Alliance UDFG- FPDD: L’arme fatale contre Alpha Condé

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Photo alpha condé
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A l’annonce de son engagement politique, tous les observateurs étaient d’accord que l’entrée en politique de Moussa Dadis Camara est tout sauf du hasard. Ce qu’on ne savait pas, c’est le rôle qu’il va jouer et le camp auquel il va appartenir entre les parties de l’opposition ou encore entre la mouvance et l’opposition. Mais à partir de l’annonce de l’alliance en vue entre l’UFDG et le FPDD, les choses commencent à se préciser.

Suite aux interventions du chargé de communication, Maxime Manimou du FPDD et du député Ousmane Gaoual Diallo sur les antennes de la radio espace fm, ce matin, l’opinion semble voir plus clair. Selon les explications de l’élu uninominal de la circonscription de Gaoual, la démarche dont il est question, ‘‘va au-delà de la personne de Dadis et de Cellou Dalein’’.

‘‘C’est une initiative entre deux hommes d’État dont le souci est de travailler pour une Guinée qui incarne le pardon et la réconciliation’’, explique-t-il. Et d’ajouter que si justice n’est toujours pas faite dans le dossier du 28 septembre, ce n’est ni la faute de l’UFDG ni celle FPDD, étant donné que c’est le RPG qui est au pouvoir.

Quant au chargé de communication du parti FPDD, il soutient que cette initiative permettra de faire cesser de manipuler l’électorat de la forêt, en échange d’un retour de Dadis.

Avec ces explications, il ressort que si cette initiative aboutissait, l’UFDG et son probable futur allié attaquent le RPG sur un terrain très peu favorable au parti au pouvoir. D’abord, sur le plan de la réconciliation qui est l’un des maillons les plus faibles du pouvoir Condé. En dépit des ses déclarations de bonne intension, Alpha Condé n’a rien fait pour réconcilier les Guinéens. Au contraire. Le seul acte qu’il ait pris dans ce sens, en près de 5 ans au pouvoir, est la mise en place d’une commission de réflexion. Pire, durant le premier mandat d’Alpha Condé, le tissu social guinéen a été mis à rude épreuve.

L’exemple le plus illustratif étant les violents affrontements en 2013, entre les communautés Konianké et Guerzé, d’abord à Koulé (sous-préfecture d’où est originaire Dadis), ensuite à Nzérékoré ville. Que dire des roundé créés de toutes pièces avec les soins d’un certain Alhasane Condé, alors ministre de l’administration du territoire. Sans oublier les autres violences enregistrées à Zogota et Saoro…

L’autre terrain tout aussi glissant pour le régime Condé, c’est celui des alliances signées avec ses partenaires en 2010, mais qu’Alpha Condé a oubliées dès son investiture en tant que président de la République. Pensant que son bail dure pour une éternité. En témoigne la longue liste des ex-alliés du locataire de Sékhoutouréa : Lansana Kouyaté du PEDN, Jean-Marc Telliano du RDIG, Papa Koly Kourouma à l’époque du RDR…

Des accords dont le non respect ne sera pas sans conséquences pour l’ancien opposant historique. Même si son statut de candidat sortant, lui permet d’avoir tous les moyens de l’Etat à sa disposition, comme c’est souvent le cas en Afrique.

A ceux qui redoutent ou espèrent un revirement éventuel de Dadis, M. Maxime Manimou rassure que Dadis est bien entouré. Et que pour accéder à son leader désormais, il faut passer par un cabinet apparemment bien organisé. Une situation qui ne plait pas au sein de la mouvance présidentielle. Et de ses responsables qui ont jusque là fait de la langue bois, évoquant des questions de principe, on entend un autre son de cloche.

Ce matin, dans une autre émission, en l’occurrence ‘‘œil de lynx’’ de la radio lynx FM, le président du groupe parlementaire du parti au pouvoir lâche le morceau. Sans doute voyant se dessiner des contours qui risquent d’être fatales à son camp, Amadou Damaro Camara parle d’un ‘’démocrate qui s’allie à un chef de la junte’’.

Oubliant déjà, qu’en 2010, son candidat, malgré ses 40 ans de combat pour la démocratie (sic !), ne s’était encombré d’aucune éthique pour pactiser avec les candidats les plus décriés pour arriver à sa fin. Quitte à jeter à la poubelle toutes ces alliances nouées en ce moment, au mépris de la parole donnée et des lois de la République parfois.

Thierno Souleymane

 

avec lejourguinee

 

 

 

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