un programme formel avec le FMI.

Maintenant, avant un nouveau programme, nous allons nous réorganiser pour modifier le fonctionnement de notre administration. Parce que de la façon dont elle fonctionne aujourd’hui, elle ne peut pas être performante. Disons-nous la vérité. Non seulement, il y a du sabotage et vous êtes très contents qu’on surveille mais le problème de l’avion qui surveille la mer, qu’a-t-on fait ? Cet avion était garé à l’aéroport. Qui ne peut pas voir un avion garé à l’aéroport ? On a pris un chariot pour le cogner tout simplement pour l’empêcher de procéder au contrôle de la pêche clandestine en haute mer. Voilà des réalités concrètes.

Mais malgré tout, cela ne nous a pas empêchés d’avoir un avion à deux hélices qui peut faire tout le tour. On ne peut pas éviter. L’ordre suit tout. Quand un bateau est dans une zone de pêche illicite, les gens savent le temps qu’il fait-là, même si la Guinée ne le signale pas, ils vont nous le signaler. Donc, si on est satisfait, il y a beaucoup à faire.

Comme l’administration est lourde, et on n’arrive pas à bouger, on va créer, comme on a fait pour l’assainissement de Conakry, des agences, mettre des cadres performants à qui on va payer un très bon salaire pour qu’au moins les crédits qu’on aura soient utilisés, puisque les ministres bloquent. Alors l’administration va être davantage décentralisée. Il y aura beaucoup de sociétés d’Etat à caractère commercial ou administratif pour limiter les lourdeurs et faire bouger les choses. Nous avons mené beaucoup de combat. Malgré la crise d’Ebola, nous avons bouclé le programme formel avec le FMI…

Il faut qu’on organise mieux votre secteur, monsieur le ministre du commerce

Il faut qu’on organise mieux le commerce, monsieur le ministre du commerce. J’ai fait des enquêtes aujourd’hui. Je constate que le riz est vendu sur les containers à 190 mille francs. Comment ce riz peut se retrouver au marché à 250 mille francs ? Comment cela se fait ? Ne peut-on pas organiser ces femmes-là ? Il y a les MIFA. On peut mettre en contact les femmes qui vendent le riz au marché aux importateurs. On leur vend le riz à 190 mille et elles en revendent à 210 mille francs. Il n’est pas normal qu’on vende le riz à 190 mille sur les containers en ville et qu’on revende le même riz à 250 mille au marché. Voilà des réalités concrètes.

Donc, l’organisation du commerce est anarchique. On vend le riz à 250 mille à Kenien, 260 mille à Matoto, il n’y a même pas de prix unifié. Donc, il faut que la gestion en 2017 soit radicalement différente de ce qu’elle a été jusque-là. Il faut que cela soit clair pour tout le monde. C’est tout est un problème d’organisation. Nous allons faire le point avec chaque ministre, département par département. Parfois, c’est simplement, parce que ce n’est pas publié dans le journal officiel.

Donc, on ne peut pas être satisfait même si on a fait des progrès énormes. Comme l’administration est courbée à gauche, nous allons la courber à droite. Comme ça, vous allez vous redresser. Ce qui est acquis est acquis. L’important est ce qui n’est pas acquis.

On ne communique pas, et on laisse les gens mentir

Ensuite, il n’y a pas de communication. J’ai demandé au ministre de l’énergie pourquoi, il y a coupure. Mais il y a eu l’orage. Qu’est-ce qui coûte d’informer la population pour dire qu’il y a des pannes ? On ne communique pas. Et on laisse les gens mentir.

Il faut expliquer aux populations ce qui ne va pas. Il faut expliquer qu’il y a tel problème pour que les gens comprennent. Il faut expliquer en attendant qu’EDG trouve la panne. La foudre, c’est naturel. Ce n’est pas la faute d’EDG. Mais au moins, il faut informer la population. Il faut dire qu’il y a eu l’orage, qu’il y a des pannes et des coupures….

Discours réécrits par nos confrères de Guineenews

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